Denise et Maurice, dresseurs d'épouvantails. Avec 1 DVD
Ricordeau Rémy ; Montpied Bruno
INSOMNIAQUE
15,00 €
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EAN :9782915694635
Contraints à une production intensive, la plupart des paysans n'ont plus le temps de s'adonner à d'autres loisirs que ceux des citadins salariés. Si jusqu'au milieu du siècle dernier, ils avaient pu être dépositaires de traditions d'art populaire originales, ils ont fini, comme le reste de la société, par être réduits à la condition désincarnée de l'homme moderne : consommateurs standardisés plutôt que créateurs de singularités. Denise et Maurice, vivant sur les contreforts de l'Aubrac, se sont pris au jeu de la création. La démarche de ces auteurs d'une installation d'épouvantails témoigne d'un goût de la liberté et de la singularité devenu rare aujourd'hui. Elle est également l'expression ludique et instinctive d'une poésie originelle, qui a déserté l'art contemporain, devenu trop désincarné et séparé de la vie. De l'action directe, en quelque sorte, appliquée au domaine de la création. Ce livre est le récit de la rencontre entre son auteur, par ailleurs documentariste, et ces créateurs : intrigué par la manière insolite dont ils s'approprient le monde en s'appropriant d'abord leur environnement immédiat, l'auteur finit par leur proposer de réaliser un film qui en rende compte.
Nombre de pages
75
Date de parution
10/05/2016
Poids
225g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9782915694635
Titre
Denise et Maurice, dresseurs d'épouvantails. Avec 1 DVD
Auteur
Ricordeau Rémy ; Montpied Bruno
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
159
Poids
225
Date de parution
20160510
Nombre de pages
75,00 €
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A Taïwan comme partout ailleurs, il arrive que des hommes de peu, mus par un sens du merveilleux plus ou moins conscient, se décident, avant de disparaître, à laisser une belle trace de leur passage sur terre en donnant libre cours à leur imagination. Dégagés des pressions sociales de toute sorte, ils ne se préoccupent plus, alors, que de donner forme et expression aux songes qui les ont hantés et secrètement nourris leur vie durant. Ce récit d'un périple à travers l'île de Taïwan, illustré de nombreuses photos, nous fait découvrir d'étranges créations situées dans un pays plus réputé pour ses prouesses économiques que pour l'inventivité et l'originalité de ses artistes populaires. S'inspirant de traditions locales autant que de l'air du temps, mais ne se fiant qu'à leur fantaisie, ces bricoleurs de paradis offrent à nos regards une vaste gamme de savoir-faire, qui sont autant de savoir-être. Les créateurs d'art brut ou d'art populaire insolite à la rencontre desquels l'auteur est allé n'ont pas de grandes idées à représenter ni de justes causes à défendre - seulement d'insolites visions à transmettre... à qui veut bien les voir.
Entre insubordination radicale, amour fou et désertion éperdue, la fulgurance de l'itinéraire d'Arthur Cravan, boxeur et poète pré-dadaïste, qualifié par André Breton de "? génie à l'état brut ? ", n'a pas fini de fasciner ? : l'extrême modernité de son antimodernisme se révèle en effet aujourd'hui plus pertinente encore par son caractère visionnaire et irrécupérable. Les textes et documents ici rassemblés -? dont certains sont inédits ? - permettent de saisir la singularité de sa démarche iconoclaste et d'appréhender dans toute son humanité celui qui, disparu il y a un siècle, redoutait déjà en ces termes l'artificialisation du sensible ? : "? Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes et l'on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme ? ".
Une fois n'est pas coutume, La Petite Brute accueille une artiste, quoique très hors des normes... Andrée Acézat étudia aux Beaux-Arts de Bordeaux et se consacra ensuite à une peinture de genre plutôt rebattue - nus, paysages, natures mortes d'honnête facture mais sans génie. Cela dura jusqu'à ses 70 ans, lorsque - par un mystère encore non éclairci - elle rompit les ponts avec tout ce qu'elle avait pratiqué jusque-là. Elle se mit à dessiner comme une enfant un cortège de petits bonshommes croqués d'après ses rencontres, grosses têtes enflées vissées à des troncs d'un seul bloc, d'où des membres grêles peinent à s'extirper. Andrée Acézat ne voulait pas vendre. Ce dont elle se séparait, elle l'offrait. Dans la région de Bordeaux, on rencontre au hasard des brocantes quelques-unes de ces oeuvres expressives, d'une sincérité entière et malicieuse. C'est ce qui a incité Bruno Montpied, armé de son poignard subtil, à se lancer à la recherche de cette singulière anonyme...
Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.