Le pouvoir, dans sa définition morale et son exercice politique, est le thème commun aux deux pièces d'Iris Murdoch. Dans Les trois flèches, à la cour impériale d'un Japon médiéval, le pouvoir de droit de la famille régnante s'oppose au pouvoir de fait et au pouvoir potentiel de factions partisanes, représentées par deux guerriers, dont l'un est au faîte de la puissance politique, tandis que l'autre est incarcéré dans le palais. C'est sur ce dernier, héros national dont la gloire dérange le jeu conventionnel des intrigues, que se concentre l'intérêt dramatique, car c'est à lui que sont offertes, pour tromper ses ambitions, les tentations de la mystique religieuse, puis de l'amour virginal, c'est-à-dire la séduction de l'impossible renoncement. Dans Les serviteurs et la neige, libéralisme de progrès et autocratie absolue s'affrontent dans un pays de l'ailleurs et de notre temps, où un fils, héritier malgré lui, succombe à la tyrannie des traditions immémoriales que ses serviteurs l'obligent à respecter. L'obstination d'un vouloir stérile triomphe des incertitudes de la bonne volonté quand les sortilèges de l'amour prennent l'apparence du bien public. Les hommes au pouvoir souverain se découvrent d'autant moins maîtres d'eux-mêmes, de leurs motivations et de leurs actes, qu'ils doivent aussi faire face au pouvoir rival de la passion et à toute la puissance de la mort.
Nombre de pages
272
Date de parution
13/02/1984
Poids
280g
Largeur
125mm
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EAN
9782070700301
Titre
Les trois flèches. Suivi de Les serviteurs et la neige
Résumé : Ce livre qui n'est pas un roman policier commence par un meurtre aux relents d'espionnage. L'intrigue se noue autour de l'enquête. Parvenus à un tournant de leur vie, les personnages réunis dans des circonstances tragiques ont l'occasion de faire le point. Ils s'aperçoivent tous plus ou moins consciemment qu'ils sont des " demi-justes " atteints du mal responsable de la souffrance humaine : l'égoïsme. Cependant la vie et l'amour leur offrent de merveilleuses consolations.
Dès la première page nous connaissons le coupable de cette intrigue policière. Quel crime a-t-il commis ? Pourquoi s'inflige-t-il la pénitence de son mode de vie minutieusement programmé ? Hilary Burde se dit "enfant du verbe" parce que son talent pour l'étude des langues l'a sorti de la misère où il était né, sans lui assurer pour autant la brillante carrière à laquelle il se croyait promis. C'est un fonctionnaire entre deux âges, partagé entre de fastidieux travaux dans les bureaux d'une administration londonienne, une soeur plutôt débile à laquelle il voue un attachement jaloux et une maîtresse un peu encombrante. Son passé resurgit sous les traits d'une messagère énigmatique, gracieuse petite Indienne qui passe du duffel-coat de l'agent de liaision au sari de la confidente. Hilary fut l'amant de la première femme de son maître Gunnar et cause de la mort de celle-ci. Et nous allons voir ce scénario se reproduire. Hilary cause la mort de la seconde femme de son ami. Cette comédie psychologique qui fait penser à L'éternel mari, transposé dans le registre coutumier d'Iris Murdoch, se lit comme un roman policier.
Résumé : Un homme à catastrophes est la brebis galeuse d'une grande famille londonienne dont Iris Murdoch nous fait suivre, sur trois générations, les activités mondaines et professionnelles, les moments de crise et les décisions. Au premier plan deux amoureux qui semblent promis au bonheur, mais qui peu à peu s'éloigneront l'un de l'autre. Parallèlement, le conflit des oncles de la jeune fille : celui qui réussit et celui qui est un raté, l'homme à catastrophes qui a choisi le côté des vaincus. Tout finira (presque) bien dans cette comédie humaine où Iris Murdoch nous offre une peinture cruelle de l'incommunicabilité entre les êtres et une satire mordante des hypocrisies familiales et mondaines.
Henry et Caton conte l'histoire de deux fils prodigues. Dénommé tour à tour le voluptueux, le réservé, l'aliéné, l'exclu, Henry revient d'un exil volontaire en Amérique, vers l'héritage imprévu d'une fortune et de sa maison natale, l'un de ces merveilleux châteaux qui, inscrits dans leurs parcs aux arbres magnifiques, aux eaux courantes ou dormantes, marquent le paysage anglais de leur sceau culturel. Pourtant, frère "puîné", il a haï son enfance : toujours moqué par son père et par son frère, il n'a pas trouvé auprès de sa mère Gerda l'amour dont son tempérament passionné avait besoin. Caton, son ami d'enfance, a fui dans la prêtrise, au sens missionnaire, le "confort" d'un destin tout tracé sur la voie de son père, universitaire et humaniste. Caton se débat entre deux passions ambiguës, l'une pour Dieu, qu'il existe ou non, l'autre pour un jeune délinquant, Joe-la-Beauté, qui pourra peut-être trouver grâce à lui le salut. Le père et la soeur de Caton, la jolie Colette, attendent impatiemment d'accueillir le retour à la maison - et à la Raison - de Caton, après ses douteuses escapades. Au château, Henry affronte Gerda, inconsolable de la mort brutale de son fils adoré. Il retrouve les frustrations de son enfance et, pour s'en délivrer, veut faire le salut de Stéphanie, jeune prostituée rencontrée à Londres qu'il veut emmener en Amérique après avoir vendu son domaine. Cependant Joe-la-Beauté a capturé Caton et exige une rançon. Il tente de violer Colette qui lui porte l'argent et Caton le tue. Le roman finit bien, par le mariage de Henry et de Colette qui habiteront la belle demeure. Seul Caton reste traumatisé par le meurtre qu'il a commis.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.