Six milliards d'individus, des millions de Robert, de Christine, quelques Jean-Pierre, un certain nombre de Kevin, vivent, boivent, s'achètent des paires de sandales allemandes avec une semelle en liège, trouvent ça beau, échappent à des viols, terrassent l'assaillant à mains nues, lui étranglent le testicule, et tout ça sans penser une seconde à la théorie du 5. Et pourtant, ce Jean-Pierre, dont la s'ur (1) a une amie coiffeuse (2) qui a fait son BEP au lycée Ronsard en compagnie de Francine (3) dont la cousine (4) est devenue coiffeuse d'Hillary Clinton (5), il est à 5 coups de fil de Bill Clinton et il n'en sait rien. Aujourd'hui, Geneviève est à 5 poignées de main de son destin et, elle non plus, n'en sait rien.
Nombre de pages
168
Date de parution
01/03/2004
Poids
175g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080686398
Titre
Geneviève et la théorie du cinq
Auteur
Montaigne Tania de
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
175
Date de parution
20040301
Nombre de pages
168,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, il y a trois minutes, c'était moi. Dans le monde, toutes les trois minutes, une femme est quittée, n'importe quelle femme, une belle, une moche, une pas gentille, une très sympa, une qui raconte mal les blagues, une Américaine avec des faux ongles, une coureuse de fond mexicaine, une vidéaste hongroise qui déclame des chansons réalistes habillée en poulet. N'importe quelle femme. Dans les films, quand une femme est quittée, elle entre dans une agence de voyages. Sans regarder la personne au guichet, elle dit : Donnez-moi un billet pour n'importe où, un aller sans retour. Et hop, elle part. Je ferai comme dans les films. Tokyo est évidemment le lieu parfait. Tokyo c'est loin, les gens y vivent vieux, mangent du riz et sont rarement diabétiques. Compte tenu de ce qui m'arrive, savoir que je ne finirai pas aveugle et amputée des deux jambes est une joie.
Voilà l'histoire d'une femme mariée puis quittée qui rentre chez sa mère et se demande comment être une femme comme tout le monde. Une femme comme tout le monde sait ce que tout le monde sait, elle sait qu'après la pluie vient le beau temps, que vin vieux rend joyeux, qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Elle pense qu'une femme est une femme, qu'un homme est un homme et y'a pas à sortir de là. Les femmes comme tout le monde aiment les caractères sexuels secondaires, elles aiment que les garçons aient de la barbe et de la moustache, elles aiment la fin de l'adolescence, quand chacun a enfin un rôle défini. D'ailleurs, dans la vie des femmes comme tout le monde, les hommes sont francs et virils, ils chassent et pêchent, ils jouent au foot ou à la barbichette moldave, une variante où le dernier de nous deux qui rira devra tracter un camion citerne avec ses dents. Biographie de l'auteur Tania de Montaigne est l'auteur de quatre romans, dont Patch et Tokyo c'est loin.
Ceci est une histoire vraie et, comme dans toutes les histoires vraies, il y a des secrets. Toutes les familles ont un secret. Le monde se divise simplement entre ceux qui savent tout ou partie du secret et ceux qui croient qu'ils n'en ont pas. Il y a ceux qui savent et ceux qui croient.
Trois jeunes femmes étaient assises, non loin de moi, dans un restaurant. L'une a dit : "Je n'ai jamais couché avec un... enfin tu vois... un Jaune". "Moi, c'est avec un Noir que je n'ai jamais couché" a dit la seconde. "Faut dire qu'ils sont équipés !" a renchéri la troisième, "Les Noires, elles, elles peuvent, elles ont des grands vagins". "Ah bon ?" a dit la seconde. "Bah, oui, c'est comme pour les femmes... enfin... les Asiatiques, elles ont des sexes plus courts, c'est prévu pour". Ce jour-là, j'ai donc appris que, comme toutes les Noires, j'avais un grand sexe. Oui, mais qu'est-ce qu'une Noire ? J'essaie de me souvenir du temps où je n'étais pas Noire, mais seulement noire, sans majuscule. Un adjectif, pas un nom. Une simple couleur. Je passe en revue les souvenirs, la cité, l'école, les premiers boulots... Mais dans toutes ces images, je suis déjà Noire. Alors, qu'est-ce qu'une Noire ? D'ailleurs, est-ce que ça existe ? Et si les Noirs (et tous ceux dont on peut parler en ayant l'illusion qu'en mettant une majuscule on a tout dit d'eux) n'existaient pas ? " T. de M.