L'anomalie sauvage. Puissance et pouvoir chez Spinoza
Negri Antonio ; Matheron François
AMSTERDAM
22,00 €
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EAN :9782915547375
La véritable politique des philosophes classiques, c'est leur ontologie, tel est le principe qui guide ce livre, écrit en prison pendant les années 1979-1980. Le néoplatonisme de la Renaissance avait forgé l'utopie d'un développement spontané du capitalisme de marché. Mais les grandes philosophies bourgeoises - Descartes, Hobbes, Rousseau, Hegel - devront insérer la crise au coeur de ce développement, et donc de l'ontologie. Pour elles, l'appropriation suppose toujours la médiation dialectique d'un pouvoir qui lui est extérieur. À l'opposé, Spinoza reprend l'exigence révolutionnaire de la Renaissance, mais en transformant complètement son cadre ontologique. Coupant court à toute dialectique, qui n'est jamais que la ruse ultime de la médiation bourgeoise, il pense l'être comme surface, plénitude, multiplicité. Il forme ainsi une théorie de la pratique collective et de la force productive humaine, toujours tendue vers plus d'autonomie. Radicalement matérialiste, cette philosophie qui affirme la puissance contre le pouvoir devient alors une anomalie sauvage, inscrite dans cette autre anomalie historique: la Hollande du XVIIe siècle.
Nombre de pages
343
Date de parution
11/01/2007
Poids
520g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782915547375
Titre
L'anomalie sauvage. Puissance et pouvoir chez Spinoza
Auteur
Negri Antonio ; Matheron François
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
150
Poids
520
Date de parution
20070111
Nombre de pages
343,00 €
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Ce livre ressemble à l'histoire qu'il raconte. Écrit après une longue et dure incarcération politique, au tout début de l'expérience de l'exil en France, il s'attache avant tout à décrire le parcours de perte, de doute et de peur dans lequel Job est pris. Un récit de solitude, donc, qui court à travers les lignes du Livre de Job; mais aussi un récit qui renvoie pour Negri, dans cet exil parisien qui est le sien comme il est celui de toute une tranche d?âge, à l?échec du mouvement de contestation et de transformation politique et sociale qui a secoué l'Italie dans les années 70.Mais Job, c'est aussi autre chose. À la faveur d'un commentaire serré du texte biblique, Negri cherche à repérer ce qui, dans cette expérience extrême de doute et de souffrance, se donne pourtant, envers et contre tout, comme une positivité. Job nous raconte l'histoire d'un défi qui est aussi celle d'un rapport privilégié avec Dieu, c'est-à-dire un moment de joie. Ce défi affirme la puissance des hommes, y compris dans le dénuement le plus total. Ou peut-être est-ce précisément le dénuement - ce que Negri appelle aussi l'expérience ontologique de la « pauvreté » - qui, seul, peut nous montrer ce qu'il y a de joie à vouloir non seulement résister mais changer le monde.Le Livre de Job est pour Negri l'histoire de ce double parcours: perte radicale et puissance constituante, solitude et joie, doute et amour.
Ce livre ressemble à l'histoire qu'il raconte. Écrit après une longue et dure incarcération politique, au tout début de l'expérience de l'exil en France, il s'attache avant tout à décrire le parcours de perte, de doute et de peur dans lequel Job est pris. Un récit de solitude, donc, qui court à travers les lignes du Livre de Job; mais aussi un récit qui renvoie pour Negri, dans cet exil parisien qui est le sien comme il est celui de toute une tranche d?âge, à l?échec du mouvement de contestation et de transformation politique et sociale qui a secoué l'Italie dans les années 70. Mais Job, c'est aussi autre chose. À la faveur d'un commentaire serré du texte biblique, Negri cherche à repérer ce qui, dans cette expérience extrême de doute et de souffrance, se donne pourtant, envers et contre tout, comme une positivité. Job nous raconte l'histoire d'un défi qui est aussi celle d'un rapport privilégié avec Dieu, c'est-à-dire un moment de joie. Ce défi affirme la puissance des hommes, y compris dans le dénuement le plus total. Ou peut-être est-ce précisément le dénuement - ce que Negri appelle aussi l'expérience ontologique de la « pauvreté » - qui, seul, peut nous montrer ce qu'il y a de joie à vouloir non seulement résister mais changer le monde. Le Livre de Job est pour Negri l'histoire de ce double parcours: perte radicale et puissance constituante, solitude et joie, doute et amour.
Critique radicale de l'idéalisme dont les valeurs transcendantales sont encore dominantes aujourd'hui, cet essai pose à nouveau une question essentielle : les pauvres, c'est-à-dire les sans-pouvoir, pourront-ils un jour décider du destin de l'humanité et construire, en tant qu'hommes libres, une vie sous le signe du commun ? Le parcours philosophique d'Antonio Negri, tout en maintenant toujours en toile de fond cette interrogation, interroge l'événement de la connaissance dans sa relation au temps (kairos, le moment juste), mais aussi l'expérience de la nomination (donner un nom aux choses) et une nouvelle forme de rapport entre les êtres. Ainsi, à travers la volonté commune (Alma Venus) et l'expérimentation de la multitude, nous découvrons une autre mesure de la liberté. Avec ce texte écrit en prison, Antonio Negri cherche à trouver au sein du matérialisme une source de résistance et le fondement d'une constitution éthique.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.