A Cuernavaca, près de Mexico, Eduardo se voit infliger un travail d'intérêt général original suite à un retrait de permis : faire la lecture à des particuliers. Un jour, il s'aperçoit de la mystification des frères Jiménez, à qui il lit Crime et Châtiment : Luis, invalide, s'exprime à travers Carlos, qui est ventriloque. La famille Vigil, présentée comme sourde et qui lit L'Ile mystérieuse sur ses lèvres, lui a menti elle aussi : si la grand-mère est bien sourde-muette et les parents sourds, le jeune homme découvre que les enfants entendent et peuvent parler, mais se sont adaptés à leur entourage. Le seul à l'apprécier est le colonel Atarriaga... qui s'endort, bercé par le ton monocorde avec lequel il lit Le Désert des Tartares. Un jour, Eduardo découvre des poèmes d'Isabel Fraire dans un vieux livre de comptes de son père, et s'aperçoit que Celeste, analphabète, est émue par celui qu'il lui lit. Il découvrira avec stupéfaction qu'elle les connaît par coeur. Pourquoi ? Parallèlement à ses visites, Eduardo est racketté par Güero, un ancien employé du magasin de meubles de son père qu'il a repris, lié aux narcotrafiquants, car la " ville de l'éternel printemps " où il faisait si bon vivre subit aujourd'hui la loi des cartels.
Nombre de pages
223
Date de parution
16/05/2019
Poids
230g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782714312211
Titre
Le lecteur à domicile
Auteur
Morabito Fabio ; Millon Marianne
Editeur
CORTI
Largeur
135
Poids
230
Date de parution
20190516
Nombre de pages
223,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Plus que par un véritable fil conducteur, les 15 nouvelles composant Les mots croisés (Grieta de fatiga, 2006, Prix Antonin Artaud 2006) sont reliées par l'écriture, dont il est souvent question (Le courage de ronfler, Les portes illicites, Les corrections, Les Bulgares) et par la description poétique d'un réel qui devient dès lors étrange mais non dénué d'humour (Le tennis du vendredi, Empreintes, Parc d'attractions, La grimace). Les incursions dans l'Histoire, qu'elle soit ancienne (Micias), médiévale (Armures) ou contemporaine (La selva régresse) donnent à celle-ci une nouvelle dimension tout en la revisitant. Chaque récit possède sa propre tonalité, et l'ensemble témoigne d'une grande originalité narrative et stylistique.
Mexico, de nos jours. Un adolescent de douze ans, dont le père a quitté le domicile familial, souffre d?hypermnésie et se rend chaque jour au cimetière car il a décidé d?apprendre tous les noms inscrits sur les tombes jusqu?à ce qu?il trouve le sien. Il pense être ainsi protégé de la mort. Muni d?une sorte de baguette de sourcier à détecter les histoires drôles, Emilio rencontre au cimetière des adultes, plus ou moins recommandables : Adolfo, le gardien qui cherche à embrasser les jolies visiteuses et modifie les dates sur les tombes les moins fleuries pour tenter de faire adopter les morts délaissés par les vivants ; Severino, un maçon inquiétant et, surtout, Euridice, une masseuse quadragénaire, qui vient fleurir chaque jour la tombe de Roberto, son fils récemment disparu à l?âge d?Emilio.
La poésie n'est pas synonyme de lenteur. C'est un raccourci linguistique par excellence. Les poèmes sont généralement courts ; ils constituent un accélérateur de particules qui permet de sauter beaucoup de choses et d'aller droit à l'essentiel. Le poète est un champion de la vitesse. La poésie a le prestige de toute activité secrète, inutile et incompréhensible. Si elle n'était pas aussi incompréhensible, elle n'aurait pas ce prestige. Et nous, poètes, ne voyagerions pas comme nous le faisons. Il y a une veine spéculative dans ma poésie, qui en accompagne une autre, plus vécue, souvent autobiographique. J'aspire à une poésie qui, sans perdre ses racines dans le quotidien, ne se limite pas à l'anecdote. À partir d'une expérience particulière, la poésie parvient à illuminer une zone profonde de l'esprit. Être poète ne m'intéresse pas le moins du monde. Ce qui m'importe, c'est écrire un livre de poèmes. On n'est poète que lorsqu'on écrit de la poésie. Ensuite on cesse de l'être. Être poète n'est jamais une profession. Fabio Morábito
Alors que la mondialisation des échanges progresse, que le monde devient un pour tous, des mondes-miniatures s'imposent, des pays et des régions entières affirment leur identité, revendiquent leur histoire ou leur langue, réinvestissent pleinement leur espace. Quoi de plus parlant qu'une miniature, la nouvelle, pour lever le voile sur ce monde-là, celui d'une diversité infinie et porteuse d'espoir ? Mexique. Les six nouvelles contemporaines réunies ici témoignent d'un moment particulier des lettres mexicaines et de l'histoire du pays du serpent à plumes. Cette grande nation de plus de cent millions d'habitants, à l'histoire brillante et douloureuse à la fois, participe désormais pleinement aux agissements du monde. Sa littérature, marquée par les grands Octavio Paz, Juan Rulfo et Carlos Fuentes, à l'évidence, y a trouvé sa place. Description du quotidien dans Mexico la tentaculaire, condition de l'homme et de la femme et leurs amours contrariées au sein d'une société exigeante, flirt avec le fantastique cher aux écrivains latino-américains : tous les ingrédients présenta dans ces fables modernes sont ceux d'une littérature en mouvement.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.