Le Hussard bleu, de Roger Nimier, est en apparence la chronique d'un peloton de hussards qui pénètre en Allemagne, en 1945. Le livre se présente sous la forme classique d'une succession de monologues intérieurs - qui doivent plus à Valery Larbaud qu'à Faulkner. Ils permettent au lecteur de visiter en détail : le cervelet d'un colonel vichyssois et celui du brigadier Casse-Pompons ; le coeur de ce délicieux petit cavalier motorisé, Saint-Anne, et celui de l'ardente Florence, une fille qui conviendrait mieux, semble-t-il, à des cuirassiers qu'à des hussards ; le foie du délicat Forjac et celui du grossier et colérique Los Anderos ; la rate, enfin, ainsi que plusieurs autres organes indispensables au guerrier, de l'odieux et séduisant Sanders. Mais le personnage principal est encore une Allemande, dont on nous parlera beaucoup, si elle n'intervient pas personnellement dans le récit. Certes ces cavaliers ne s'expriment pas tous comme des enfants de choeur, mais cette violence était peut-être nécessaire dans un livre qui cherche à montrer quelques aspects du romantisme contemporain. D'ailleurs ces excès ne nuisent en rien aux pages d'émotion et de tendresse, au long desquelles le hussard bleu révèle comme par inadvertance l'un des aspects de son caractère, - non le moins inattendu.
Nombre de pages
336
Date de parution
20/10/1950
Poids
355g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070247318
Titre
Le hussard bleu
Auteur
Nimier Roger
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
355
Date de parution
19501020
Nombre de pages
336,00 €
Disponibilité
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Les principaux personnages de ce roman burlesque et satirique sont des élèves de troisième, des garnements de quatorze ans. Nous les voyons jouer au poker, s'essayer aux courses, à la débauche en même temps qu'à l'histoire, à la géographie et aux sciences naturelles. L'un d'eux pourtant, Perfide, aime Maurice Scève et le Cardinal de Retz ... Les parents sont de grands enfants, même M. Melba, président du Conseil, même la belle et capiteuse Mme Melba qui prend pour amant - temporaire - l'un des lycéens, ébloui de sa chance. Leurs gestes, leurs pensées, leurs paroles diffèrent à peine des gestes, des pensées et des paroles des adolescents. Une séance à la Chambre, c'est une classe chahuteuse. Et si des émeutes éclatent, si le gouvernent change de mains, si même le sang coule, c'est un peu comme une immense récréation.
L'amour est la chose du monde la mieux partagée. Reste à savoir s'il s'agit d'une aventure extraordinaire ou, tout bêtement, d'une saine occupation (comme le tennis et le bridge). Avec l'amour, s'il est possible, il n'y a plus que deux êtres sur la terre. Que va-t-il leur arriver ? Ou plutôt, comment les autres vont-ils réapparaître ? Ils vont revenir avec la jalousie, dont l'auteur fait une analyse métaphysique (et non plus psychologique). Ils seront là également dans la pratique de l'amour, car si l'amour met en présence X et Y, la sexualité : l'Homme et la Femme - l'érotisme fait s'affronter tous les hommes et toutes les femmes. L'échec de l'amour sur ce terrain n'empêche pas de prévoir qu'il s'agit d'autre chose que d'un dérivatif. Ici, une philosophie qui remplace l'Etre par l'amour et le Non-Etre par le Néant semble possible. De ces deux extrêmes où le péril est sensiblement égal, l'existence est prisonnière plus qu'elle ne peut l'imaginer.
Cette Histoire d'un amour commence par une gifle, donnée le jour de l'armistice (le 11 novembre 1918, comme on sait). L'auteur de la gifle s'appelle Michèle Vilmain. C'est une jeune fille froide, exaltée, qui est célèbre dans toute l'armée d'Orient, où elle dirige une ambulance. Nous la retrouverons à Paris. Elle n'a rien perdu de sa flamme. Elle fonde une maison de couture qui lance la mode de l'époque. En même temps, elle éprouve une grande passion pour les Arts. Cette passion la pousse à s'intéresser à une jeune peintre, autrichien, désabusé et très bien doué pour faire le malheur de tout le monde : Philip. Un troisième personnage intervient : la petite Anne Chevalier. On croit d'abord qu'Anne adore Michèle, que Michèle aime Philip et que Philip n'aime personne. On croit aussi qu'il est cruel et profondément indifférent. Mais il est possible qu'on se trompe et qu'il soit la vraie victime de ces deux femmes.
Dans Le Grand d'Espagne, où Nimier choisissait Bernanos pour "capitaine" de son après-guerre, l'essayiste posait les exigences et les refus d'une jeunesse. Dans Journées de lecture, il éclairait certains massifs littéraires contemporains. L'élève d'Aristote est comme la reprise à distance, l'approfondissement de ces deux livres, et, en somme, prend place dans un triptyque. Une première partie, "Monarchies", nous montre deux conquérants antiques, quelques écrivains souverains, nous fait visiter Versailles, "le palais de l'ogre", entrevoir un XVIIIe siècle. La seconde partie, "Dix-neuvième siècle", retient ceux qui ne s'en firent pas l'écho sonore, tels "le gros consul" Stendhal et Mme Récamier que Nimier surnomme "une grande vedette du muette". La troisième partie, enfin, est à la fois un dictionnaire des contemporains, un album de famille regroupant les ascendants et les proches que Nimier s'est choisis en littérature, des instantanés insolents, comme "Gide chez le photographe" ou des facéties pleines de sens, comme ce "Casse-croûte d'ermite" ainsi composé : "La paupière à la Marcel Aymé, le pâté de crabe à la Chardonne et l'olive à la Morand." Le recueil est issu de textes que Jacques Chardonne encourageait son cadet à rassembler, à l'exclusion des chroniques générales et des nouvelles. De 1953 à 1962, ces portraits d'histoire et de littérature sont les silences du hussard Nimier.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.