Le livre Chers djihadistes... se présente comme une lettre adressée, après les attaques du 11 septembre 2001 et leurs suites, par le « dernier homme » - au sens nietzschéen, c'est-à-dire l'homme occidental moderne posthistorique - à l'ennemi islamique qui veut sa peau. Il s'agit, en substance, d'expliquer à celui-ci ce qu'est réellement cette civilisation terminale de l'Occident, et pourquoi c'est elle qui, par sa faiblesse même, jointe à une technologie démesurée, triomphera. De ce point de vue, Chers djihadistes... se veut une critique par prétérition de notre monde. D'un autre point de vue, il s'agit de suggérer dans ce livre: 1° Que sous les dehors d'un assaut effrayant, criminel et grandiose contre les positions occidentales les plus avancées, c'est au contraire, et paradoxalement, l'irrésistible processus de démocratisation, d'alignement et de pacification de l'Islam qu'ont engagé, à leur propre insu bien entendu, les plus furieux des terroristes islamiques.2° Que l'Occident, de tout temps, a été fatal à Dieu (celui-ci, toujours né en Orient, est toujours venu se dissoudre dans la négativité occidentale); et que l'Internationale benladéniste, cette Djihad Company qui se veut universellement conquérante, n'est peut-être que le moyen choisi par le dernier dieu encore virulent de l'histoire des religions pour réussir son suicide. En d'autres termes, Chers djihadistes... est une analyse globale et limpide de la situation née des attaques contre le World Trade Center et Washington. Bien entendu, cette analyse est menée de façon vivante, à travers des exemples concrets, et non, comme ici, de manière théorique. Philippe Muray entend donc nous poster une lettre ouverte, forcément réjouissante, qui promet de répandre ses pensées « anthracites », irrésistibles d'intelligence et d'humour. Il nous avait laissé après l'Histoire. Avec ses « chers djihadistes », il nous propulse avant l'Histoire, chez les benladénistes, et nous annonce la « bonne nouvelle » dela victoire prochaine du post-historique! Optimisme échevelé? Philippe Muray ne nous avait pourtant pas habitué à célébrer la créature de la société posthistorique, qu'il a baptisée Homo festivus, et qu'il aime tant observer. Il ne semble donc délaisser que momentanément cet homme nouveau, débarrassé des tâches et travaux qui lui incombaient dans la société historique, à qui on destine un horizon radieux, et toujours plus vaste, de loisirs, de tourisme et de fêtes collectives. Baignant dans un univers de sensations familières et rassurantes, balloté dans l'hébétude infantilisante et régressive, il s'est enfoncé dans le pire totalitarisme, que lui a préparé la société marchande, persuadé que son mode de vie ne manquera pas de gagner le village planétaire, puisque l'Empire du Bien y veille... Il y a fort à parier que son djihadiste soit la figure ennemie, et contrariante, de l'Homo festivus.
La situation est grave ! Alec vient d'être sanctionné : pendant plusieurs jours, il ne pourra pas monter Black, son étalon. Et pourtant approche une des courses les plus importantes de la saison. Qui va pouvoir remplacer le jeune jockey ? Black n'est pas un cheval comme les autres ! Il lui faut un cavalier hors du commun. Et si, à la surprise de tous, ce cavalier était... une cavalière ?
« La première grande Parade de la Fierté Adultère, Adultère et Adultère, qui s'est déroulée cette semaine à travers Paris en même temps que dans sept cent soixante-sept autres villes de France, a été un succès. Musicale, colorée, bon enfant, cette manifestation a rassemblé dans la capitale près de cinq cent deux mille personnes en un cortège compact de huit kilomètres trente, des abords de la gare Montparnasse à la place de la Bastille où devait être organisé un concert de clôture. Encore faudrait-il y ajouter deux rassemblements dissidents, de moindre importance mais qu'on ne saurait considérer comme négligeables, qui ont eu lieu le même jour : celui de la Marche de la Fierté volage, des Invalides à la place de Clichy, et celui de la Tromperie Pride de Nation à Stalingrad. » Recueil posthume de Philippe Muray, Roues carrées contient trois textes littéraires qui constituent trois « charges » éminemment drôles contre certaines manifestations de la « modernité ».
Nietzsche Friedrich ; Albert Henri ; Le Bos Antoin
Résumé : "Je viens des hauteurs que nul oiseau n'a jamais atteintes" . Génie ou folie ? Ecce Homo est l'autobiographie philosophique de Nietzsche, son dernier ouvrage avant qu'il ne sombre dans la démence. Il y défend, avec une verve exceptionnelle, l'originalité de son oeuvre et se construit sa propre légende. Traduit de l'allemand par Henri Albert
Né vers le milieu du Ier siècle après J.-C., fils d'esclave et esclave lui-même, Epictète avait toutes les dispositions nécessaires a l'application, dans sa propre vie, de ce condensé de morale stoïcienne. Dans un monde aveugle, les enseignements de ce manuel de lucidité nous rappellent que "en un mot, le seul ennemi qu'on ait à redouter, c'est soi-même".
Même un paysage tranquille, même une prairie avec des vols de corbeaux, des moissons et des feux d'herbe, même une route où passent des voitures, des paysans, des couples, même un village pour des vacances, avec une foire et un clocher, peuvent conduire tout simplement à un camp de concentration". Ce récit constitue la trame de Nuit et Brouillard, réalisé en 1955 par Alain Resnais. Avec précision et poésie, l'écrivain raconte la réalité concentrationnaire au quotidien, période où furent anéantis des millions d'êtres humains. Avant-propos par Michel Pateau et postface par Sylvie Lindeperg.
Résumé : Et si la domination ne provenait pas tant du tyran que de l'individu soumis ? Cette intuition subversive et fulgurante fonde le Discoursde la servitude volontaire. Dans cette leçon politique, éthique et morale intemporelle, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, contre l'armature même du pouvoir : "Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres". Traduit en français moderne par Séverine Auffret
Souvent condamnés avant tout procès par les effets conjugués de l'émotion collective et de l'extrême médiatisation, les suspects de terrorisme incarnent aujourd'hui la figure du mal. Défendre ces "ennemis publics" tient lieu de défi impossible. Vincent Brengarth s'est livré à cet exercice périlleux. Déshumanisation du lieu d'audience, prises de parole aseptisées, déroulé parfois arbitraire des journées, opinion publique acquise à la thèse de la culpabilité, tensions et crispations entre confrères, solitude des bancs de la défense - il livre le récit des huit semaines du procès en appel de l'attentat de Nice, au terme desquelles demeure une interrogation : dans ces procès où il est fait peu de cas de la parole de l'accusé, l'enjeu d'un avocat de la " terreur " est-il de défendre une cause individuelle ou les principes d'un Etat de droit qui vacille devant la menace terroriste ? Une plongée immersive dans l'envers du décor, au plus près d'un procès de justice antiterroriste.
Plus de deux décennies après les attentats du 11 septembre 2001, le terme jihad est entré dans le langage commun, mais généralement de façon caricaturale. Dévoyé de son sens premier, son usage s'est banalisé au gré des attaques terroristes, renvoyant dans l'imaginaire collectif aux combattants musulmans ultra-violents venus anéantir nos sociétés. Une vision portée par les jihadistes eux-mêmes, qui voient dans leur combat un véritable pilier religieux et une réaffirmation identitaire absolue. Cette polarisation des perceptions a conduit à d'intenses polémiques dans la sphère publique, entre pourfendeurs d'une islamophobie présumée et critiques acerbes de l'islam, toutes très éloignées des faits comme des sources, et brouillant une juste compréhension des bouleversements ayant pris place ces dernières décennies. Quelle signification accorder au jihad selon les époques ? Quels rapports entre jihad et jihadisme ? Pourquoi continuer d'évoquer le jihad alors que la violence qui s'en réclame a nettement décru ? Cet ouvrage creuse ces questions pour déconstruire bien des stéréotypes encore véhiculés sur le sujet et donner à voir la métamorphose d'une menace, pour proposer une perspective distanciée, critique et donc plus apaisée sur un objet d'étude sensible et complexe.
Le jihadisme est-il vraiment né en Afghanistan lors de la guerre contre les Soviétiques ? Comment fonctionnent les réseaux terroristes islamistes et en quoi sont-ils différents des précédents groupes qui nous ont frappés ? Quels sont les choix stratégiques des pays occidentaux contre le phénomène, et leurs limites ? Et tuez-les partout où vous les trouverez retrace l'histoire de la lutte contre le jihadisme, de sa découverte aux adaptations progressives des forces de sécurité françaises depuis le point de vue inédit d'un ex-cadre de la DGSE. A travers un essai riche et documenté, il explore les différents défis rencontrés ainsi que la manière dont la France a structuré sa réponse face à cette menace.
Résumé : Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume. A l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre "Vous n'aurez pas ma haine", publiée sur Facebook quelques jours après les attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.