Ce livre aurait pu aussi bien s'intituler Bienvenu chez un bon bougre - un sympathique retraité qui a peuplé son pavillon et son jardin d'une foule de sympathiques créatures, un gars cordial avec qui on aurait plaisir à boire un canon. Marcel est un monsieur-tout-le-monde qui n'est pas tout à fait comme tout le monde : il meuble ses loisirs et son espace en créant à foison des statues loufoques ou satiriques, parfois déroutantes, toujours originales, jamais prétentieuses. Et elles sont bien chouettes, ces créatures, elles ont de l'esprit... Bref, elles sont de bonne compagnie. Quelle joyeuse cacophonie de formes et de couleurs elles offrent à l'oeil ! Quel contraste avec l'habitat monotone, uniforme, presque carcéral qui est de mise dans nos sociétés asservies par la marchandise ! Marcel n'en est peut-être pas tout à fait conscient mais on sent bien en visitant (même par livre interposé) son chez-lui que la vie des humbles serait moins humble et moins morne (puisque au moins elle serait plus ornée) si tout le monde décorait avec le même goût de l'insolite ou la même verve graphique son environnement immédiat - et, rêvons un peu, l'espace public ainsi reconquis... L'art populaire, au XXIe siècle, c'est l'art urbain que tout le monde peut et devrait pratiquer - toujours avec les moyens du bord -, seul ou avec des complices, chez soi ou dans la rue. Ceux qui s'en gaussent sont les éternels constipés élitistes, aujourd'hui entichés de "concepts" aussi creux qu'inféconds, en dignes héritiers des froids béni-oui-oui qui, lorsque Van Gogh crevait de faim, ne s'esbaudissaient qu'au plus guindé art pompier. Avec Marcel et les milliers de créateurs spontanés que compte ce pays, disons-leur : "Merde !" et "Vive l'art de la plèbe !"
Nombre de pages
70
Date de parution
10/10/2016
Poids
188g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782915694925
Titre
Marcel Vinsard, l'homme aux mille modèles
Auteur
Montpied Bruno
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
160
Poids
188
Date de parution
20161010
Nombre de pages
70,00 €
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Il me semble que devenait nécessaire le rassemblement en un tout cohérent, dans une sorte d'inventaire général, le plus complet possible, des sites, environnements ou petits "musées" créés en plein air par des autodidactes, non professionnels de l'art quoique inventifs, appelés précédemment par certains auteurs "inspirés du bord des routes", "habitants-paysagistes", voire "bâtisseurs de l'imaginaire". B.M.
Tentative d'inventaire général des environnements spontanés et chimériques créés en France par des autodidactes populaires, bruts, naifs, excentriques, loufoques, brindezingues, ou tout simplement inventifs, passés, présents et en devenir, en plein air ou sous terre (quelquefois en intérieur), pour le plaisir de leurs auteurs et de quelques amateurs de passage. Il me semble que devenait nécessaire le rassemblement en un tout cohérent, dans une sorte d'inventaire général, le plus complet possible, des sites, environnements ou petits "musées" créés en plein air par des autodidactes, non professionnels de l'art quoique inventifs, appelés précédemment par certains auteurs "inspirés du bord des routes", "habitants-paysagistes", voire "bâtisseurs de l'imaginaire". B.M.
Résumé : Une fois n'est pas coutume, La Petite Brute accueille une artiste, quoique très hors des normes... Andrée Acézat étudia aux Beaux-Arts de Bordeaux et se consacra ensuite à une peinture de genre plutôt rebattue - nus, paysages, natures mortes d'honnête facture mais sans génie. Cela dura jusqu?à ses 70 ans, lorsque - par un mystère encore non éclairci - elle rompit les ponts avec tout ce qu'elle avait pratiqué jusque-là. Elle se mit à dessiner comme une enfant un cortège de petits bonshommes croqués d'après ses rencontres, grosses têtes enflées vissées à des troncs d'un seul bloc, d'où des membres grêles peinent à s'extirper. Andrée Acézat ne voulait pas vendre. Ce dont elle se séparait, elle l'offrait. Dans la région de Bordeaux, on rencontre au hasard des brocantes quelques-unes de ces oeuvres expressives, d'une sincérité entière et malicieuse. C'est ce qui a incité Bruno Montpied, armé de son poignard subtil, à se lancer à la recherche de cette singulière anonyme...
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Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.
On s'entre-tue plus que jamais au nom de Dieu et de ses divers prophètes sur cette fichue planète. Partout, même au "pays de Voltaire", les fanatiques de tout poil - à barbe, papillotes ou tonsure - tentent d'imposer leur morale sépulcrale, fondée sur des fables puériles et les plus absurdes superstitions. L'opium du peuple est devenu l'amphétamine des fous de Dieu. Certes, le retour du religieux se nourrit des multiples névroses et frustrations qu'engendre la société marchande... Et certes, le commerce de la foi prospère grâce à l'ignorance crasse et à la jobardise des croyants... Mais ce n'est pas une raison pour accorder des circonstances atténuantes à ceux qui vendent du vide à ces gogos et les manipulent : prêtres, imams, rabbins, gourous et autres bonzes, dont la cause commune, le grand oeuvre ténébreux, le but affiché ou secret, demeure l'asservissement de l'humanité. Les 144 citations rassemblées ici constituent une réfutation plurielle - tantôt sévère, tantôt souriante - de la notion de Dieu et des sectes qui s'en réclament, mais aussi une dénonciation des mystagogues qui en vivent et des illuminés qui en meurent. Pour choisir ces aphorismes et propos, nous avons mis à contribution quelques-uns des innombrables esprits libres qui ont signalé, au fil de leurs écrits, l'imbécillité et l'hypocrisie qui forment la substance de toute religion.
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