On dit volontiers de l'Argentin Rodolfo E. Fogwill (Buenos Aires, 1941) qu'il est excentrique ou simplement fou, un peu comme ces hommes Chants de matelots dans les pampas qui ont " tout quitté recommencer ", déroutants et insaisissables dans leur mobilité perpétuelle. Escorté par les rumeurs d'une vie sulfureuse, c'est en fait ses premiers pas dans l'écriture, sorte de pampa littéraire où les grands aînés (Borges, Bioy Casares, Cortàzar) avaient traqué la piste d'un réel incertain. Dynamiteur devant l'Eternel, proche de César Aira et d'Osvaldo Lamborghini, Fogwill creuse un sillon très personnel en affrontant la réalité de l'Argentine contemporaine. Dans sa besace, une riche variété d'armes explosives centrée sur les jeux de l'écriture, dont le présent recueil de nouvelles offre un éventail : il s'empare avec audace de monuments littéraires tels que l'Aleph Orlando et les réinterprète sur fond de drogue, de sexe et de corruption pour le premier, de conflits mondiaux pour le second ; il bobine le lecteur dans Le Long Rire de toutes ces années, le fait participer à la construction d'un récit dans Muchacha Punk ou l'invite à revisiter les stéréotypes du polar ou du scénario politique dans Libération de femmes. Autant de manières d'amener le lecteur au cœur de la violence et de la barbarie, celles d'une Argentine taraudée par les guerres et les dictatures successives. Ecrites entre 1979 et 2002, ces nouvelles portent la marque d'un passé qui ne s'oublie pas et déborde dans les marges du présent.
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Date de parution
08/03/2006
Poids
288g
Largeur
140mm
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EAN
9782914834209
Titre
MUCHACHA PUNCK
ISBN
2914834209
Auteur
FOGWILL/
Editeur
PASSAGE DU NO
Largeur
140
Poids
288
Date de parution
20060308
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Résumé : En 1982, la dictature argentine agonisante décide d'envahir les Malouines, territoire anglais que l'Argentine revendique depuis toujours, afin d'en reprendre possession. Ce sera le déclenchement d'une guerre éclair incroyablement meurtrière. Face à la puissance de frappe sans faille de l'Angleterre thatchérienne, les troupes argentines font pâle figure et capitulent au bout de trois mois. Les soldats Pipo et Quiquito ont à peine vingt ans. Terrifiés, frigorifiés, inexpérimentés, ils se terrent avec leurs compagnons d'infortune dans les tunnels d'une île inhospitalière des Malouines. La nuit, ils s'aventurent à la surface pour se ravitailler tant bien que mal. Puis ils regagnent leurs tanières au lever du jour, où ils attendent, au son de la radio anglaise, des bombes assourdissantes et des histoires qu'ils se racontent inlassablement, la fin de la guerre. Une guerre absurde et perdue d'avance. Fogwill tire de ce conflit violent et méconnu un court récit d'une force inouïe. Il nous parle de la guerre, dépouillée de tout héroïsme ou patriotisme, de ces êtres sommés d'y risquer leur peau, pour une cause clairement futile aux yeux du monde. Le froid, les odeurs, le bruit, l'entraide et les coups durs sont restitués avec un réalisme bouleversant.
Résumé : Je suis Zenzontli, Gardien de la Maison Obscure des Aztex. Durant des siècles, ces stupides Europiens ont kru en la destruction de nos bibliothèques sakrées, en la disparition totale de notre civilisation au profit de leurs anciennes diktatures théocratiques. Mais moi, je sais qu'en vérité nos dieux malfaisants ont eu raison des Espagnols, un peuple aujourd'hui asservi, et dans les abattoirs des usines Farmer John - où je trucide des porcs huit heures par nuit au dézingueur électrique - j'ai reçu mes ordres de l'Aîné du Clan en personne : "Zenzon, au nom de 1'Imperium Socialiste Aztex, tu partiras demain avec ton unité Jaguar et reprendras Stalingrad". Alors, dans l'avion qui survole le Caucase, assis à côté de Maxtla, Gardien de la Maison Brumeuse, je pense à ma femme que j'ai oublié d'embrasser.
A présent, nous avons atteint le septième stade de l'emprise narcotique. De retour à l'Abbaye du Cauchemar, nous célébrons la victoire de notre ami Engelbrecht à grand renfort d'opiacés. Ectoplasmes, sorcières et entités affreuses venues des confins de l'espace-temps abusent des fumées en l'honneur du boxeur nain. Si aucune de ces créatures ne peut affirmer avec certitude qu'Engelbrecht tire des amphétamines son inépuisable courage, toutes - à l'exception peut-être de Chippy de Zoète, l'éthernél poison - vous diront qu'il a définitivement marqué de son empreinte minuscule la légende du sport surréaliste. Lizard Bayliss, le pessimiste manager du teigneux homoncule, se lance alors dans la lecture des Exploits d'Engelbrecht entre deux lampées de liquide d'embaumement, et nos invités des outre-mondes ne peuvent réfréner un râle de plaisir au récit du combat titanesque livré par l'avorton contre'le Kraken. Les histoires s'enchaînent et la lycanthropie nous gagne - à l'exception de Salvador Dali, toujours coincé dans son cabinet anthropomorphique. Ce soir, bien des rires hideux s'envoleront dans la nuit des temps.
Dans leur combat pour l'égalité, les Noirs ont tout essayé. Nous avons imploré, nous nous sommes révoltés, nous avons joué les amuseurs publics et épousé des Blancs. Pourtant, on continue à nous traiter comme de la merde. Rien ne marche, alors pourquoi subir une mort lente? La petite annonce dans le journal du dimanche disait:"Cherchons négro démago capable de guider peuple opprimé jusqu'à la Terre promise. Rémunération selon expérience. Débutants acceptés. "Etant poète, et donc expert en techniques de coercition de l'âme noire par les sentiments, j'étais on ne peut plus qualifié pour le poste. A cette époque, tout le monde m'écoutait - des intellos aux clodos en passant par la coterie des politicards - aussi, vingt-deux millions d'âmes en déshérence m'ont promu manipulateur à plein temps et père adoptif d'une ethnie à l'abandon. Les nègres ont alors déferlé sur Hillside, scrutant le smog californien dans l'attente d'un signe annonciateur, et l'Histoire a ajouté mon nom à la bande des messies déjantés qui répondent présent à l'appel de Satan: Jim Jones, David Koresh, Charles Manson et le général Westmoreland. Toute la bande et puis moi. Les pages qui suivent constituent mes mémoires".
Résumé : Lorsque le 13 avril 1861 les troupes confédérées du général Beauregard s'emparent de Fort Sumter, depuis six ans déjà la frontière entre le Kansas et le Missouri est à feu et à sang. Maquisards abolitionnistes venus du Nord et guérilleros sudistes s'affrontent en une vendetta faite de granges brûlées et d'exécutions sommaires. Un jour de printemps 1858, la femme et le fils de Josey Wales sont assassinés par une bande de ruffians à la solde de l'Union. Commencent alors pour le jeune fermier des Ozark Mountains des années de combat aux côtés des plus célèbres rebelles de l'époque. Bloody Bill Anderson, William Quantrill et Jesse James. Mais une fois signée la paix d'Appomattox, bon nombre d'irréguliers refusent de faire allégeance et de déposer les armes. Ces réprouvés deviennent alors des hors la loi dont l'unique salut est la fuite vers le Texas. De cet épisode méconnu de la guerre de Sécession. Forrest Carter fait un roman de la quête identitaire, un hymne aux grands espaces où la survie dépend d'une paire de colts 44. Mais The Rebel Outlaw Joser Wales c'est aussi l'histoire d'un homme qui, à l'instar d'un pays, veut se reconstruire. Pour cela, quoi de mieux que l'amitié d'un vieux Cherokee, d'une Cheyenne à moitié folle et d'un chien galeux sur lequel on peut cracher sa haine ?