La revue pour l'intelligence du monde N° 94, juillet-août 2021 : Le monde selon Béchir Ben Yahmed
Moussa Tarek ; Mataillet Dominique
IDM LA REVUE
12,50 €
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EAN :3663322115301
Pour parodier une citation célèbre - et tronquée -, Béchir Ben Yahmed avaittendance à penser que le xxe siècle "serait asiatique ou ne serait pas" . Africain aussi, sans doute, ne serait-ce que par le poids de la démographie. Déjà, au début de la décennie 2010, la Chine talonnait les EtatsUnis sur le plan économique et BBY se passionnait pour les subtilités des statistiques, détaillant la notion de "PIB en parité de pouvoir d'achat" qui permettait de mesurer la progression du premier des pays émergents. Ou plutôt "réémergents" , comme il aimait à le souligner, rappelant que si la Chine ou l'Inde étaient, au xxe siècle, des nations pauvres, il n'en avait pas toujours été ainsi. Cette vision de très long terme, ces mises en perspective historiques l'amenaient souvent à afficher son mépris pour les petits événements qui rythmaient l'actualité et occupaient la une des médias du monde entier. (...)
Nombre de pages
162
Date de parution
22/06/2021
Poids
265g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
3663322115301
Titre
La revue pour l'intelligence du monde N° 94, juillet-août 2021 : Le monde selon Béchir Ben Yahmed
Auteur
Moussa Tarek ; Mataillet Dominique
Editeur
IDM LA REVUE
Largeur
170
Poids
265
Date de parution
20210622
Nombre de pages
162,00 €
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C'est une turpitude pour Aboulbanat le polygame, qui ne sait pas s'il s'en prend à ses coépouses ou à lui, pour le fait qu'elles n'arrivent pas à lui procréer un garçon. Inquiétées par son ultime plan d'épouser une quatrième femme, les deux dernières coépouses ne se fatiguent pas d'ourdir des complots. Dr Fokou, c'est aussi un autre polygame étranger en récession, menacé par ses femmes. En revanche, ce n'est pas indigne pour Bineyo qui veut vivre au top. C'est plutôt honteux pour un Etat, qui a failli à sa mission en matière de santé publique et qui voit apparaître un célèbre guérisseur exorciste que la communauté prend pour un messie noir. C'est une déchéance pour Abdel qui apprend sa bâtardise la veille du partage d'héritage.
L'image de l'Inspecteur Général est celle d'un personnage impénétrable qui viole soudainement l'intimité de la leçon, à la grande terreur du professeur, et va s'installer au fond de la classe. Pour une fois, ce personnage secret parle. Dans des collèges chics ou des lycées défavorisés, au sein de classes rebelles ou attentives, il a observé des professeurs compétents ou débordés, chahutés ou respectés, respectueux des élèves ou hautains. Parce que les rapports ne peuvent pas tout dire, l'auteur a voulu témoigner de la réalité humaine de son métier, et à travers celui-ci la réalité humaine de l'enseignement. Son récit alterne des anecdotes graves, inattendues ou savoureuses et des réflexions sur le système scolaire touchant à de multiples domaines : pédagogie. didactique, programma, relations enseignants-élèves, sociologie de la motivation, évolution de l'enseignement des mathématiques, sujets d'examens, difficultés du métier d'enseignant, etc. L'auteur a voulu éviter deux écueils : la complaisance et la provocation. Il témoigne constamment de sort attachement au système éducatif et à l'école publique.
Au sein de cet ouvrage, nul rire d'enfants jouant dans la cour de récréation, nuls moments conviviaux entre enseignants lors des rendez-vous pédagogiques. C'est bien plutôt la dureté et l'étrangeté des rapports entre les différents acteurs du système éducatif qui s'exprime à travers un seul et même leitmotiv, le mépris. Si chacun des textes le met en scène sous un jour différent, dramatique ou ironique, grave ou malicieux, l'ensemble évoque un monde inhospitalier, bien éloigné de sa fonction théorique de lien et d'intégration sociale. On ne trouvera pas davantage ici de représentation d'un monde idéal de l'éducation, par exemple à travers la mise en avant de réformes miraculeuses autant que fictives. Le pessimisme du propos n'a pour lui répondre que l'empathie évidente de l'auteur envers les acteurs malheureux de ces histoires tristement réalistes.
Cet ouvrage analyse le devenir d'un "imaginaire raciologique", c'est-à-dire des représentations fondées sur l'idée de l'existence de "races" humaines - ces représentations qui se sont développées, dans le cadre d'une anthropologie classificatoire, au cours du XIXe siècle, selon une pensée de type polygéniste, avec les implications racistes qu'elle a pu véhiculer ou légitimer. Cet imaginaire raciologique n'est pas sans contradiction : il postule parfois aussi bien une fixité des "races" qu'une peur qu'elles ne se mélangent. Mais dans un cas comme dans l'autre s'établissent des hiérarchies, mises au service de différents discours de domination et d'exclusion. La spécificité de l'approche comparatiste développée ici consiste à s'interroger sur la diffusion, en France, de ces discours raciologiques, mais aussi sur leurs réinterprétations (souvent mises au service d'un discours nationaliste), au XXe siècle, dans l'espace soviétique et russe, que ce soit dans la littérature ou dans des corpus de type anthropologique, sociologique, politique ou philosophique.
Les lecteurs de La Revue sont fidèles à leur bimestriel, qui paraît donc six fois par an, depuis quatorze ans. Ils nous ont demandé avec insistance que La Revue leur donne à lire, dans chaque numéro, l'essentiel d'un livre. C'est ce que nous sommes heureux de leur offrir : ce n°91 est en réalité une revue et un livre. Nous avons choisi de publier en fin de numéro un condensé du dernier overage de Henry Kissinger dans lequel le célébrissime diplomate américain (d'origine allemande) raconte pour la première fois comment lui et le président Richard Nixon ont noué la relation avec Chou En-Lai et Mao Zedongen 1972. Ils ont jeté les bases d'un partenariat qui a révolutionné les relations internationales depuis un demi-siècle et changé l'équilibre du monde. Lisez ce Kissinger on Kissinger, livre- testament d'un homme de 97 ans qui a tenu, avant de nous quitter, à raconter pour la première fois comment il a pu faire de cet empire du Milieu qu'est la Chine le partenaire numéro un des Etats-Unis d'Amérique.
Dans ce N° 92 de La Revue, nous vous donnons à lire, condensé par Olivier Marbot, Agent Sonya (de Ben Macintyre). Sonya est une juive allemande, fervente communiste qui est devenue une redoutable espionne, peut-être la plus efficace au service de l'URSS. La vie de cette épouse et mère de deux enfants est une aventure haletante que vous lirez, pensons-nous, avec le même plaisir que nous avons trouvé à lire le livre de Ben Macintyre. Dans les années 1930 et 1940, l'un des meilleurs et des plus audacieux agents des services de renseignement soviétiques était une femme, née dans une famille de la bourgeoisie juive allemande et communiste fervente. De l'Allemagne à la Chine, en passant par la Pologne, la Suisse, le Royaume-Uni et la RDA, le parcours d'Ursula Kuczynski, l'agent Sonya, épouse les soubresauts d'un monde dangereux et brutal. Contrairement à Richard Sorge, qui fut son chef et amant, la jeune femme ne se contenta pas d'une vie d'aventurière, mais fut aussi une épouse et une mère