Si l'humour est la politesse du désespoir, István Orkény est un homme souverainement poli. Il estime avoir eu beaucoup de chance dans sa vie. En 1942, il a la chance d'être fait prisonnier par les Russes, alors que les Hongrois l'avaient jeté comme juif (catholique au reste depuis deux générations, et de surcroît jeune "intellectuel de gauche") dans un camp réservé aux "travailleurs sans armes" (que leurs propres cadres s'employaient à exterminer). Après l'octobre hongrois, en 1956, il a la chance de ne pas aller en prison comme son ami Tibor Dery, mais de rester six ans dans une usine, hors-la-loi de la littérature. Son retour, en 1965, avec un recueil de contes, un roman, puis au théâtre La Famille Tot (prononcer Tott) consacre enfin Orkény comme un des meilleurs écrivains hongrois d'aujourd'hui. Créée en 1966 avec un immense succès à Budapest (en 1968 à Paris), La Famille Tot c'est une sorte de "Comment se débarrasser de l'occupant". Un beau matin débarque chez les paisibles Tot un étrange et tyrannique commandant. Comment ils finiront par s'en débarrasser, c'est toute l'histoire de cette grande Farce profonde aux arrière-plans subtils et amers d'apologue. On comprend en lisant Orkény le sens de l'expression : Un rire libérateur." Claude Roy.
Nombre de pages
120
Date de parution
23/10/1968
Poids
110g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782070303410
Titre
La famille Tot
Auteur
Orkény Istvan
Editeur
GALLIMARD
Largeur
110
Poids
110
Date de parution
19681023
Nombre de pages
120,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Convaincu de la vocation réellement humaniste et pédagogique de son projet, un jeune réalisateur de télévision décide de proposer un documentaire révolutionnaire. Son ambition est de montrer la mort dans sa vérité en filmant cette ultime expérience humaine. Trois candidats acceptent d'offrir leur dernier souffle à l'oeil des caméras. Mais la solennité de l'instant fatal ne résiste pas longtemps à l'ogre télévisuel... Maître hongrois de l'absurde, Orkény se livre à une satire des mesquineries humaines dans cette drôle de farce, macabre et visionnaire, qui anticipe avec vingt ans d'avance les dérapages de la télé-réalité.
L'arrivée d'un commandant insomniaque dans la famille Töt sème la zizanie et transforme leur vie paisible en véritable enfer! Leur fils au front, les parents espèrent améliorer son sort en accueillant dignement son supérieur hiérarchique. Les Töt se plient dès lors à toutes les lubies de ce militaire excentrique. Quiproquos et situations totalement loufoques s'enchaînent dans une comédie acide à l'humour décalé. Sous ses dehors de farce villageoise, Les Boîtes est une petite merveille satirique dont les accents absurdes font écho aux horreurs insensées de la seconde guerre mondiale. Biographie de l'auteur István Orkény (1912-1979) commence à écrire dans les années 1930, mais c'est dans les années 1960 - après avoir été interdit pendant sept ans de publication suite à sa participation aux événements de 1956 - qu'il devient une figure marquante de la littérature hongroise, publiant à la fois des romans, des nouvelles et du théâtre. Par son goût pour le grotesque, l'absurde, il s'apparente à des auteurs comme Ionesco ou Adamov. Mais il est aussi un fin observateur et critique de la société de son temps, ironique et méchamment drôle.
De lettres en coups de téléphones, Le chat et la souris met en scène, dans des situations absurdes, des personnes âgées que l'amour rend aussi risibles qu'attendrissantes. A plus de soixante ans, Madame Orban réalise en dialoguant avec Giza, sa soeur partie à l'étranger, qu'elle est en fait amoureuse de Viktor, un homme qu'elle connaît depuis toujours. Entichée de ce chanteur d'opéra un peu rustre, la veuve revit une seconde jeunesse. Mais Viktor se laissera séduire par Paula, elle aussi sexagénaire et soit disant meilleure amie de Madame Orban, au grand désespoir de cette dernière. Cette comédie gériatrique trouve sa conclusion dans une parodie de suicide et un fou rire fraternel. Entre récit burlesque et drame psychologique, Le chat et la souris raconte avec tendresse et drôlerie les turpitudes de l'âge mûr saisi par l'éternel délire de l'amour.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.