Au bord du lac Majeur, dans le Tessin suisse, à Ascona, un lieu Monte Verità ; y vivaient des personnes aisées et anticonformistes du début du siècle dernier. En fait, Monte Verità était devenu un sanatorium d'un type nouveau. Une idée planait au-dessus d'Ascona, l'anarchisme communautaire. Bakounine, malade, avait quitté Locarno pour Lugano, avant de mourir à Berne, le 3 juillet 1876, chez son ami et docteur Adolphe Vogt. James Guillaume de la fédération jurassienne avait balisé dans Idées le communisme anti-autoritaire. Dans les années 1904-1905, Monte Verità voit arriver Raphael Friedeberg, puis d'autres anarchistes comme Fritz Brupbacher, Gustav Landauer, Max Nettlau, Erich Mühsam évidemment, le psychanalyste Otto Gross et bien d'autres... Par sa plume alerte et critique Erich Mühsam raconte un bout de l'histoire d'Ascona et le petit monde qui y vit... Erich Mühsam projetait d'établir à Monte Verità un lieu où pourraient se réfugier les proscrits et les révolutionnaires fuyant la répression... La guerre de 1914-1918, la révolution en Allemagne en 1919, la prison, la montée du nazisme, sa mort en 1934 laissèrent ce projet inachevé. Les traductrices Elke Albrecht et Suzanne Faisan ont ajouté d'autres textes et comme le souligne dans sa présentation Roland Lewin, nous font découvrir les multiples talents d'Erich Mühsam, poète, journaliste et écrivain anarchiste.
Nombre de pages
97
Date de parution
25/02/2002
Poids
200g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782903383701
Titre
Ascona
Auteur
Mühsam Erich
Editeur
DIGITALE
Largeur
145
Poids
200
Date de parution
20020225
Nombre de pages
97,00 €
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Né le 6 avril 1878 à Berlin, pendu le 10 juillet 1934 par des SS au camp de concentration d'Oranienburg, le poète anarchiste Erich Mühsam a défendu sa vie durant le principe d'une société libérée des deux fardeaux pesant sur les épaules de l'humanité : l'État et le capital. Opposant lucide et irréductible à toute forme de nationalisme, il fut, au même titre que G Landauer ou encore B Traven, l'un des acteurs majeurs de la révolution bavaroise des conseils (1919), une révolution balayée par la social-démocratie allemande. Véritables "confessions d'un anarchiste", ces journaux intimes constituent un témoignage irremplaçable sur la vie de la bohème avant 1914 - Mühsam fut une figure du Schwabing, le Montmartre bavarois où il côtoyait le cabaretier Roda Roda et Franz Wedekind, la grande voix théâtrale de l'expressionnisme allemand -, et sur les conditions d'existence des révolutionnaires emprisonnés durant les premières années de la république de Weimar - il fut libéré en décembre 1924, à l'occasion d'une amnistie destinée à sortir Adolf Hitler de prison où il séjournait depuis son putsch raté de 1923.
Après la chute du mur de Berlin, et l'implosion du « socialisme réel », les maîtres du capitalisme pensaient que la fin de l'Histoire était arrivée. Il fallait comprendre : la disparition du social. Malgré le triomphe, pour le moment, du libéralisme économique sur la planète, çà et là, il y a encore des grèves de masse. Alain Guillerm dans sa présentation, essaie de nous expliquer la complexité de ces mouvements sociaux qui veulent une autre vie sociale et politique et qui bien souvent se retrouvent floués. Après la fête, le retour à la normale se fait à coups de concertation et de consensus de la part d'organisations syndicales qui « normalement » depuis leurs origines doivent défendre « l'intérêt ». Le réformisme syndical, s'interposant comme temporisateur, entre le salariat et « l'économie libérale », existe depuis le début du siècle. Les écrits de Rosa Luxemburg, avant qu'elle ne soit assassinée le 15 janvier 1919 à Berlin par les troupes d'assaut aux ordres d'un gouvernement social-démocrate, avaient apporté quelques éléments de réponses théoriques. Les temps ont changé mais la contradiction fondamentale entre le « marché mondial » et le travail reste inchangée et la voie est étroite pour les grèves de masse entre capitulation et conquête de lendemains qui chanteront?Nombreuses photos.Conception graphique ALP