En pleine guerre d'Espagne, un homme s'avance devant le peloton d'exécution. Un autre, au fond de son lit, tente de rassembler ses souvenirs, la tête pleine du sourire de Marie. Une femme court à la recherche de son histoire sous le jour cuisant de Jérusalem. Une autre rentre chez elle pour découvrir le palais de son enfance rétréci comme une peau de chagrin. Où commence le songe, où s'arrête le souvenir ? De quelle part de mémoire et de quelle part d'oubli sommes-nous construits ? A quel point est-on responsable de ses souvenirs, à quel point avons-nous le droit d'oublier ? Huit nouvelles où se mêlent la grande Histoire, l'actualité la plus brûlante comme des contes rêveurs, afin que chacun y trouve son bonheur, reconnaisse ses peurs et ses émois, s'y sente chez soi.
Nicolas Montigneaux, ingénieur et M.B.A. (E.M. Lyon/ESADE Barcelone) a travaillé plus de 12 ans au sein des directions marketing d'entreprises internationales et sur des marchés pour enfants. Il a créé et dirige Kidekom, agence spécialisée dans la création et l'utilisation des personnages imaginaires, et conseille de grandes entreprises dans la gestion de leurs marques.
Léonor aime Dan depuis quarante ans, et Nils depuis quinze jours. Dan, c'est le rêve américain de ses dix-huit ans qu'elle a quitté trop vite et qu'elle retrouve parfois à la sauvette, dans un hôtel new-yorkais décati, toujours le même. La dernière fois qu'ils se sont vus, c'était il y a huit ans. La prochaine, c'est dans quelques jours. Mauvais timing. Nils a une tête éperdument sympathique et un corps si palpable qu'il serait capable de transformer Dan en abstraction. Mais cette histoire d'amour toute fraîche pourrait tout aussi bien ne pas résister face à une telle longévité. Si Léonor replonge tête baissée dans les bouillonnements de l'existence, sa mère, elle, pense avoir tout résolu. Ce qui l'occupe désormais, c'est d'en finir proprement. Et vite. Et si possible en beauté, dans un hôtel de luxe avec vue sur la mer. Et avec ses filles pour l'aider. Mais comment fait-on ça ...
Après le remarqué Ariane, Myriam Leroy nous revient en force avec ce récit âpre et glaçant, servi par un humour noir détonant. Ce roman, bien ancré dans l’ère des réseaux sociaux , dénonce – après d’apparents débuts de drague banale - un harcèlement virtuel inexorable, d’une ampleur démesurée et d’une dimension suffocante. Elle montre de façon limpide la virulence de l’attaque, son caractère sexiste, encore amplifiés par son caractère impalpable. L’on sent viscéralement dans Les yeux rouges l’impuissance et la frustration de ne pas être prise au sérieux, qui peuvent mener à la folie. Le style percutant et affûté de l’auteure, très personnel, fait ressentir au plus près le tragique de la situation. Salutaire.