Comme l'indique son titre, Le Quatrième Genre : l'essai, l'ouvrage entend faire avancer la réflexion sur ce genre majeur et cependant le moins étudié en France et dans le monde, alors qu'il occupe une place prépondérante sur le plan éditorial, et qu'il remplit un rôle littéraire aussi essentiel que ceux du théâtre, de la poésie ou du roman. Cette réflexion se voit menée de quatre points de vue - chacun d'entre eux bénéficiant, après une "Introduction" générale, d'une présentation spécifique mêlant les considérations d'ordre général aux apports particuliers issus des communications présentées au colloque international tenu à l'université de Poitiers en novembre 2015. Il s'agit d'abord - objet du "Préambule" - de resituer l'essai au sein de la théorie des genres et de son histoire, fondée sur un présupposé pseudo aristotélicien d'une tripartition des genres, alors même que son existence de fait se doit de trouver sa place légitime. Il s'agit ensuite - première section - d'envisager le rayonnement du genre dans plusieurs des grandes cultures européennes : l'anglo-saxonne de manière historique, avec sa deuxième naissance chez Bacon, source d'une vision pragmatique ; l'allemande, l'espagnole et la russe, en tant que genre "étranger" éminemment critique, comme l'atteste son refus par les régimes autoritaires de ces nations. Cet aspect reste l'un des apports les plus originaux de l'ouvrage. C'est aussi dans l'essai que prennent naissance et la critique littéraire et la critique d'art comme le rappelle la deuxième section, attachée à des considérations historiques et thématiques en ces domaines. Enfin, la richesse de ce genre ne cesse d'articuler "regard sur la société" et "conscience de soi", sur la lancée du débat lancé par Montaigne à l'origine de son institution générique : aimanté par l'exploration du "nouveau", l'essai se trouve susceptible d'aller aux limites de l'admissible ou de l'expérimentable, en le donnant précisément à penser. La qualité de la problématisation générale, des tableaux et recensions nationales, des études de cas en histoire littéraire, garantit l'apport de ce volume au renouveau actuel des travaux français et étrangers sur ce champ encore trop peu exploré.
Nombre de pages
356
Date de parution
15/02/2018
Poids
498g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753565081
Titre
Le quatrième genre : l'essai
Auteur
Née Patrick
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
498
Date de parution
20180215
Nombre de pages
356,00 €
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Résumé : Le choix du " lieu " pour aborder la pensée poétique d'Yves Bonnefoy n'est pas ici thématique, mais problématique : c'est la principale entrée, nous semble-t-il, dans une réflexion poétique globale qui fonde à son usage de grands enjeux (platonisme, plotinisme), et les réélabore sous la forme de grands mythes, capables de rendre compte de la dialectique partout à l'?uvre de l'Ici et de l'Ailleurs. Nous proposons l'hypothèse suivante, d'un tournant dans l'?uvre, aux alentours de l'écriture de L'Arrière-pays : au mythe suivi de Rome (mythe du " vrai lieu ", mais toujours déporté dans sa quête d'absolu, et en même temps dénoncé comme l'aliénation - ?dipienne - typique, celle qui agit, qui se veut claire : le mythe égyptien, délibérément construit par le poète pour répondre à la nécessité d'arrêter des oscillations, et de fonder la langue et l'existence dans le lieu de l'Ici. Moïse sauvé, c'est alors l'utopie d'un esprit qui, par l'auto-analyse, veut échapper à ses démons et instaurer " l'acte et le lieu " de la parole partagée. Cinq chapitres jalonnent cet itinéraire de pensée. Les quatre premiers témoignent du battement incessant entre les deux termes d'une tension bipolaire : trouver le " centre " - lui échapper (parce que c'est la mort, la plus dangereuse illusion de l'esprit - c'est aussi l'?dipe réalisé) ; d'où ces titres de chapitre I - " Le centre à côté " ; II - " Au carrefour " ; III - " Recentrer " ; IV - " Déception du recentrement ? " Mais c'est le cinquième (" L'Egypte insinuable et la Rome partout ") qui propose la résolution de ces contraires, grâce à la solution " égyptienne ", elle-même dialectique : il suffit que Rome ne soit plus dans Rome, que Rome soit partout, pour que sous le nom de " l'Egypte " (elle-même insituable donc) elle puisse sauver un Moïse qui n'aura plus à s'exiler pour une Terre promise ailleurs. L'essai débouche alors sur une double conclusion ; l'une qui fait aboutir la logique de cette pensée pour laquelle tout lieu, fût-il soumis aux pires menaces qui pèsent aujourd'hui, peut nous être un Nil ; l'autre qui, prenant du recul, réinterroge " l'auto-analyse " ayant abouti à de telles propositions, et pose la question de la part d'Inconscient à l'?uvre dans une telle construction mythique du lieu humain.
Vingt ans après la mort, en pleine gloire, de René Char, l'essai de Patrick Née constitue une renouveau significatif des études charienne : il examine en particulier le dialogue entre la charge de pensée de la poésie de Char, d'une part, et, d'autre part, la pensée proprement philosophique de Nietzsche, Heidegger ou Jean Beaufret. Char était un poète lecteur de philosophie, et ses recueils s'en ressentent. C'est la pensée de Char que Patrick Née analyse. Cet essai permet de mieux comprendre pourquoi Char fut tant apprécié par les philosophes et pourquoi il occupe une place aussi importante parmi les poètes du vingtième siècle.
Sur quoi se fonde la poétique de Philippe Jaccottet ? Quelles sont ses influences philosophiques ? Quelle vision du monde propose-t-elle ? C'est à ces questions que cet essai entend répondre, en restituant les enjeux intellectuels de l'oeuvre de Philippe Jaccottet dans son ensemble, jusqu'ici très peu été explorés par la critique. Les rapports du poète à Platon, à Plotin, au religieux mystérique grec éclairent ses textes et, notamment, son choix de la lumière comme expression même du réel. De même, la conception chrétienne de l'Incarnation, qui dialogue avec l'héritage antique, nourrit la réflexion jaccottetienne : d'où, dans toute son oeuvre, la lutte entre deux types d'incarnation la "païenne" et la chrétienne , et l'attrait pour un syncrétisme contemporain original. Véritable présentation de l'ensemble de l'oeuvre du poète, ce livre constitue une somme d'une ampleur inégalée.
En dix chapitres portant sur la littérature des XIXe et XXe siècles, ce livre entend rendre sensible le caractère structurant de la problématique de l'Ailleurs. Qu'il s'agisse de poèmes ou de proses, les oeuvres ici étudiées entretiennent toutes un rapport à l'Ailleurs qui, lorsqu'on l'examine avec l'attention qu'il mérite, agit à la manière d'un révélateur : il permet de faire entendre un son inouï et éclatant. Par cette lecture, un sens profond se trouve comme libéré. Quelle est cette structure d'Ailleurs, qui s'est constituée depuis le romantisme ? De prospective qu'elle était du Moyen Age au XVIIIe siècle, son sens s'inverse brutalement au XIXe : au moment où la planète achève d'être exploré, l'Ailleurs devient rétrospectif ; ce n'est plus la "curiositas" qui l'anime, mais le fantasme régressif de l'origine perdue. Deux conséquences en découlent : d'une part, la radicale d'évaluation de l'Ici ; et, d'autre part, l'idéalisation d'un Ailleurs compensatoire (avec son inévitable déception) en un triomphe de la mélancolie occidentale. Il appartiendra alors au XXe siècle d'inventer un nouvel équilibre bipolaire entre l'Ailleurs et l'Ici. Le lecteur pourra tester la validité de l'entreprise à la fécondité herméneutique d'une telle démarche, éclairant des oeuvres la plupart du temps célèbres.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.