Un monde glacé, figé de silence : tel est "l'artifice" , ce semblant, "cette asphyxie de l'âme" à quoi s'affronte Anaïs Nin dans Stella, Un hiver d'artifice, La Voix, trois nouvelles qui composent ce livre. Sur la scène de ce théâtre apparaissent tour à tour Stella actrice, star murée dans son rôle, le père, Dom Juan traversé de gestes creux, et un homme analyste dont seule émerge par instants "la voix" blanche, neutre. A moins que tous trois ne soient que les facettes d'une même personne : toujours absentée, sans corps, masque, rôle tenu par le père, ou plutôt au-nom-du-père. Et si une femme, au hasard des rencontres et des souvenirs dans la vie de tous les jours, parcourt ce dédale peuplé de masques, c'est pour aussitôt, avec la force vivante de ses gestes, de ses mots, de son écriture, démasquer, et trouver sous la mort hivernale l'eau vive, le feu des étés, une chaleur du corps enfin ranimée.
Date de parution
26/05/1978
Poids
170g
Largeur
106mm
Plus d'informations
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EAN
9782721001245
Titre
Un Hiver d'artifice. 3 nouvelles
Auteur
Nin Anaïs
Editeur
DES FEMMES
Largeur
106
Poids
170
Date de parution
19780526
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Je ne me souviens pas d'avoir pleuré. Je sentais seulement la caresse du mouvement - du mouvement dans le corps d'une autre - absorbée, sombrée dans la chair d'une autre, bercée par le rythme de l'eau, la lente palpitation des sens, le bruissement de la soie". A. N.
Voici enfin la version intégrale d'un ouvrage dont Henry Miller, dans son enthousiasme de premier lecteur, affirmait qu'«il prendrait place à côté des révélations de saint Augustin, de Pétrone, d'Abélard, de Rousseau, de Proust...» Voici surtout Vénus Erotica telle qu'en elle-même, superbement impudique dans la description de ses rapports multiformes avec les hommes: amour passionné avec Miller, amour tendresse avec l'époux, amour rêvé avec Artaud, amour consommé avec le père... la transgression ultime qui va jeter Anaïs, en quête d'une sorte d'absolution, dans les bras d'un nouvel amant/psychanalyste, Otto Rank. Comme le premier tome du Journal déjà publié (et si fortement censuré par l'auteur), ce volume, qui couvre les années 1932-1934, s'achève sur la maternité avortée: on y apprend enfin l'identité du père de cette petite fille mort-née que sa mère n'avait jamais désirée, y voyant un obstacle à la seule création qui lui importait: la littérature.
Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. Une autobiographie brodée de fiction, raccommodée, par endroit, là où la mémoire fait défaut, l'actrice y raconte l'histoire de sa famille et de son enfance - ou en tout cas l'histoire d'une famille et d'une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle dit la « partie immergée de l'iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi son désir naissant de théâtre et de cinéma ou encore ce que c'est qu'être une enfant puis mère à son tour - et l'amour, bien sûr. Sont confiés ici des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort. « J'ai l'habitude avec les journalistes d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse ! Durant toutes ces années, comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet ? Évidemment, je ne m'en plains pas, pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d'un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l'écrit Marivaux. Je m'étonne juste qu'après ces heures d'interviews, tous ces plateaux télé, ces radios, les mêmes mots ressassés à l'infini suffisent... grâce à ce sourire peut-être. Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. » I.C.
L'histoire des ateliers d'écriture en France a commencé en 1969 avec l'expérience initiale relatée dans ce livre. De formation littéraire et journalistique, Elisabeth Bing raconte ici l'aventure de cette naissance auprès d'enfants classés comme caractériels. On y lit l'invention d'un métier, au jour le jour, dans l'urgence et la passion. Loin de l'école et de la parole apprise, elle rend leurs propres mots à ces exclus de l'écriture, prenant en compte leurs textes comme des actes réels d'inscription dans le monde. Jusqu'à ce qu'un jour un enfant lui dise: "Mais tu nous fais travailler comme des écrivains!". Toutes les intuitions fondatrices d'une démarche qu'elle a poursuivie et élaborée depuis plus de vingt ans auprès d'adultes se trouvent réunies dans ce livre. La postface de cette troisième édition fait part de la suite du parcours. "Cette invention a décidé de ma vie, et un peu plus tard de celle de quelques personnes que d'abord ce livre a rassemblées autour de moi et que j'ai entraînées dans l'aventure, nous retrouvant à l'avant-garde d'un mouvement de fond qui connaît actuellement un très grand développement."