Dans la continuité de Mouvement perpétuel, Le Mot magique est un sésame qui ouvre grand les portes de l'univers poétique d'Augusto Monterroso. Le maître de la forme brève et plurielle récidive avec toujours plus de mordant et d'humour, toujours plus de liberté dans ses considérations sur la littérature et les écrivains. Essais, micro-récits, anecdotes, aphorismes ou réflexions sont autant d'éclats d'une ?uvre ouverte modelée par l'amour de la langue. Qui se fait corrosive lorsqu'elle dénonce l'ethnocentrisme des pays développés - la fascination stupide pour l'exotisme dans Poésie quechua ou la façon dont le Vieux Monde considère les dictatures latino-américaines en oubliant les siennes -, et satirique lorsqu'elle brocarde la critique littéraire et ses Jeux érudits sur Gongora, par exemple, ou les délires des traducteurs. Mais rien n'égale l'éloge des écrivains, Shakespeare, Horacio Quiroga, Charles Lamb, Kafka, de véritables "maladies" selon les mots de Monterroso, qui témoignent de sa passion indéfectible pour la littérature: "Il existe [des] maladies que l'on connaît sous le nom de Proust,Joyce ou Kafka [...]. Ils nous envahissent, s'emparent de nous et pendant très longtemps nous pensons et nous agissons de manière joycienne ou kafkaïenne, comme il arrive que le tuberculeux finisse par n'être plus que l'expression de ses propres bacilles."
Date de parution
06/04/2006
Poids
170g
Largeur
140mm
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EAN
9782914834216
Titre
MOT MAGIQUE (LE)
ISBN
2914834217
Auteur
MONTERROSO/AUGUSTO
Editeur
PASSAGE DU NO
Largeur
140
Poids
170
Date de parution
20060406
Disponibilité
Epuisé
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Extraordinaire témoignage de l'imaginaire de la Renaissance, cette histoire fabuleuse nous embarque sur le dos de Durat, hippopotame ailé, pour un voyage fantastique en compagnie de Franc-Gal, héros fondateur de la Gaule. Afin d'échapper au déluge, Franc-Gal parcourt le monde et les âges avec pour mission de civiliser les peuplades sauvages, odyssée que la naissance de son fils Alector (le coq en grec) ne pourra interrompre. Né dans un œuf couvé par une femme-serpent, Priscaraxe, Alector est un enfant précoce, doté naturellement d'éperons dot. Devenu écuyer, le jeune homme décide de partir à la recherche de son père. Dès lors nous suivrons, en un récit novateur digne de l'Arioste, se jouant du temps et de l'espace, les aventures parallèles des deux héros faites de combats contre des êtres monstrueux, de récits mythologiques et d'enseignements philosophiques. Leur quête achevée, père et fils se retrouvent en la cité d'Orbe, ville utopique, dans laquelle l'homme et l'univers s'unissent pour lutter contre l'injustice et le chaos. Chef-d'œuvre romanesque, dont le rythme enlevé n'a d'égal que la richesse de la langue et des sources d'inspiration, Alector est le premier volet d'une " épopée française " aux clins d'œil rabelaisiens. L'intolérance ne permit pas à Barthélemy Aneau d'en rédiger la suite puisqu'il fut assassiné en 1561 pour hérésie.
On dit volontiers de l'Argentin Rodolfo E. Fogwill (Buenos Aires, 1941) qu'il est excentrique ou simplement fou, un peu comme ces hommes Chants de matelots dans les pampas qui ont " tout quitté recommencer ", déroutants et insaisissables dans leur mobilité perpétuelle. Escorté par les rumeurs d'une vie sulfureuse, c'est en fait ses premiers pas dans l'écriture, sorte de pampa littéraire où les grands aînés (Borges, Bioy Casares, Cortàzar) avaient traqué la piste d'un réel incertain. Dynamiteur devant l'Eternel, proche de César Aira et d'Osvaldo Lamborghini, Fogwill creuse un sillon très personnel en affrontant la réalité de l'Argentine contemporaine. Dans sa besace, une riche variété d'armes explosives centrée sur les jeux de l'écriture, dont le présent recueil de nouvelles offre un éventail : il s'empare avec audace de monuments littéraires tels que l'Aleph Orlando et les réinterprète sur fond de drogue, de sexe et de corruption pour le premier, de conflits mondiaux pour le second ; il bobine le lecteur dans Le Long Rire de toutes ces années, le fait participer à la construction d'un récit dans Muchacha Punk ou l'invite à revisiter les stéréotypes du polar ou du scénario politique dans Libération de femmes. Autant de manières d'amener le lecteur au cœur de la violence et de la barbarie, celles d'une Argentine taraudée par les guerres et les dictatures successives. Ecrites entre 1979 et 2002, ces nouvelles portent la marque d'un passé qui ne s'oublie pas et déborde dans les marges du présent.
Je suis Zenzontli, Gardien de la Maison Obscure des Aztex. Durant des siècles, ces stupides Europiens ont kru en la destruction de nos bibliothèques sakrées, en la disparition totale de notre civilisation au profit de leurs anciennes diktatures théocratiques. Mais moi, je sais qu'en vérité nos dieux malfaisants ont eu raison des Espagnols, un peuple aujourd'hui asservi, et dans les abattoirs des usines Farmer John - où je trucide des porcs huit heures par nuit au dézingueur électrique - j'ai reçu mes ordres de l'Aîné du Clan en personne : "Zenzon, au nom de 1'Imperium Socialiste Aztex, tu partiras demain avec ton unité Jaguar et reprendras Stalingrad". Alors, dans l'avion qui survole le Caucase, assis à côté de Maxtla, Gardien de la Maison Brumeuse, je pense à ma femme que j'ai oublié d'embrasser.