Un moine simplet subit les moeurs de son époque, baladé par les lois du pouvoir spirituel et temporel. Dans sa chute, puis dans son improbable ascension, chaque obstacle fait mal. La cupidité, la cruauté, le désir s'apprennent et se dictent. Ce qui est permis aux puissants, ce que l'Eglise définit comme vertu ou comme abomination varient selon la bourse, ou l'habit. Les souffrances et les crimes de Moineau nous parlent de la violence comme structure du monde connu, de son acceptation et du pouvoir qui corrompt les âmes... Noyau dessine un moyen-âge brutal et fantasmé où l'on prie, pleure, saigne, puis se réconcilie en festoyant. En usant de stéréotypes qu'il déforme, il régurgite au passé la violence du temps présent et nous montre un âge obscur et cauchemardesque, sujet à tous les fléaux, douloureusement proche du nôtre... Le verbe mêle archaïsmes, argot et néologismes, les personnages changent d'habit, de proportions, de visage... A l'image des graveurs germaniques des XVe et XVIe siècles, Noyau développe une écriture graphique lente, méticuleuse, il se perd dans les horizons tortueux d'une perspective encore en gestation. La chanson de Moineau est une vaste farce, anachronique, scabreuse et déroutante... rabelaisienne, qui se savoure comme un festin d'enluminures impudiques et outrancières. Le trait est coupant, austère comme Dürer et grotesque comme Bosch ou Brueghel l'Ancien. Chaque image est un trésor d'inventivité cruelle où les drapés laissent voir l'obscène, ou les entrelacs sont faits d'entrailles. Pour raconter, pour rire, pour punir, pas besoin de bonnes raisons. L'important est que la chute fasse mal, et que l'innocent connaisse un retour en grâce, même éphémère.
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Nombre de pages
232
Date de parution
20/02/2026
Poids
540g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782390220626
Auteur
NOYAU
Editeur
FREMOK
Largeur
165
Date de parution
20260220
Nombre de pages
232,00 €
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Résumé : C'est au Japon que Noyau a dessiné ses premiers livres-objets. Dessiné ? Oui, mais avec les doigts trempés dans la gouache noire. Poses érotiques, explosions orales, anales ou génitales, il a fait danser ses personnages sur de grandes feuilles qu'il a assemblées en différents albums. Et chaque album, limité à un exemplaire unique, fut exposé dans une galerie, soigneusement refermé sur une table, pour surtout ne rien donner à voir. Car Noyau, pudique et secret comme tous les excessifs, s'ingénie à tout dissimuler ; mais ses livres s'ouvrent soudain et les voilà qui révèlent le fruit longtemps défendu d'un dessinateur virtuose.
De grands dessins, tous au même format de 1,50 m sur 1,50 m, s'enroulent dans l'atelier. Une seule technique: la gouache noire, appliquée au doigt. Les sujets, réalistes - et virtuoses -, ne sont surtout pas psychologiques. Pas d'introspection: une nuque, deux pieds, quatre doigts, une culotte, un oiseau, une moule, et puis des trognons de pommes, un rhizome de gingembre, une noix, des vêtements ou des ustensiles de ménage. Ce n'est pas un inventaire. Ce n'est pas non plus le début d'une encyclopédie. Ça ressemble aux pages éparses d'un journal intime: des objets ordinaires devenus démesurés - et menaçants. Il n'y a pourtant pas de drame, juste des détails agrandis, diverses textures explosées sur le grand vide du papier. Comme dans un rêve, un rêve si lointain et pourtant si proche: l'art de la jubilation.
Il faut le savoir : Noyau est un salaud. Ne l'invitez pas : une fois chez vous, il s'assoira dans un coin, ne pipera pas un mot, mais observera vos moindres gestes d'un oeil aussi placide que perçant. Puis une fois rentré chez lui, il sortira ses plus belles gouaches, s'armera d'un pinceau bien trop usé, et fera de vous ou vos proches un portrait aussi beau (dans la forme) qu'acide (dans le fond). On vous prévient : Noyau est un sale type. On le voit bien dans ce livre, Au suivant, composé d'une suite de portraits qui se déploient systématiquement sur deux pages, comme celui de Melvin, qui décide de se passer de tout, mais pas de l'aide financière de ses parents ; Nino, hipster barbu, qui prend tellement de soin à préparer son expresso que l'heure de l'apéro arrive avant le première tasse ; ou Odile, qui ne partage pas ses théories complotistes avec son fils, car comment savoir si celui-ci n'est pas un extra-terrestre ? ... Méfiez-vous : Noyau est un sale type. Pourtant, par le passé, certains éditeurs lui ont accordé leur confiance, à l'instar de Frédéric Pajak, qui, au sein des Cahiers Dessinés, a publié ses précédents livres, comme Dessins au doigt, L'Art de Vivre ou Les Doigts sales ; ou encore Actes Sud, chez qui il a commis l'Ouf, en compagnie d'Anna Sommer. Des livres tous magnifiques, et c'est peut-être là que réside le mystère Noyau : comment un être aussi malfaisant et dangereux peut être également un dessinateur aussi génial ? Bon, en tout cas on vous aura averti, Noyau est méchant, comme son livre. Méchant et même féroce envers ce triste monde et ceux qui le peuplent, on pourrait même dire carrément cinglant et politiquement peu correct, mais il faut bien l'admettre : à l'arrivée c'est bon, et ça fait du bien.
Résumé : Le Sud est irrespirable, le Nord est bétonné, l'Est prend l'eau, l'Ouest brûle(et vice-versa). Saint Nicolas traîne ses bottes sur les routes embouteillées, dans les forêts polluées et dans les zones sinistrées. Il regarde droit devant lui. Il arpente l'anthropocène déglingué, il trottine de la ville à la campagne, d'utopies concrètes en camps de fortune. Partout où il passe les enfants trinquent... qui se soucie d'eux ? Saint Nicolas reste calme. Mais méfiez vous, ça chauffe sous sa mitre ! La colère nous gagnera à notre tour. Le saint explosera pour de bon. Les palais brûleront, là où fomentent les puissants de ce monde. Que fomentent-ils, ces prédateurs ? Mais... Horreur ! Des festins par exemple, où des enfants sont au menu !
Elle s'appelait Alice Liddell. Lui, Charles Lutwitge Dodgson. D'une après-midi de rêve elle voudra qu'il lui fasse un livre. Alice sous la terre est la version originelle d'Alice au pays des merveilles, soigneusement retranscrite en français, à la main, conformément à l'original. Ou le lecteur ou la lectrice lira avec les yeux de l'enfant à laquelle ce carnet fut offert en 1864. Ou il redeviendra petit ou elle redeviendra grande. Ou l'inverse.
Résumé : "J'avais envie d'une écriture qui soit comme une chanson folk, avec ce côté solitaire, intime, et puis par moments que le personnage ait de grandes idées. ".
Résumé : "Je ne suis pas la seule à avoir envie de tout péter. J'avais envie de témoigner de cette envie et de la partager". Un conte moderne tout en rage et poésie, qui dépasse largement l'initiation pour mener à l'autonomie et la sororité, une ode à la capacité de transformation et d'autodétermination des femmes et des jeunes filles. Lors d'un voyage dans un pays merveilleux dominé par des créatures-outils, deux fillettes vont entrer en guerre contre le productivisme et les normes qui leur sont imposées. Elles se transforment, trouvent refuge et conseil auprès de leurs aînées, prennent soin de leurs soeurs et de leurs mortes. Elles découvrent ainsi le pouvoir de la sororité, et avec elle une autre relation à elles-mêmes, à la nature, à la mort. La colère monte spontanément, naturelle, inévitable. Elles vont devenir géantes, furieuses, prêtes à tout détruire. Dans ce récit court et rythmé, la contemplation et le lyrisme trouvent naturellement leur place. Les figures étonnantes ou effrayantes qui apparaissent se laissent accepter d'emblée, grâce à une expression très singulière et juste, une radicalité infiniment subtile, tout en contrastes et en fluidité. En ressortent, dés le départ et crescendo, ce qu'il y a de plus beau dans la nature humaine, dans la condition féminine et la résistance, ce qu'il y a de plus naturel dans la mort et dans la rébellion. Zoé Jusseret a travaillé en collage et au monotype, comme pour son premier livre, le sublime et sombre Qui mange des couteaux. Des motifs au trait ou en masses sont obtenus par transfert, découpés, collés et ajoutés pour former des paysages. Chaque impression porte la trace précise d'un geste, gardant l'intensité et la texture des couches de peinture. Emergent ainsi des matières à la fois intenses et légères, ancrant l'histoire dans une réalité dramatique, mais où l'espoir est toujours permis à celles qui refusent de se laisser tuer.