Le XIXe siècle a été l'époque des grandes réussites individuelles. Mais pour durer et s'enrichir à travers quatre régimes différents, entrecoupés de deux révolutions et d'un coup d'Etat, encore fallait-il avoir la tête et les reins solides. L'ascension de James de Rothschild en est l'illustration la plus éclatante. Etranger à double titre, puisque Juif et Allemand, James débarque à Paris en 1811 et se retrouve dès 1830, millions amassés, grand-croix de la Légion d'honneur, somptueux propriétaire de châteaux à la campagne et d'hôtels à Paris, repris à Fouché ou à Talleyrand. Paris s'offre à lui, mais James ne cherche pas à s'amalgamer à ce nouveau monde. Il refuse de se naturaliser. La conversion lui fait horreur. L'assimilation, c'est bon pour les autres. Lui demeure orgueilleusement lui-même et sa politique matrimoniale contribuera à renforcer la puissance et la richesse de son clan. Il épouse sa nièce. Quatre de ses cinq enfants épousent aussi des Rothschild. Personnage impossible à classer, à la fois incarnation de la famille et du cosmopolitisme, protecteur lointain de sa communauté et bouc émissaire de l'antisémitisme, symbole indiscutable de la nouvelle opulence, James fait rêver les romanciers de son temps. Le père de Lucien Leuwen de Stendhal, le Nucingen de Balzac, le Gundermann de Zola ont tous des traits empruntés à James. Anka Muhlstein, qui dans Victoria avait dévoilé un personnage de reine inattendu, s'est appuyée sur une correspondance et des documents inédits pour tracer le portrait d'un homme qui sut passer de l'univers simple et archaïque du ghetto de Francfort à la société la plus complexe et raffinée de son temps.
Nombre de pages
252
Date de parution
22/10/1981
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070261208
Titre
James de Rothschild. 1792-1868
Auteur
Muhlstein Anka
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19811022
Nombre de pages
252,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La reine Victoria a inventé la monarchie moderne. Avant elle, c'est le XVIII? siècle avec ses princes légers et libertins ; après elle règneront les rois bourgeois aux vertus tranquilles et au pouvoir invisible. Entr les deux, le plus long règne de l'histoire d'Angleterre : soixante-quatre années (1837-1901) pendant lesquelles une jeune fille gaie, impulsive, insouciante se mue en une digne vieille dame dont la sévérité deviendra légendaire. Pourquoi cette image pétrifiée ? Victoria n'a jamais masqué des élans contradictoires. Toute sa vie, elle s'est analysée sans la moindre complaisance. Anka Muhlstein, qui, dans La Femme Soleil, avait mis en lumière, à travers l'inépuisable Saint-Simon, le rôle politique et social des femmes à la cour de Louis XIV, s'est appuyée sur le Journal et la correspondance familiale de la reine Victoria (inédits en France) pour dévoiler un personnage inattendu : une Victoria franche et vigoureuse, à la fois raisonnable et obstinée, souvent attendrissante, jamais rétrograde, jamais prude, jamais hypocrite, jamais victorienne.
Élisabeth règne sur l'Angleterre, Marie Stuart sur l'Écosse. Elles sont cousines, mais tout les divise : leur religion - l'une est protestante, l'autre catholique -, leur passé, leurs ambitions, leurs conceptions politiques... et leur vie sentimentale. Elles sont pourtant confrontées au même problème : se marier pour assurer la survie de leur dynastie en donnant naissance à un héritier. Elisabeth, femme de pouvoir, choisit de ne pas s'encombrer d'un époux ; elle surmonte ses désirs amoureux, au risque d'une succession difficile. Marie Stuart, elle, cède à la passion et se marie trois fois. Sa vie constitue l'un des romans les plus sombres de l'Histoire, marqué par l'amour, la haine, un crime, des noces précipitées avec l'assassin du père de son enfant, une fuite éperdue en Angleterre et un dénouement tragique au terme de longues années de captivité. A propos de ces deux figures exceptionnelles, aux destins opposés et pourtant inextricablement liés, la biographe et historienne Anka Muhlstein poursuit la réflexion abordée avec Reines éphémères, mères perpétuelles, analysant de manière passionnante les relations des femmes au pouvoir, écartelées et sommées de choisir entre l'amour et le devoir.
Depuis que les Hollandais s'installèrent au XVIIe siècle sur l'île de Manhattan, New York n'en a jamais fini de se bâtir, de se défaire et de renaître. Comme tout le monde, j'ai été fascinée par cette effervescence perpétuelle. Mais comment écrire l'histoire de ce qui ne dure pas ? De ce qui ne vit que dans la métamorphose ? Je me suis avancée dans ce fougueux désordre en essayant de comprendre la magie d'un lieu qui a su faire vivre ensemble des paysans irlandais et des siciliens, des juifs échappés de leurs ghettos et des savants persécutés, d'anciens esclaves et des hommes hantés par le goût de la liberté. Très vite, je me suis trouvée en face d'un délire de pierre et d'acier où la rigueur géométrique des formes n'était que le masque d'une joyeuse confusion. Très vite, j'ai vu que la loi de Manhattan, c'est l'éphémère, le discordant, c'est le sublime et la laideur devenus complices, c'est le brassage des langues et des races que tente une humanité lancée à la poursuite de son salut.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.