Il a dû falloir au poète (il, elle) une énergie patiente, une sauvage révolte toujours à l'affût pour retourner à son " rectangle clair du papier qui la hèle, la hale [...] impérieux ". Il a dû y avoir l'évidence de l'inspiration, soudain douce et consolante mais aussi le froid, le vide, également le harassement du quotidien. Mais tout est né, de ce que dictaient en poésie, les violences des éléments, le sang perdu, les cellules en combat, les petites morts et les rebonds. La fraternité de poètes de même parage a encouragé, renouvelé, établi ce besoin de louanger, constater, méditer. La dureté de la vie, l'évidence de certaines joies ont développé ce qui existait déjà : un culte de la pudeur, de la mesure indispensable, si l'on veut que la référence à l'Universel soit durable. Le poète (il, elle) a écrit pour Autrui. Je suis autrui, conforté, et ma gratitude me poussera à dire ces poèmes, comme j'ai dit Eluard, Char, Follain, Cadou, Chedid, Reverdy et bien d'autres, pour améliorer un public concerné, le rendre plus fraternel. Je les dirai pour le " mieux vivre " de mes enfants (au nombre de cinq également). Je les dirai aussi pour les grands inconsolables. Espérant qu'ils méditeront d'une façon ou d'une autre : " que la mort n'aura pas eu le dernier mot ". Daniel Gélin.
Date de parution
10/10/1996
Poids
135g
Plus d'informations
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EAN
9782840310570
Titre
LE FOR INTERIEUR
Auteur
NYS MAZURE
Editeur
DE BLEU
Largeur
0
Poids
135
Date de parution
19961010
Disponibilité
Epuisé
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Colette Nys-Mazure volontiers se dit "traineuse" : le néologisme suggère que les déplacements en train ne lui sont pas seulement une pratique ou un usage ; il s'agit d'une activité de prédilection, puissamment identitaire. Ce recueil de poèmes décline les multiples aspects de l'expérience ferroviaire. Etre voyageur "immobile dans le mouvement" permet observations et perceptions multiples. C. Nys-Mazure, lors de ces trajets en TER entre la Belgique et les Hauts-de-France, chante sa passion des gares et des usagers. Défilé de paysages et de visages, spectacle permanent. Des êtres et des mondes divers se côtoient, depuis les adolescents frondeurs jusqu'aux demandeurs d'asile : rien moins que l'humanité en mouvement.
Un récit lumineux sur le deuil En moins de trois mois, Colette Nys-Mazure, fillette insouciante de sept ans, perd ses deux parents. Après ce séisme, il va falloir continuer à vivre, à ne pas s'enfoncer dans le malheur ; il s'agit de construire sur les ruines de sa famille. Des années plus tard, l'auteur pose son regard d'adulte sur cette blessure d'enfance et retrace sobrement le cheminement nécessaire, éclairé par l'émerveillement de vivre intarissable et le désir de ne plus rien gaspiller. Un livre sobre, lumineux et riche d'espérance. Colette Nys-Mazure est romancière, nouvelliste, essayiste et surtout poète. Plusieurs prix littéraires ont récompensé son oeuvre.
Nys-Mazure Colette ; Libens Christian ; Cremers Pa
Piqués des vers ! est un panorama du paysage poétique de la Belgique francophone. Un éventail de poèmes pour tous les goûts. Un choix éclectique d'auteurs connus, oubliés ou encore à découvrir. Une véritable anthologie. Cette édition revue et corrigée du 300e livre de la collection Espace Nord rassemble pas moins de 300 coups de coeur poétiques de quelque 200 auteurs sélectionnés pour leur qualité, mais aussi pour leur accessibilité : la poésie doit être lisible par tous car elle porte un regard sur le quotidien, le monde, sur la vie, quoi !
Avant que de savoir écrire, l'homme a su conter pour mieux s'ouvrir au mystère du monde, au rêve, à l'audace, à l'imagination, au désir. Les contes que nous offre ici Colette Nys-Mazure n'appartiennent pas pourtant au genre du fantastique ou de l'exceptionnel. Elle les a puisés d'abord à cette source qui l'inspire avec tant de bonheur: le quotidien des jours, la rencontre des visages. Celui d'Antoinette qui sait qu'elle va mourir mais qui attend la naissance de l'enfant avant de s'en aller. Celui de Monsieur Brice, l'instituteur retraité, qui n'en revient pas d'avoir allumé le plaisir d'apprendre dans les yeux de ces deux garçons qu'on prenait pour des cancres. Celui de Chantal et son impossible amour... Et tant d'autres, rencontrés... Il faut lire ces contes comme de "modernes paraboles", écrit Claude Goure dans sa préface: "A un moment précis, mystérieusement, il suffit d'un regard, d'un peu de tendresse, d'un peu d'amour pour se sentir aimé." Miracle du quotidien ordinaire, miracle de Noël toujours recommencé.
La petite feuille aux yeux bleus (dont c'est la réédition) a déjà conquis un jeune - et moins jeune - public enthousiaste. Les poèmes sont d'une grande limpidité, axés sur les thèmes de la nature (le Marais vendéen, les forêts...), de l'enfance aventureuse, de la grand-mère tant aimée - celle qui appelait sa petite fille, en patois, " ma petite feuille " - , de la fête, etc. On retrouve les thèmes des Moustaches vertes (ouvrage précédent, salué par France-Culture, Le Monde, et l'ensemble des revues destinées à la jeunesse) et de Une cigale dans la tête qui vient de paraître.
Les Zanimots, c'est un bestiaire sorti, on ne sait trop comment, d'un abécédaire. Des animaux parfois familiers, certains très rares, ou encore quelques-uns très bizarres. Et des mots de bric et de broc, qui font la nique et la noce. Une drôle de ménagerie, vous verrez.
Une petite fille arrive en courant ". Elle arrive dans les mots : quelque chose de vivant, déjà morte souvent. Elle a plusieurs noms, Catherine, Carrie, d'autres ; peut-être aussi celui d'Émilie, sa maman. Une petite fille, une maman, un je qui les conjugue et les écartèle. Le feu, le vent, lui qui n'a pas de nom. Une petite fille, ça va de soi ; mais c'est aussi les phrases qui arrivent en courant, la grammaire et les mots qui trébuchent parce que trop ou mal vivants. On entend de la tragédie et d'innocentes rengaines d'enfance, un récit qui s'émiette en douleurs. Quelque chose manque : " voyez comme les mots ne disent rien ". Mais on les voit : " visage arrêté dans la langue ". Les poèmes d'Ariane Dreyfus : leur " eau se mêle " ; écrire " éclabousse ". " Une petite fille arrive en courant Elle respire d'avoir couru ". Nous aussi. (James SACRÉ)