Le lecteur collaboratif dans l'Antiquité tardive. La construction réciproque du texte et du lecteur
Morlet Sébastien ; Paris Antoine
CERF
34,00 €
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EAN :9782204165709
L'Antiquité tardive est souvent considérée comme une période d'émergence de l'intériorité ou de nouveaux rapports à l'intériorité. En témoignent de nouvelles formes d'expériences religieuses, mais aussi le développement de l'écriture autobiographique et celui des « techniques de soi », étudiées jadis par Michel Foucault. C'est aussi à cette époque charnière dans la constitution du sujet moderne que le lecteur prend, dans les textes, une place particulière. De l'injonction « Que le lecteur comprenne ! » des évangiles (Mc 13, 14 ; Mt 24, 15) aux homélies de Jean Chrysostome, dans les textes théologiques ou exégétiques, de la polémique religieuse à la littérature spirituelle, le lecteur est constamment invoqué, non seulement comme un destinataire, mais aussi comme une instance de coopération fondamentale dans la production du texte, voire comme l'objet ultime de ce dernier. Les études rassemblées dans ce volume abordent ces questions en partant d'un des premiers textes littéraires grecs (les Travaux et les Jours d'Hésiode) et de l'oeuvre de l'auteur juif Philon d'Alexandrie (Ier siècle de notre ère), pour se concentrer sur les derniers siècles de l'Antiquité, à travers un corpus large qui embrasse les textes grecs, latins, coptes et syriaques. Il montre de quelle façon ces textes, aux sujets souvent religieux, ont contribué à écrire une page essentielle dans l'histoire de la lecture et de la production des textes, au-delà de leurs seuls enjeux doctrinaux. Sébastien Morlet est professeur de langue et littérature grecques à Sorbonne Université. Antoine Paris est docteur en langue et littérature grecques (Sorbonne Université - Université de Montréal, Québec). Ils sont tous deux spécialistes des textes chrétiens de l'Antiquité.
Date de parution
24/10/2024
Poids
525g
Largeur
152mm
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EAN
9782204165709
Titre
Le lecteur collaboratif dans l'Antiquité tardive. La construction réciproque du texte et du lecteur
Auteur
Morlet Sébastien ; Paris Antoine
Editeur
CERF
Largeur
152
Poids
525
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20241024
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Le christianisme a-t-il été une menace pour la culture gréco-romaine ? Audelà de ce questionnement, ce livre engage une réflexion sur le rapport du christianisme naissant avec l'idée même de culture, telle qu'elle existait avant le christianisme et telle qu'elle s'est modifiée par la suite. En passant en revue chacune des disciplines du septénaire constituant les arts libéraux, c'est-à-dire le socle culturel de tout lettré que les Grecs nomment egkuklios paidéia (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie), ce livre montre que, si la culture grecque suscite des oppositions R elle apparaît souvent comme l'expression du polythéisme ou des prétentions des Grecs à atteindre le savoir sans Dieu -, elle peut aussi être défendue par les chrétiens en tant qu'elle forme l'esprit et le rend capable de comprendre les données de la foi. Les auteurs patristiques reprennent ainsi à leur compte une conception ancillaire de la culture qui avait déjà cours dans certains courants philosophiques grecs, mais qui suppose un tri : la culture peut servir d'introduction à la foi, à condition qu'on n'en prenne que ce qui est bon. Mais au-delà de cette réflexion qui vise à déterminer ce qui, de la culture, doit être sauvé ou rejeté, les auteurs chrétiens tendent à présenter la doctrine chrétienne comme une culture à part entière, et dissocient pour la première fois dans l'histoire la notion de culture de celle d'hellénisme. Paradoxalement peut-être, ils donnent ainsi corps à une idée de culture globale dont christianisme et hellénisme n'apparaissent en définitive que comme deux composantes possibles. La réflexion des auteurs chrétiens aboutit donc à la fois à une relativisation du concept de culture R passage de la culture, forcément grecque, aux cultures, la grecque et les barbares R et à son extension R passage de telle ou telle culture à la culture en général : devient " culture " tout ce qui contribue à nourrir l'esprit, qu'il soit grec ou non. Le christianisme, à l'issue de cette étude, n'apparaît plus tant comme un obstacle à la transmission de l'idéal grec et romain de culture que comme un vecteur essentiel dans la façon dont la notion de culture s'est frayée un chemin jusque dans la Modernité.
La polémique religieuse représente une page importante dans l'histoire des relations entre juifs et chrétiens. L'Antiquité en a laissé de nombreux témoignages littéraires, dont des dialogues mettant aux prises un juif et un chrétien. Ces textes se présentent en général comme des compte rendus de débats réels. Les deux adversaires discutent sur les points essentiels de désaccord : Jésus est-il le Messie ? L'Evangile s'est-il substitué à la Loi juive ? Qui, des juifs ou des chrétiens, est le peuple de Dieu ? Mais, composés par des chrétiens, ces dialogues ont toujours pour but de montrer la supériorité du christianisme. Ils sont adressés avant tout aux chrétiens et servent à les instruire dans la foi. Le Dialogue de Timothée et Aquila, composé par un auteur inconnu, peut-être sous le règne de l'empereur byzantin Justinien (VIe siècle), constitue, en grec, l'un des témoins les plus importants de ce genre littéraire dans l'Antiquité tardive. Ce texte se présente comme la relation d'un débat organisé à Alexandrie entre le chrétien Timothée et le juif Aquila. Au terme d'une controverse consacrée avant tout à la question du Christ, le juif admet sa défaite et reçoit le baptême. Reflétant davantage une discussion idéale qu'une controverse réelle, ce texte est un témoignage capital sur la façon dont les chrétiens se représentaient leur position par rapport au judaïsme dans les derniers temps de l'Empire romain. Cet ouvrage offre la première traduction française du dialogue dans sa forme longue.
Très tôt dans la littérature grecque apparaît l'idée que certains textes « résonnent » entre eux et que d'autres, au contraire, sont en dissonance. Les commentateurs des Classiques postulent leur harmonie parfaite pour les éditer ou pour les interpréter, tandis qu'ils s'interrogent sur leur accord ou leur désaccord avec d'autres auteurs. Dans l'écriture de l'histoire, l'accord des sources est souvent allégué comme un critère de vérité. Les philosophes réfléchissent à la concorde ou au dissentiment qui règnerait chez les grands maîtres, dans les écoles qu'ils ont fondées, ou entre courants philosophiques. Les juifs puis les chrétiens poursuivent ce questionnement sur la concorde des textes et des doctrines en l'appliquant au texte biblique, dans son rapport à lui-même ou aux textes non bibliques.À la volonté d'interpréter, de comprendre et de juger s'ajoute au cours du temps un souci de systématisation qui s'impose de plus en plus aux lettrés de l'Antiquité, mais qui ne fera jamais disparaître l'intention profonde de ces réflexions sur l'accord : établir la vérité des textes ou des idées qu'ils sont censés exprimer.Cet axe fondamental de la pensée grecque, qui culmine dans l??uvre du chrétien Origène (v. 185-v. 254), n'est donc pas seulement au c'ur de la genèse du comparatisme et du concordisme comme attitudes intellectuelles. Lié à une certaine représentation de la vérité, pensée comme fille du consensus, il constitue une page essentielle dans l'histoire de nos pratiques de véridiction, écrite par des « païens », des juifs puis des chrétiens, qui, au-delà de leurs divergences religieuses, étaient tous des auteurs grecs.Ce livre est consacré à la préhistoire d'une histoire plus longue. Il s'arrête juste avant l'apparition du néoplatonisme et quelques décennies avant le « siècle d'or » de la patristique, deux traditions qui, l'une du côté païen, l'autre du côté chrétien, écriront une autre page des rapports entre concorde et vérité.
Biographie de l'auteur Sébastien Morlet est un ancien élève de l’École Normale Supérieure, il est agrégé de Lettres classiques, Docteur en langue et littérature grecques (qualifié, 8e section), Maître de conférences en langue et littérature grecques.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...