Après avoir passé à la moulinette l'histoire du 20ème siècle, Patrik Ourednik plonge cette fois son lecteur en plein 19ème siècle. Du moins en apparence, car l'on comprend vite que cette fable drolatique et acerbe qu'est Instant propice, 1855 nous parle de la société contemporaine. Le livre s'ouvre sur une longue lettre d'un de ces utopistes qui, rêvant de dépasser le féminisme, le communisme et même l'anarchisme, décida de fonder au Brésil une communauté où pourrait s'épanouir la société parfaite, dans laquelle les individus seraient entièrement libres. Il doit reconnaître que son projet grandiose a échoué, mais on ne sait pas comment ni pourquoi avant d'entamer la seconde partie du livre. Celle-ci se présente sous la forme du journal d'un de ces colons "de base" qui, séduit par ces idéaux a décidé de quitter l'Europe pour rejoindre le phalanstère "Fraternitas". Après la théorie, la pratique, et là les choses se gâtent. Laissant libre cours à son humour dévastateur, Ourednik décrit la façon dont ces utopistes en viennent rapidement à recréer tous les préjugés, les conformismes et les règlements de la société qu'ils ont rejetée. Clivages entre Italiens et Allemands, discussions byzantines entre les anarchistes, les égalitaristes et les communismes, votes interminables pour décider de la façon dont on va voter, etc. La question de l'amour libre, centrale pour tous les protagonistes - mais surtout les hommes - n'est pas non plus sans poser quelques problèmes pratiques. Plus le livre avance et plus le rire se fait grinçant, à mesure que la société idéale devient bureaucratique et coercitive. Si l'on peut songer à La Ferme des animaux d'Orwell, jamais Patrik Ourednik ne se fait démonstratif, jamais il ne se dépare de ce ton pince-sans-rire, de cette noirceur hilarante ou de cette hilarité désespérée qui ont fait le succès d'Europeana. Qu'on ne s'y trompe pas pourtant, au-delà de la vision pessimiste de l'homme et de la société, Instant propice, 1855 est aussi un hommage rendu, envers et contre tout, à l'utopie libertaire.
Date de parution
29/03/2006
Poids
143g
Largeur
100mm
Plus d'informations
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EAN
9782844852120
Titre
INSTANT PROPICE, 1855
Auteur
OUREDNIK PATRIK
Editeur
ALLIA
Largeur
100
Poids
143
Date de parution
20060329
Disponibilité
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Patrik Ourednik est né en 1957 à Prague. Il s'est exilé en 1984 en France où il vit depuis. Il est l'auteur de dictionnaires, essais, récits, recueils de poésie et par ailleurs traducteur en tchèque de Rabelais, Jarry, Queneau, Beckett, ou Michaux. Europeana, son premier livre traduit en français, a été traduit depuis dans une vingtaine de langues.Qu'est-ce que la vérité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne fournit aucune réponse ou pire, il nous en fournit, nonchalamment, une telle quantité - on croirait assister à une dernière démarque de la solderie du XXe siècle - que cela revient au même. Cependant il nous livre peut-être une piste avec le thème du Bug du Millénium : si les ordinateurs avaient identifié de façon erronée l'année s'annonçant pendant la nuit du 31 décembre 1999, cela aurait été "comme si le vingtième siècle et l'attentat sur l'héritier du trône d'Autriche n'avaient jamais eu lieu".
Après deux tentatives d'incendies criminels et un suicide suspect, Vilém Lebeda, respectueux inspecteur en chef d'un district d'ordinaire paisible de Prague, se lance dans une enquête. Il croise la route d'un vieil homme retraité acariâtre, Viktor Dyk. L'inspecteur découvre que Viktor a un fils à "l'esprit un peu limité", pour ne pas dire imbécile. D'obscurs souvenirs de violences subies dans son enfance hantent Dyk Junior. Il découvre également que le vieux Dykk n'est pas sans rapport avec un précédent meurtre, qui a eu lieu quarante ans auparavant et classé sans suiteClassé sans suite contient tous les ingrédients d'un thriller Mais, à l'insu des genres, le roman s'avère une parabole, une satire sociale et un jeu d'échecs.
Voici un livre qui se dévore. Pourtant, son auteur met en garde le lecteur: ne pas manger ce livre, sinon son visage risque d'enfler et son corps de se boursoufler Il est en effet possible que le lecteur, pris par surprise, se transforme en ces petits êtres difformes qui peuplent les marges des manuscrits médiévaux. population menaçante, qui frappe d'irréligiosité l'espace ô combien sacré de la rime. L'on pénètre un "monde à l'envers", où danse des morts et d'autres visions apocalyptiques accomplissent une ritournelle chantante. Vers et autres vers en prose rampent dans votre gosier, se faufilent dans vos draps. C'est une poésie scatologique, une poésie de pétarades. Patrik Ourednik nous entraîne dans une valse de mots, dans une prose imagée, où l'art de la chute détient une force de proposition, principe de la poésie, que l'auteur renouvelle à bon compte. Une poésie grivoise et sacrilège à avaler toute crue.
Il y a tant d'histoires : réelles, fausses, grandes ou petites...Alors, quelle est la "vraie" histoire ...Prenez Gaspard Boisvert, ex-conseiller du président le plus stupide que les États-Unis aient connu, devenu publicitaire pour Pernod-Ricard ("Un verre, ça va, deux verres, ça va mieux"). Mais il ne s'agit pas vraiment de lui. Il y a bien la grande Histoire, celle de la guerre, avec ses dates, ses tableaux, ses statistiques aléatoires. Mais non, ce n'est pas réellement le sujet. Imaginez alors que Gaspard Boisvert cache un lourd secret, que son grand-père soit Adolf Hitler par exemple et que Patrik Ourednik le découvre. Pas le vrai Ourednik, non, le personnage du livre, lui aussi romancier et obsédé par la fin du monde. Vous me suivez ...Pourtant entre la blague des deux chinois, l'histoire des religions, celle du Viagra, l'hymne maltais, l'étymologie du prénom Adolf, le végétarisme ou l'Apocalypse qui se profile, prenez garde, il n'est pas exclu qu'on soit tout simplement en train de se payer votre tête.Cet anti-roman ironique et jubilatoire se glisse entre les rouages de notre époque pour mieux la déboulonner. En 111 chapitres comme autant de fausses pistes, vous pénétrerez les mystères d'une civilisation : la vôtre.4e de couverture : Il y a tant d'histoires : réelles, fausses, grandes ou petites...Alors, quelle est la "vraie" histoire ...Prenez Gaspard Boisvert, ex-conseiller du président le plus stupide que les États-Unis aient connu, devenu publicitaire pour Pernod-Ricard ("Un verre, ça va, deux verres, ça va mieux"). Mais il ne s'agit pas vraiment de lui. Il y a bien la grande Histoire, celle de la guerre, avec ses dates, ses tableaux, ses statistiques aléatoires. Mais non, ce n'est pas réellement le sujet. Imaginez alors que Gaspard Boisvert cache un lourd secret, que son grand-père soit Adolf Hitler par exemple et que Patrik Ourednik le découvre. Pas le vrai Ourednik, non, le personnage du livre, lui aussi romancier et obsédé par la fin du monde. Vous me suivez ...Pourtant entre la blague des deux chinois, l'histoire des religions, celle du Viagra, l'hymne maltais, l'étymologie du prénom Adolf, le végétarisme ou l'Apocalypse qui se profile, prenez garde, il n'est pas exclu qu'on soit tout simplement en train de se payer votre tête.Cet anti-roman ironique et jubilatoire se glisse entre les rouages de notre époque pour mieux la déboulonner. En 111 chapitres comme autant de fausses pistes, vous pénétrerez les mystères d'une civilisation : la vôtre.
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