Qu'est-ce qui pousse un voyageur débarquant en badaud à Moscou, vitrine du régime, après deux séjours en U.R.S.S. , distants de vingt ans, inégalement courts, mais également superficiels, à chercher à l'intérieur ce qu'il n'a pas vu dans la devanture ? Qu'est-ce qui pousse un banal promeneur qui n'a rien ouvert d'autre que l'oeil, et quelques livres, à ajouter quelques images et quelques centaines de lignes aux centaines de milliers déjà publiées sur le Pays des Soviets ? C'est le choc d'une rencontre avec Marceau, un ouvrier français vivant au milieu du peuple russe depuis un grand nombre d'années. C'est à travers les rapports des congrès et les discours, la découverte du langage de l'imposture et du mensonge, dont on ne connaît habituellement que la version expurgée par l'agence Tass. C'est l'étonnement de voir les Occidentaux adopter brusquement depuis la fin de l'année 1979, après un demi-siècle d'enchantement et de révérence, les gestes de l'archange Michel découvrant le dragon, comme si le mensonge et l'imposture, à l'Est ou à l'Ouest, au Nord ou au Sud, dataient de l'entrée des chars soviétiques à Kaboul. C'est le sentiment de la dérision.
Nombre de pages
190
Date de parution
04/06/1980
Poids
220g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070219377
Titre
UBURSS
Auteur
Moulin Gérard
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
220
Date de parution
19800604
Nombre de pages
190,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Moulin Isabelle ; Sers Philippe ; Hermann Brigitte
Cet ouvrage, dans le prolongement de l'exposition et du colloque qui l'accompagne, permet de cerner au plus près une intuition forte de Kandinsky : la synthèse des arts. Le peintre pressent en effet une union organique entre ces trois arts majeurs que sont la peinture, la poésie et la musique. Son album Résonances (Klänge), réalisé en 1913, et dont le présent livre reproduit les gravures originales ou les fac-similés, en fait la puissante démonstration : Kandinsky y met ses poèmes, qu'ils expriment les tréfonds de sa vie intérieure ou les réalités du monde extérieur, en relation avec son inspiration picturale, nourrie pour une bonne part, à cette époque, de thèmes bibliques et apocalyptiques. Manier la plume ou le pinceau sont les tenants d'une seule et même quête spirituelle. Poèmes et tableaux se répondent dans ces pages où il y a autant à lire qu'à regarder. Les contributions collectées soulignent, dans leurs approches respectives, combien Kandinsky inlassablement poursuit ses recherches vers l'abstraction. Dans le contexte très chahuté au début des années 1910, l'art paraît une réponse, une voie possible face au drame de la condition humaine.
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
Plongez dans les pages du Dictionnaire inattendu de l'Ardèche et laissez-vous emporter par le courant d'une terre aussi sauvage qu'enchanteresse. Cet ouvrage est une ode à l'Ardèche, à ses habitants et à ses mystères, une invitation à redécouvrir une région à travers le prisme d'un enfant du pays, amoureux de ses racines et observateur averti de ses évolutions. À la fois guide intime et recueil de curiosités, ce dictionnaire pas comme les autres tisse un lien entre le lecteur et cette contrée d'exception. Chaque page est une promesse de découverte, chaque anecdote, un écho de la vie ardéchoise. Pour les esprits curieux et les âmes voyageuses, ce livre est un billet pour un périple au coeur d'une Ardèche insoupçonnée, où le silence habitué résonne d'histoires et de légendes. Cette lecture enrichissante vous fera voir l'Ardèche sous un jour nouveau, entre émerveillement et réflexion. René Moulin, juriste de formation, a mené une carrière plurielle : directeur général d'un groupe, enseignant, photographe et maire. Il a écrit deux ouvrages pendant le confinement, dont ce dictionnaire, empreint de fidélité et de passion envers ses racines ardéchoises.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.