À propos de Teste, qui est comme la figuration et le nom d'un écart, Valéry observe que l'existence d'un tel monstre "ne pourrait se prolonger dans le réel pendant plus de quelques quarts d'heure". Personnage essentiellement lacunaire, Edmond Teste est peut-être en effet, parce que nous ne connaissons de lui qu'une soirée et quelques instantanés, le personnage par excellence de la narration impossible, celui qui ne parvient pas à devenir biographique. Mais Teste ne serait-il pas aussi le héros le plus réaliste d'une narration ouverte à tout vent, où nous pourrions glisser nos lapsus et nos amnésies pour entrer dans une digression infinie, une sorte de roman picaresque de l'esprit ? Quant à cette biographie en perpétuel déplacement dans le temps et dans l'espace, où s'introduisent les figures imaginaires de Mallarmé ou Rimbaud, Proust ou Bergotte, Huysmans ou Adrien Sixte, Valéry ou Pierre Ménard, Italo Svevo ou Thomas Mann, et bien d'autres, qui l'écrit vraiment ? de quelle intimité est-elle l'alibi ? de quelle autobiographie l'avatar ? Un soir de juillet 1918, Teste fut informé que son fils unique avait été tué sur la Marne. Teste avait aimé l'enfant plus que lui-même, mais lui-même qui était-il ? La mort de l'enfant, le suicide de Teste, ne mirent pas fin à la question, n'épuisèrent pas l'intervalle.
Nombre de pages
184
Date de parution
01/03/1987
Poids
236g
Largeur
140mm
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EAN
9782867440847
Titre
DANS L'INTERVALLE
Auteur
Oster Daniel
Editeur
POL
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140
Poids
236
Date de parution
19870301
Nombre de pages
184,00 €
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Individu littéraire : n'est-ce pas une contradiction dans les termes ? Le sujet individuel ne se heurte-t-il pas à l'autre quand il s'assujettit à la littérature et à sa propre figure ? "Qui écrit entre en scène", "tout ce qui s'écrit est fictif", disait Valéry. L'auteur poursuit l'interrogation sur les fictions de la modernité qu'il a entreprise dans divers essais et fictions.
Ne devrait-on s'approcher de Stéphane Mallarmé et de ses écrits que d'une manière impersonnelle et avec la déférence requise ? L'auteur pense que non. Il y a une figure exotérique de Stéphane Mallarmé qu'il est possible d'évoquer, à condition de multiplier les points de vue, de faire varier les temps de pause, les témoins, les circonstances, de rendre le portrait mobile, de tenter une lecture de proximité, de manifester quelque amitié ou affection à la personne même et au projet qu'elle eut pour la société, pour la littérature et pour le monde. Il convenait pour cela de s'introduire soi-même dans cette histoire, de s'y rendre présent, quitte à ce que "l'ère d'autorité se trouble". Daniel Oster met à profit sa longue familiarité avec les gestes mallarméens, gestes écrits ou gestes de sa liturgie intime et sociale, pour faire vibrer Stéphane Mallarmé sur la corde tendue entre le journal intime et la fiction. Il en résulte un portrait cubiste, où l'humour et le jeu ont leur part, qu'on pourra lire, au choix, sous les frondaisons ou sur l'asphalte, dans la gloire de l'automne, du crépuscule ou de la braise.
Chaque soir, pendant un an (1997), je notais, comme on tient un journal intime, une petite apocalypse intime. Petite apocalypse signifie, on le sait, petite révélation. J'étais donc le premier surpris. Aujourd'hui, les choses ont bien évolué. Peut-être aurais-je dû tenir mieux compte de ce qui m'était ainsi révélé, ou bien n'en pas tenir compte. Etre plus crédule ou plus méfiant. Ou bien n'étaient-ce que des apocalypses sans révélations. Qui réussira un jour sans fiction ? Le lecteur, peut-être ?"
Ce coffret contient les deux films documentaires et autobiographiques réalisés par Paul Otchakovsky-Laurens. Dans son premier film Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, Paul Otchakovsky-Laurens raconte son enfance dans cette petite ville. On lui a imposé le silence. Il partage son secret. Avec notamment Marie Chaix, Anne Devauchelle et Jean-Paul Hirsch. Images : Emmelene Landon. Éditeur, le deuxième film de Paul Otchakovsky-Laurens, met en scène les raisons singulières pour lesquelles il exerce son métier. Sa vérité. Avec Jocelyne Desverchère et Antony Moreau, et la participation notamment d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Olivier Cadiot, Antonie Delebecque, Paul Fournel, Kiko Herrero, Jean-Paul Hirsch, Vibeke Madsen, Michel Manière, Serge Ramon, Julie Wolkenstein.
Collobert Danielle ; Faye Jean-Pierre ; Morvan Fra
Ce premier volume des ?uvres de Danielle Collobert reprend tous les livres publiés de son vivant et aujourd'hui épuisés: Meurtre, 1964; Dire I et II, 1972; Il donc, 1976; Survie, 1978
Rencontrer un meurtrier, un homme de la même matière humaine que soi, le côtoyer du lundi au vendredi, constater sa dangerosité, être sidérée, avoir peur, croiser réalités et fictions, penser aux ouvrages de Stephen King, relire L'Etranger d'Albert Camus, se souvenir de L'Adversaire d'Emmanuel Carrère, lu quelques années plus tôt. Ici cependant, l'assassin n'est pas en prison, derrière des barreaux. Lire. Prendre le parti de la littérature. Ecrire soi-même pour tenter de comprendre".
Les silos détruits, tout devenait possible, rien n'empêcherait plus Beyrouth de sombrer dans les ténèbres. J'ai ressorti une carte de la ville. Elle est dépliée par terre depuis des semaines. Je mesure les distances. L'appartement de mes parents est à 825 mètres des silos du port. La maison de ma grand-mère, rue Pasteur, à 650 mètres. Sahar, elle, était sur le quai. Elle a filmé la dernière scène.