Bernard Noël, bâtisseur d'une ?uvre considérable et mondialement estimée, naît en 1930 dans l'Aveyron et meurt en 2021 dans l'Aisne. Il passe les deux premières décennies de sa vie sur les hauts plateaux de l'Aubrac, territoire fondateur de sa sensibilité, où la rudesse du climat n'a d'égale que la splendeur des paysages. Il brosse dans ces lignes le portrait du terroir originel et chéri : un pays âpre et généreux, forgé par les gestes patients d'une ruralité profonde et animée par un savoir-faire ancestral. Entre le basalte des burons et les sources vives des ruisseaux se racontent le quotidien agricole et la nature en perpétuelle effusion. Là, les craquements des hêtres sous le vent, les bêtes au pâturage, la langue des hommes, tout participe d'une symphonie élémentaire où s'entrelacent la peine des jours et la vigueur du vivant. Chaque pas dans ces mémoires aubraciennes interroge l'enracinement des hommes jusqu'aux fondations mêmes du temps : une ode habitée à la mémoire des lieux, à la continuité des pratiques, et à la force tranquille de ce qui, loin de toute médiatisation, continuait de tenir l'homme debout.
Nombre de pages
80
Date de parution
17/10/2025
Poids
150g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782377921997
Auteur
Noël Bernard ; Noël Dominique
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
125
Date de parution
20251017
Nombre de pages
80,00 €
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Quatrième de couverture où est la lettre ?cette question vient d'un mourantpuis il se taittant qu'un homme vitil n'a pas besoin de compter sa languequand un homme meurtil doit rendre son alphabetde chaque mortnous attendons le secret de la viele dernier souffle emportela lettre manquanteelle s'envole derrière le visageelle se cache au milieu du nom(Portrait, in La rumeur de l'air.)
Engagée à contre-sens, la poésie de Bernard Noël ne cesse à sa manière de traquer le mystère de l'incarnation, et le titre Extraits du corps est à prendre dans son acception la plus concrète, la plus littérale. Car la poésie est ici vibration d'une voix blanche arrachée à la mécanique humaine qui pense, qui aime, qui souffre, qui rêve et s'acharne à faire souffle avec de la peau et des os. Elle est aussi ce lancinant défi au grand silence de Dieu : comment la chair peut-elle donc retourner au verbe ? Et comment, mot à mot, ôter une lettre à la mort ? Les mots de Bernard Noël sont en effet pareils à des lambeaux à vif, lambeaux de muscles et de nerfs, de sexe ou de coeur, puisque l'esprit s'en tient à cette texture vivante de la matière. Une telle écoute, une telle exploration de l'univers physique, loin d'asservir le poète à son "je", libèrent et guident vers une parole anonyme faite d'évidence, de dépouillement, de transparence. Ce qui s'écrit, ce qui se dit cherche à créer ou à révéler l'espace mental entre la vue et la visée : c'est un pari qui trouve son chant dans le champ visuel, comme si l'oeil, en plus du prisme des couleurs, possédait un prisme des sonorités, des signes et des sentiments. Alors les syllabes se découvrent neutres, lavées, rendues à la plus fragile origine.
Etre inacceptable... Il ne s'agissait pas de faire scandale ni violence, mais de céder à l'emportement d'une révolte qui, en soulevant l'imagination, combattait la censure intérieure et la réserve timide. L'écriture fut en tout cas un moment de jubilation et de liberté intenses, car être inacceptable conduit simplement à ne pas accepter les oppressions de l'ordre moral et de sa propre soumission. Ce livre, poursuivi pour outrage aux moeurs, est-il devenu inoffensif ? Ou bien la censure s'est-elle faite plus subtile en privant de sens - donc de plaisir - aussi bien les excès imaginaires que les valeurs raisonnables ...
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !