Militaires, élites et modernisation dans la Libye contemporaine
Ouannes Moncef
L'HARMATTAN
42,50 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782296091139
La modernisation sous toutes ses formes et couleurs a, certes, besoin d'institutions fiables et d'élites socialisées dans une culture adéquate et ayant, en plus, une profonde foi dans un possible succès de leur oeuvre, force est cependant de faire remarquer que la socialisation politique, qui avait dominé le pays entre 1975 et 2000, fut une socialisation anti-Etat. En effet, elle le considérait comme une imposture occidentale qui ne pouvait pas être adoptée par les pays du Tiers Monde et en l'occurrence par les pays arabes. Cette jeunesse que nous avons rencontrée, en grand nombre, au cours de notre enquête, considérait, conformément à la socialisation reçue, la démocratie dans toutes ses formes comme un mensonge. Signalons dans ce sens que l'histoire de la Libye a été celle d'une rupture qui a pris diverses formes, aux niveaux de l'évolution de la société et de la production de l'élite. Quant à la modernisation, elle est un processus d'accumulation qui transforme le réel, enrichit le passé sans nier les origines historiques, qui condense les accumulations du passé et qui renforce pour une meilleure osmose des orientations et des objectifs du présent; bref, elle est la volonté d'évoluer sans se renier. Mais par delà le conflit des interprétations, la modernisation est une transformation positive des mentalités et des structures, la société libyenne ayant toujours un caractère essentiellement rentier et étant très imprégnée par la culture tribalo-bédouine, deux caractéristiques qui empêchent l'ouverture de la société aux nouvelles idées et aux acquis de la modernité et qui permettent surtout l'intériorisation du concept de l'Etat. A cause de cette situation, la société libyenne s'est retranchée sur elle-même et sur ses propres structures tribales pour se défendre, se protéger des vicissitudes et sauver son identité brimée. Cette déstructuration de la société, et en l'occurrence de l'identité, a été renforcée par l'occupation italienne, surtout pendant la période fasciste. Le colonialisme italien et le pétrole ont renforcé socialement le phénomène de la déstructuration. C'est ce que nous avons cherché à comprendre dans cet ouvrage.
Nombre de pages
446
Date de parution
26/06/2009
Poids
800g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296091139
Titre
Militaires, élites et modernisation dans la Libye contemporaine
Auteur
Ouannes Moncef
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
800
Date de parution
20090626
Nombre de pages
446,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
On ne peut pas prétendre instaurer la démocratie dans la nouvelle Libye en privant l'autre d'un sens démocratique qui est le droit à la réintégration et au partage du destin. La Libye n'est pas marquée seulement par les milices et les armes non contrôlées, mais surtout par la haine entre tribus et la revanche ancestrale entre régions qui se sont opposées les unes aux autres lors de la guerre civile et qui refusent la réussite du processus démocratique longtemps attendue par les Libyens.
«Et maintenant, dit Papkèn, nous sommes ici ensemble. Peux-tu me dire pourquoi tu as choisi ce lieu en Haute-Provence aride, cette ruine perdue sur une colline déserte ?»Il ne s'agit pas ici d'une biographie du père de Ovannès Bodossakis, mais bien d'un récit nourri d'une trentaine d'années d'échanges complices entre un fils et son père dans le cadre d'une bâtisse de Provence. La chronologie s'efface au gré des souvenirs que suscitent un lieu, un parfum, une sensation ; le père va raconter son départ précipité de l'Anatolie après le génocide, son parcours de Mytilène en Grèce à Venise, où il poursuit ses études, et à Paris enfin, Montparnasse où il s'adonne à la peinture et partage l'effervescence artistique de la fin des années trente.Après la guerre, et le temps du sto en Allemagne, il retrouve son univers artistique parisien et réalise de nombreuses ?uvres ? gravures, dessins, couvertures ? pour plusieurs périodiques et éditeurs.L'installation en Provence lui permet de renouer avec des paysages proches de ceux de son enfance, un ancrage qui est une forme de retour aux sources, à l'aridité et à la lumière grecques, pays où il aime retourner souvent. Mais son chemin d'exil ne demeure pas celui de la souffrance : la peinture, la gravure, la céramique sont autant de sources de dépassement.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...