Romancier, diplomate et grand voyageur, Vianna Moog tente une analyse comparée de la civilisation américaine et de la civilisation brésilienne. La supériorité flagrante des Etats-Unis en de multiples domaines bien déterminés, serait-elle due à des raisons raciales, géographiques. économiques ? L 'auteur réfute une à une les erreurs communément admises, puis propose sa propre explication, extrêmement nuancée, et qui se fonde sur l'histoire et la psychologie, autant que sur la religion ou la dynamique des symboles. Deux types par exemple ont donné naissance à toute une mythologie : au Brésil, le bandeirante, l'aventurier portugais qui s'enfonce dans la brousse sous couleur de répandre la Foi, mais qui songe surtout à capturer des Indiens et à trouver des mines d'or. Le caractère initialement déprédateur de cette conquête se répercute sur toute l'histoire et la mentalité brésiliennes. Aux Etats-Unis, le pionnier aux vertus légendaires imprime sa marque à une civilisation fondée sur le travail et la religion. D'autres facteurs, il est vrai, interviennent cette fois, à l'avantage du Brésil. Cette analyse approfondie, qui n'est pas dépourvue d'humour quand il s'agit de dépeindre les travers du Brésilien ou de l'Américain moyens (l'un symbolisé par le fainéant José Carioca, l'autre par le trop actif Donald Duck), est aussi constructive : en épilogue. Vianna Moog propose aux deux peuples deux grandes figures qui pourraient leur servir d'exemple : Lincoln et le sculpteur lépreux l'Aleijadinho. Le romancier brésilien Erica Verissimo a pu dire que ce livre "pénétrant, révélateur, courageux, provoquerait des discussions passionnées une prendrait une place aussi importante que Maîtres et Esclaves de Gilberto Freyre".
Nombre de pages
348
Date de parution
13/11/1963
Poids
390g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782070245970
Titre
Défricheurs et pionniers
Auteur
Moog V
Editeur
GALLIMARD
Largeur
136
Poids
390
Date de parution
19631113
Nombre de pages
348,00 €
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Tout y est, tout est prêt pour la tragédie : une ville de province, un notable jaloux, un contrat. Un tueur à gages descend depuis la capitale régler les compteurs. L'affaire se complique quand l'outil de travail préféré de ce dernier échoue par mégarde dans les mains d'un musicien quotidiennement imbibé comme une éponge. Et quand le tueur en question, fétichiste, rancunier, belliqueux se montre pugnace à retrouver son instrument, on court droit aux pires ennuis.
Edward Abbey (1927-1989) est l'écrivain écologiste nord-américain le plus célèbre du XXe siècle. De son amour pour les déserts de l'Ouest des États-Unis et de son expérience de garde-forestier dans les parcs naturels, il tirera la matière de son oeuvre. Auteur de 8 romans et d'une quinzaine de volumes d'essais, récits de voyage, journaux ou poésie, il est devenu depuis les années 1960 une icône des éco-activistes et une source d'inspiration pour les tenants d'une pensée libertaire promouvant la désobéissance civile et l'action directe contre les dérives de la société techno-industrielle. Héritier de Henry David Thoreau, il a inspiré des auteurs tels que Jim Harrison, Thomas McGuane ou Ron Rash. Son premier roman, The Brave Cowboy (1956) a été adaptéau cinéma en 1962, sous le titre Lonely are the Braves, à l'instigation de Kirk Douglas, qui y trouvera l'un de ses rôles favoris. La parution aux États-Unis de Desert solitaire (1968 ; en français chez Hoëbeke en 1999, puis Gallmeister, 2010) puis de The Monkey Wrench Gang (1975 ; Le Gang de la clef à Molette (Stock, 1997 puis Gallmeister, 2006) l'installent comme une figure centrale littéraire et militante de la défense de l'environnement, qui donnera naissance (avec les ouvrages d'Aldo Leopold et de Rachel Carson) à Earth First!, organisation écologiste radicale qui prendra comme logo... une clef à molette! Fasciné par Abbey et son oeuvre, Sean Prentiss part sur ses traces, à travers les lieux où Abbey a vécu, rencontrant ses amis (les écrivains Doug Peacock, modèle du personnage de Hayduke dans Le Gang?, et Jack Loeffler, ou encore David Petersen, son éditeur), puis à la recherche de la tombe d'Abbey que ses proches ont enterré secrètement dans un désert de l'Ouest, que l'écrivain aimait tant. Plus qu'une simple aventure, ce voyage est pour l'auteur une véritable quête, celle de lieux sauvages non bouleversés par l'action de l'homme, et d'un foyer où s'installer. C'est aussi, à l'image des livres d'Abbey, une élégie pour la nature indomptée, pour un art de vivre loin des centres urbains. S'appuyant sur une lecture assidue de son oeuvre, en particulier de ses journaux (non traduits jusqu'alors en français), Sean Prentiss arrive à faire vivre la pensée d'Abbey et à prolonger son influence, plus de 35 ans après sa disparition.
Villemin Laurent ; Routhier Gilles ; Moog François
Nul n'a mieux éclairé la théologie de Vatican II sur l'Eglise que Laurent Villemin, car lui-même n'a cessé de mener une oeuvre théologique en dialogue. Avec les autres confessions, avec les sciences humaines, avec la vie du monde. Un recueil d'essais tous décisifs à l'heure de la crise. Indispensable. De l'oeuvre inachevée du grand penseur de l'Eglise que fut le père Laurent Villemin, brutalement interrompue en 2017, il nous reste, mieux que des fragments, les ébauches des traités essentiels qu'il avait déjà engagés et qu'il comptait mener à terme. Ces écrits sont ici réunis et distribués autour des quatre thèmes qui occupèrent cet inlassable chercheur : le concile Vatican II, l'ecclésiologie, l'institution, les ministères. Eléments forts et signifiants, ils présentent la charpente de son chantier théologique. Plus qu'une simple agrégation de textes, voici donc un livre dont la pertinence et la cohérence marquent l'intelligence de la foi. S'y dessinent des perspectives novatrices sur l'Eglise et s'y sublime le souci constant de faire dialoguer les disciplines théologiques avec les sciences humaines, le catholicisme avec les autres confessions chrétiennes et les autres formes religieuses, la vie ecclésiale avec la vie du monde. Un môle sûr au regard de la crise actuelle. Une pierre fondatrice pour la suite.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.