Johannes Peter Müller (1801-1858) est un des premiers fondateurs de la physiologie allemande. Détenteur de la chaire d'anatomie et de physiologie de l'Université de Berlin, il a été le maître d'un grand nombre de physiologistes. Il est l'auteur du Handbuch der Physiologie (Manuel de physiologie) que l'on n'a pas hésité à considérer comme le sommet de la physiologie allemande et mondiale. Sa pensée était radicalement scientifique et objective, expérimentale (il est le fondateur de la physiologie expérimentale). Pourtant, il publie en 1826 un ouvrage étonnant, Les Manifestations visuelles fantastiques. Il a publié peu avant la Physiologie comparative du sens visuel de l'homme et des animaux. Les deux ouvrages diffèrent du tout au tout. L'ouvrage sur les manifestations fantastiques explore "l'inverse" de la vision physiologique (c'est-à-dire de l'image suscitée via l'oeil par des objets) : l'image suscitée par la Sehsinnsubstanz (substance du sens visuel, oeil, nerf optique et encéphale compris) sans objet. Sous une apparence d'absurdité que d'aucuns qualifieront d'"hallucination" (perception sans objet), il ouvre ainsi à cette vérité ineffable que le voir dans sa modalité propre et spontanée est créateur de mondes.
Nombre de pages
120
Date de parution
21/05/2013
Poids
160g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343003399
Titre
Des manifestations visuelles fantastiques
Auteur
Müller Johannes Peter ; Géraud Marc
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
160
Date de parution
20130521
Nombre de pages
120,00 €
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Fabian Johannes ; Henry-Bossonney Estelle ; Müller
L'anthropologie est née de la rencontre avec "les autres", progressivement institutionnalisée en enquête de terrain. Pourtant, ces moments de vie et de dialogue partagés par l'ethnologue et ses interlocuteurs, ce que Fabian appelle la "co-temporalité", disparaissent ensuite des écrits anthropologiques. Ce discours "allochronique", déniant tout échange, expulsant l'Autre dans un autre temps, en fait facilement un primitif, un sauvage ou un homme premier. Dans ce livre majeur, Johannes Fabian dénonce et explore les tenants et les aboutissants de ce scandale épistémologique dont les effets sont autant théoriques que politiques. Car les multiples stratégies d'évitement du Temps trahissent une volonté de domination par laquelle l'anthropologue entend avoir toujours le dernier mot. Les conventions d'écriture et d'observation, les étiquetages et les classements participent au fond de ce refus de dialogue avec cet autre, "objet" né de l'exploitation idéologique de la temporalité. Le Temps et les autres, paru en anglais en 1983, véritable archéologie politique du savoir anthropologique, interroge la discipline dans ses fondements historiques, philosophiques et pratiques, et reformule avec vigueur les questions essentielles de la construction de l'altérité. Demeuré quasiment inconnu en France, ce livre a contribué partout ailleurs au renouveau de la pensée et des usages de l'anthropologie comme de l'ensemble des sciences humaines et sociales.