
Naissance d'un syndicalisme étudiant
Peu connue du grand public, la charte de Grenoble est une référence majeure pour des millions de jeunes qui sont passés par le syndicalisme étudiant. Quelle est la part du mythe ? Comment a-t-elle été élaborée ? Ce syndicalisme naissant est-il nouveauté ou réinvention ? Autant de questions auxquelles des chercheurs et des acteurs de l'époque essayent de répondre dans cet ouvrage, illustré par des documents d'époque. Après la Libération une génération d'étudiants résistants investit la "vieille maison" d'une mission syndicale. Tout comme 40 ans auparavant la CGT avait adopté la charte d'Amiens, c'est à Grenoble que les délégués des étudiants de France, en avril 1946, votent la Charte de Grenoble, marquant la naissance d'un nouveau syndicalisme étudiant, qui définit l'étudiant comme un jeune travailleur intellectuel, ayant des "droits et devoirs". C'est au nom de la charte qu'a été obtenue la Sécurité sociale étudiante, revendiqué un "présalaire" étudiant (ou allocation d'études), et qu'en 1956 l'UNEF s'est impliquée au fur et à mesure contre la politique algérienne du gouvernement français. Les étudiants sont à peine 100 000 à la Libération. Il est vrai qu'aujourd'hui le chiffre de deux millions est bien dépassé. Près de quatre fois plus que les agriculteurs, mais le nombre n'explique pas tout. Depuis 1947, ces jeunes ont marqué à plusieurs reprises la vie politique de la France : opposition à la guerre d'Algérie, Mai 68, mouvement contre la réforme Devaquet... Au-delà de ces mobilisations ponctuelles, les étudiants s'organisent en acteur collectif, en "mouvement" dans de nombreuses sphères qui, parfois s'entremêlent : syndicale, associative, politique, confessionnelle, mutualiste, culturelle, sportive. La charte de Grenoble est une page essentielle de l'histoire du syndicalisme étudiant. Le renouveau d'intérêt pour l'histoire de l'après-guerre rejoint ici celui la nouvelle recherche historique sur les mouvements étudiants.
| Nombre de pages | 328 |
|---|---|
| Date de parution | 04/05/2006 |
| Poids | 386g |
| Largeur | 130mm |
| EAN | 9782849501009 |
|---|---|
| Titre | Naissance d'un syndicalisme étudiant |
| Auteur | Morder Robi ; Fischer Didier ; Monchablon Alain ; |
| Editeur | SYLLEPSE |
| Largeur | 130 |
| Poids | 386 |
| Date de parution | 20060504 |
| Nombre de pages | 328,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-
Etudiant(e)s du monde en mouvement. Migrations, cosmopolitisme et internationales étudiantes
Morder Robi ; Rolland-Diamond CarolineCe livre nous offre un double panorama, celui des migrations étudiantes et celui de l'organisation des étudiants, et permet de comprendre les interactions entre ces deux processus. Franchissant les frontières pour parfaire leur formation ou pour fuir les crises, les oppressions et la répression, les étudiants émigrent d'un pays à l'autre. Nouant des relations avec les mouvements étudiants des pays d'accueil, ces étudiants "migrants" construisent ainsi un internationalisme bien particulier fait du brassage des idées et des expériences. Des internationales étudiantes voient le jour, politiques, confessionnelles, culturelles, corporatives et syndicales: Corda Fratres, Confédération internationale des étudiants... En 1945, au sortir de la guerre, l'Union internationale des étudiants porte les espoirs de la Libération. Si au début du siècle précédent, les autorités françaises encouragent la venue des étudiants étrangers et s'enorgueillissent alors de leur nombre, la xénophobie et l'antisémitisme s'installent dans les universités de France avec la crise des années 1930. C'est cette université française que ce livre nous restitue dans toute sa complexité. Cependant, ce protectionnisme xénophobe et raciste appartient-il tout à fait à l'histoire ? En effet, au-delà de la somme d'études de cas explorant des réalités diverses, tant du point de vue géographique que chronologique, l'ambition de cet ouvrage est aussi de rappeler que ces retours sur le passé sont aussi l'occasion d'enrichir notre réflexion contemporaine sur un mouvement social et sur des enjeux qui restent au coeur de là construction et de l'avenir des sociétés d'aujourd'hui.Sur commandeCOMMANDER26,00 € -

Jeunesses engagées
Becquet Valérie ; Morder Robi ; Monchablon Alain ;Résumé : Une enquête récente le confirme : "S'ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s'engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales..." En moins de dix ans, on a connu les émeutes des banlieues, les grèves étudiantes contre le CPE ou la LRU, les manifestations lycéennes, les mobilisations des "indignés". Egoïstes" ces étudiants qui manifestent pour les retraites ? "Indifférents" ces lycéens qui prennent la rue pour défendre les sans-papiers ? En face, les pouvoirs publics, les institutions, oscillent entre crainte et mépris, manifestant leur méconnaissance de cet "espace" générationnel. Face aux manifestations lycéennes ou étudiantes, les pouvoirs en place restent circonspects, personne ne sachant vraiment comment ce type de mouvement social peut évoluer, se développer et mettre à mal les politiques. "Les jeunes s'engagent-ils", continuent pourtant à demander les décideurs publics, les professionnels de la jeunesse, les responsables politiques, syndicaux et associatifs, les sondages. Ces discours témoignent d'une méconnaissance et d'une incompréhension des choix et des pratiques d'action des jeunes. Sans prétendre à l'exhaustivité, l'ouvrage s'intéresse à la diversité des engagements des jeunes. Il s'attache à saisir les formes actuelles de leur engagement en s'intéressant aux espaces au sein desquels elles se déploient: les collectifs, les protestations et les dispositifs d'action publique. De l'engagement des "jeunes des cités" à ceux de l'UMP l'ouvrage propose un panorama, parfois déroutant, de cet engagement au moment où Le Monde titre "La jeunesse française rêve d'en découdre ", et alors que 61% des jeunes ont répondu positivement à la question : "Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68, demain ou dans les prochains mois ?" Un livre polyphonique qui décrypte une réalité contradictoire et mouvante.Sur commandeCOMMANDER25,00 € -

Quand les lycéens prenaient la parole. Les années 68
Leschi Didier ; Morder RobiLe 10 mai 1968, les étudiants ne sont pas seuls. Par milliers, les lycéens les ont rejoints dans la "nuit des barricades". Ils créent la surprise et l'on découvre les Comités d'action lycéens. Dans les 300 lycées occupés, ces jeunes qui n'ont pas encore le droit de vote s'organisent en assemblées, commissions, comités, rédigent des cahiers de revendications, élaborent des projets de réforme tout en participant à la révolution de Mai. L'un des leurs, Gilles Tautin, y perdra la vie. Au cours des "années 68", le mouvement lycéen est à chaque fois plus massif, dans la rue et dans la grève. En 1971, les lycéens inventent "la coordination" et obtiennent la libération de Gilles Guiot. En 1973, contre la réforme des sursis militaires, ils fédèrent étudiants, collégiens et élèves du technique par centaines de milliers. On les retrouvera nombreux dans les comités de soldats et sur le Larzac. Ils symbolisent le "péril jeune" qui effraie tant les conservateurs. Quand viennent la crise économique et le chômage, les revendications antiautoritaires laissent place à des préoccupations plus syndicales. Les réformes scolaires - celles des ministres Fontanet en 1974 et Haby en 1975 et 1976 - sont au coeur des luttes. L'esprit de Mai 68 s'éloigne : la spontanéité et l'inventivité demeurent mais l'insouciance n'est plus. C'est un autre type de mouvement lycéen qui adviendra. Quand les lycéens prenaient la parole est une contribution à l'histoire de cette décennie qui a transformé l'enseignement secondaire. Les auteurs, qui ont vécu ces mouvements de l'intérieur, donnent des repères pour mieux comprendre le climat des années 68 et illustrent leurs propos de nombreux documents d'époque : photos, tracts, dessins. journaux.Sur commandeCOMMANDER16,00 € -

Etudiant(e)s en révolution ?
Legois Jean-Philippe ; Morder Robi ; Monchablon AlVarsovie, Mexico, Los Angeles, Berlin, Tokyo, Paris, 68 fut l'"année internationale des étudiant·es". En France, le printemps 68 a fait couler beaucoup d'encre, mais peu a été écrit sur les étudiants. Ce sont les mêmes clichés, les mêmes pavés qui reviennent, réduisant le 68 étudiant à une crise d'adolescence, monôme aux couleurs des drapeaux rouge et noir. Pourtant multiples furent les facettes de cette insurrection. Dans les commissions des facultés occupées, on refonde l'université, on propose des réformes au cours de cette "révolution de Mai" où l'on veut changer le quotidien en même temps que la société entière. Le ghetto étudiant s'ouvre, la jonction se fait avec la population, avec les travailleur·euses car une aspiration commune est là. C'est dans la longue durée des "années 68" que s'inscrit cette rébellion étudiante qui ne surgit pas du néant. Les étudiant·es de l'université de masse sont entré·es en dissidence.Sur commandeCOMMANDER12,00 €
Du même éditeur
-

Le plan Condor en procès. Répression sans frontières et crimes contre l'humanité en Amérique du Sud
Lessa Francesca ; Michelini InèsA travers les voix et les récits de survivants et de témoins, de militants des droits de l'homme, d'acteurs judiciaires, de journalistes et d'historiens, Francesca Lessa lève le voile sur les secrets de la répression transnationale mise en place par les dictatures sud-américaines entre 1969 et 1981. Mettant en place une coordination répressive inédite connue sous le nom de plan Condor, les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien des Etats-Unis, lancent une campagne de lutte contre la "subversion" . Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine envoient des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux Etats-Unis. Les forces militaires et policières, légales et extra-légales, de ces dictatures vont enlever, torturer et assassiner des centaines d'hommes et de femmes. Le plan Condor est le fil conducteur des dictatures sud-américaines qui firent des dizaines de milliers de morts, et plus encore de torturés, d'emprisonnés, d'exilés. Au cours de ces années, l'Amérique du Sud devint une zone de terreur généralisée et d'impunité pour ceux qui perpétuaient la violence. Dans ce livre, Francesca Lessa montre également comment des réseaux d'individus en quête de justice se sont progressivement matérialisés et ont réussi à transcender les frontières nationales pour obtenir justice pour les victimes de ces horreurs. S'appuyant sur un travail de terrain approfondi, des recherches dans les archives, des observations de procès et plus d'une centaine d'entretiens, Le plan Condor en procès explore le passé et le présent de l'Amérique du Sud. Ce livre met en lumière les luttes actuelles pour la justice, alors que les sociétés de la région sont confrontées à l'héritage des atrocités commises.EN STOCKCOMMANDER20,00 € -

Le travail totalitaire
Rozenblatt PatrickAu travail, et dans la joie s'il vous plaît, sous l'emprise des technologies de communication et surveillance, il faut désormais être à disposition de l'employeur 24 heures sur 24, sept jours sur sept et même lors de ses congés. A contrario de cette réalité, s'enchaînent les discours patronaux et étatiques présentant la vie quotidienne comme de moins en moins contrainte par le temps de travail. Loin de cette arnaque, ce livre explore comment, depuis 1968, s'est déployé un processus d'intrusion du travail capitalistique dans notre quotidien. Associé aux pratiques managériales, qui font de l'urgence la norme dans l'organisation du travail, le travail totalitaire engloutit la moindre parcelle de liberté de notre temps. Il s'accapare notre intimité jusque dans l'offre et la consommation de loisirs planifiés et minutés. Il fait de nous des "esclaves modernes". "Le travail totalitaire" explique en quoi la bataille pour l'émancipation ne peut plus se satisfaire de la seule réduction quotidienne du temps de travail. Une critique radicale de la vie quotidienne devient ainsi une condition indispensable pour qu'advienne une société démocratique.EN STOCKCOMMANDER20,00 € -

Apprendre ensemble.
Hooks Bell ; Portron Margaux ; Rozenblatt PatrickRésumé : La pédagogie de l'émancipation défendue dans cet ouvrage insiste non seulement sur l'importance du féminisme dans les salles de cours mais aussi sur la nécessité d'articuler la théorie et la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. bell hooks nous rappelle qu'il existe un important corpus de textes qui nous aident à mieux comprendre comment les différents systèmes de domination fonctionnent à la fois de manière indépendante et interdépendante, pour perpétuer et soutenir l'exploitation et l'oppression. En s'appropriant ce point de vue, de nombreuses personnes ont changé significativement leur mode de pensée pour transformer leur vie : les Blancs ont travaillé à devenir antiracistes, les hommes à remettre en question le sexisme et le patriarcat et les hétérosexistes à réellement défendre la liberté sexuelle. De fait, de nombreuses étapes, parfois imperceptibles, ont marqué ces évolutions. Afin de les valoriser, il faut les nommer tout en continuant à les critiquer rigoureusement. Ces deux choses, nommer le problème et l'articuler pleinement et profondément aux pratiques pour aborder et trouver des solutions, sont nécessaires pour générer et inspirer un esprit de résistance permanent. Au travers de seize leçons, bell hooks présente l'éducation progressiste comme une pratique de la liberté qui permet de faire face au sentiment de perte de sens et de restaurer les relations entre les individus et entre les groupes. En définitive, c'est ce qui peut conduire à apprendre à créer du commun, apprendre ensemble. Elle nous invite, en nous livrant les outils pour le faire, à mettre en oeuvre une sagesse pratique visant à concevoir la salle de cours comme un lieu thérapeutique et révélateur, un lieu de libération mutuelle où l'enseignant et l'étudiant travaillent en partenariat. Pointer l'inégalité, en se passant d'envisager un objectif constructif de résolution, empêche l'espoir et la création d'une société fondée sur la justice. Ce qui ne peut que contribuer à maintenir une culture de domination.EN STOCKCOMMANDER20,00 € -

Elles avaient fui Franco
Nadal Marie-José ; Dreyfus-Armand GenevièveY a-t-il un intérêt à rendre compte, en 2024, de l'expérience de femmes qui ont fui l'Espagne au moment de la victoire de Franco en 1939 ? C'est à travers des récits de vie, des trajectoires de trois femmes, que ce livre entend contribuer à une compréhension toujours à renouveler du fascisme, des résistances au quotidien, des processus de violence. Ainsi, la première partie du livre met en perspective les récits en posant un cadre historique. La deuxième présente le témoignage de trois femmes espagnoles qui avaient refusé la victoire du général Franco en 1939 et s'étaient réfugiées en France en l'absence de leur mari. Cette séparation était due au fait que la frontière entre la France et l'Espagne avait été ouverte aux civils et aux blessés à partir du 27 janvier 1939, alors qu'elle était restée fermée aux soldats de l'armée républicaine espagnole jusqu'au 5 février 1939. Les trois narratrices, qui ont accepté de raconter leur vie à l'auteure, 50 ans après la défaite républicaine, étaient issues de familles dont les hommes avaient été des militants ou des sympathisants de partis politiques opposés au coup d'Etat nationaliste. Leur enfance et leur adolescence se sont passées à Barcelone, avec son lot de conflits sociaux et de répression. Leurs témoignages montrent comment des ouvrières ou des mères de famille des quartiers ouvriers se sont senties concernées par les idées nouvelles et par les changements politiques intervenus dès leur jeunesse. L'imprégnation politique émanant du milieu familial et de la vie de quartier alimente le sentiment d'appartenir à une classe sociale qui lutte pour améliorer ses conditions de vie. Dès lors, les femmes n'hésitent pas à intervenir à leur manière dans leur quartier. Ce sont les petits gestes de solidarité ou de rejet, les échanges verbaux dans les magasins, les coopératives d'alimentation, les lavoirs publics ou le récit de leurs loisirs dans les centres communautaires, qui révèlent la constitution d'un espace politique qui ne s'exprime que lors d'événements particulièrement importants comme les grèves, la célébration de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement républicain, la guerre ou l'exil. Pour ces trois femmes, leur décision de quitter l'Espagne représente leur fidélité idéologique à leur condition de femmes du peuple, en même temps qu'elles se sont montrées solidaires des choix politiques de leur famille, de leur milieu social et de leurs époux impliqués dans la guerre civile.EN STOCKCOMMANDER18,00 €
