De l'ouvrier immigré au travailleur sans papiers. Les étrangers dans la modernisation du salariat
Morice Alain ; Potot Swanie
KARTHALA
28,01 €
Epuisé
EAN :9782811103255
La mondialisation et la construction de l'Europe des Vingt-sept ont profondément fait évoluer le monde du travail et la place qu'y tiennent les étrangers. L'ouverture progressive des marchés de l'emploi, en dépit de politiques migratoires de plus en plus restrictives, ont modifié la nature même des migrations économiques. Dans un contexte de xénophobie rampante, l'archétype du "travailleur immigré" est implicitement vu comme le reliquat désuet, sinon condamnable, d'une époque révolue. On n'en est plus cependant à l'idée irréaliste d'une "immigration zéro". Il semble que les pays d'accueil, faute d'avoir su affronter le problème de l'intégration des nouveaux arrivants et de leur descendance, aient désormais le souci d'organiser la précarité de la main-d'oeuvre non nationale en vue de l'empêcher de s'installer durablement. Des concepts sont ainsi apparus, pour légitimer ou pour rendre compte de ce nouvel enjeu: on parle aujourd'hui de "circulation migratoire", et de "migrations temporaires", tandis que les législations lient de plus en plus le droit au séjour à l'existence d'un emploi effectif. Le détachement de salariés ou les contrats saisonniers vont jusqu'à faire disparaître la figure même de l'immigré. Parallèlement, la présence persistante de sans-papiers, officiellement combattue, est tolérée pratiquement, non seulement au sein de secteurs à forte intensité de main-d'oeuvre, mais aussi dans des activités comme la prostitution ou les services domestiques. La nouvelle donne des politiques migratoires ouvre un espace pour des pratiques innovantes de la part de personnes ainsi davantage inscrites dans la mobilité. Les contributions à ce volume montrent comment, s'ancrant sur des espaces sélectionnés, les acteurs de la migration peuvent jouer sur plusieurs opportunités à l'échelle européenne et mettre en relation leurs régions d'origine et de passage ou de destination. Ce sont tous ces aspects, sur des registres alternativement social, économique, juridique et politique, qu'une quinzaine de chercheurs européens en sciences humaines s'attachent à rendre intelligibles à travers divers cas d'étude dans cet ouvrage.
Nombre de pages
331
Date de parution
28/01/2010
Poids
540g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811103255
Auteur
Morice Alain ; Potot Swanie
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20100128
Nombre de pages
331,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cet ouvrage, le premier en langue française sur la question ouvrière en Afrique noire, reflète trois préoccupations majeures. A l'origine de la démarche des auteurs, il y a un premier pluriel, lié à la condition de l'ouvrier africain. Ce dernier ne fait pas que travailler à l'usine, à la mine, au dock, à l'atelier ou à la plantation. On ne peut en effet sérieusement comprendre le monde du travail sans étudier simultanément tous ces lieux où les ouvriers dorment, mangent, obéissent, donnent des ordres et tissent finalement l'essentiel des liens sociaux, ethniques, religieux ou matrimoniaux qui assurent leur reproduction et sans lesquels il n'y aurait pas, non plus, d'univers professionnel. Ce sont ces enjeux réciproques que nous décrivent Michel Agier au Cameroun, Alain Dubresson en Côte d'Ivoire et Jean-Claude Rabeherifara à Madagascar. La seconde visée de cet ouvrage est de donner un aperçu des tendances actuelles de la recherche et de la réflexion sur la situation ouvrière en Afrique noire. Jean Copans et Alain Morice tracent un panorama d'ensemble. Ils nous invitent à une prudence extrême face aux modèles ouvriéristes préfabriqués ou aux messianismes prolétariens. Enfin, on trouvera ici, grâce à trois traductions, un aperçu de la richesse des travaux en langue anglaise. L'historien américain Frederik Cooper examine la question du travail dans l'Afrique coloniale. Le sociologue britannique Robin Cohen décrypte les formes occultées de la résistance et de la conscience ouvrière. Enfin le sociologue sud-africain Eddie Webster, l'un des fondateurs du fameux South African Labour Bulletin, expose la logique de la segmentation du marché du travail dans son pays à partir d'un cas précis. Témoignage des recherches les plus actuelles, cet ouvrage nous invite à reconsidérer de l'intérieur la nature même de l'emprise du capitalisme en Afrique noire et à engager une réflexion comparative avec le reste du Tiers monde et - pourquoi pas - avec le monde occidental lui-même.
Avec le mouvement des sans-papiers, avec la loi Debré sur l'immigration et les protestations populaires qu'elle a suscitées, avec les premières décisions du gouvernement de Lionel Jospin, la question des étrangers en situation irrégulière est devenue un enjeu majeur de la vie publique française. Les mobilisations collectives ont révélé les incohérences d'un dispositif législatif et administratif qui non seulement avait peu d'effet sur l'immigration clandestine, mais produisait lui-même l'irrégularité qu'il était censé réprimer. Comment en est-on arrivé à cette situation où la confusion entretenue autour des politiques de l'immigration et de leurs effets a permis de légitimer les discours xénophobes et les pratiques discriminatoires ? C'est d'abord à cette question qu'ont voulu répondre les auteurs de ce livre. Ils rappellent ainsi comment la France, depuis plus de vingt ans, a défini de manière toujours plus restrictive les conditions de l'immigration et le statut des étrangers. Et comment, plus encore que la répression de ceux qu'on a abusivement appelés des clandestins, la loi a fragilisé l'existence quotidienne de l'ensemble des étrangers. La rhétorique opposant les immigrés réguliers qu'il s'agirait d'intégrer et les irréguliers qu'il faudrait expulser apparaît ainsi comme une mystification. Mais ce que l'ouvrage montre aussi, c'est que la société française a été profondément affaiblie par cette remise en cause des fondements de son contrat social : limitation du droit d'asile, entrave au regroupement familial, précarisation dans le monde du travail, tolérance à l'égard des actes racistes et, finalement, renoncements multiples aux principes de la démocratie. La leçon des sans-papiers engage ainsi une certaine conception de la justice, de la citoyenneté et, tout simplement, de l'hospitalité que les auteurs de ce livre entendent défendre.
Cet ouvrage couvre le cours de Biostatistique au programme de l'UE4 de la PACES et propose 330 questions à choix multiple (QCM) organisées en 145 exercices, avec des corrections très détaillées. Plus généralement, cet ouvrage vise à familiariser le lecteur avec la démarche statistique et pourra convenir également aux étudiants des premières années de licences scientifiques. Il est divisé en douze chapitres. Chacun des onze premiers est dédié à une partie spécifi que du cours et contient un rappel de cours et des exercices spécifiques. Le dernier chapitre regroupe des exercices souvent plus difficiles et faisant appel à plusieurs parties du cours, tels qu'on peut en trouver au concours. Pour aider le lecteur, le niveau de diffi culté de chaque exercice a été indiqué: un astérisque (*) pour les plus simples et jusqu'à quatre pour les plus ardus. Le dernier chapitre propose pour chaque exercice, outre sa correction, un énoncé sous deux formes: une forme classique et une forme émaillée d'aides indiquant les points auxquels prendre garde et/ou des pistes pour la résolution.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.