Quand Assam Mohamed est arrivé en France, après un long parcours en provenance du Soudan, il ne parlait pas français. Il a appris grâce à des cours d'alphabétisation avec Elsa Valentin. Lorsqu'il ne savait pas dire le mot en français, il le disait dans sa langue maternelle, l'arabe, et Elsa Valentin notait phonétiquement le mot prononcé avant de chercher à le traduire en français. Tout en lui apprenant les mots qui lui manquait, elle s'est constitué un petit lexique de mots arabes pour apprendre elle aussi. Ainsi, le récit d'enfance d'Assam Mohamed s'est tissé dans les deux langues. C'est comme cela que l'on apprend à parler, par besoin de se raconter et de dire le monde. Pour rendre compte de ce tissage entre le français et arabe, nous avons gardé certains mots arabes au milieu du texte français, et inversement. Cette mise en page invite le lecteur à chercher le mot manquant dans la langue de l'autre. Dans la même page et dans la même couleur, on retrouve la retranscription phonétique de ce mot manquant, dans l'une et l'autre langue. La version sonore, publiée en même temps que le livre, en accès libre et gratuit sur notre site, permettra aussi d'entendre ce tissage entre les deux langues, et de savoir comment le mot se prononce dans la langue que l'on ne lit pas, que l'on ne connaît pas. Par sa forme, ce recueil témoigne du déplacement de soi qu'exige l'apprentissage d'une langue nouvelle très éloignée de sa langue d'origine. Ce que cela provoque de perturbation intérieure, d'enthousiasme parfois, de désespoir et d'inquiétude d'autres fois. L'effort que cela demande. Le courage. Dans le fond, ce texte raconte l'enfance d'Assam Mohamed. Il y a un enfant gardien de troupeau, un père qui veille, une chèvre espiègle, un voisin qui se fâche, un enfant qui grandit, un adulte qui se souvient. Ce long poème est une ode à l'enfance, une mémoire sensorielle que chacun, chacune d'entre nous garde blottie au fond, et que l'on dit mieux dans la langue de son enfance. Elsa Valentin écrit pour les enfants en jouant avec la langue et les langues. Elle revisite parfois les contes traditionnels, comme dans Bou et les 3 zours qu'elle écrit dans un langage mêlant mots d'autres langues, mots inventés, et mots-valises. Par ses cours de français aux demandeurs d'asile et la rédaction de leurs récits de vie pour l'OFPRA, elle poursuit cette réflexion sur les niveaux de langues, les mots justes pour se dire, la langue appropriée pour parler le monde. En ce sens, elle travaille le bilinguisme, voire le plurilinguisme, qui trouvent leur écho dans cette publication du Port a jauni. Pour traduire ces mots en images, nous avons choisi Frédéric Hainaut, qui dessine comme dans un souffle, avec l'énergie et le geste dru, sec, assuré et naïf d'un enfant. Auteur et illustrateur de dessins animés, Frédéric Hainaut se lance aussi dans des séries picturales impulsives, comme la frise que nous avons choisie, où l'on voit tout à la fois la marche, les herbes sèches, la course, le paysage sec, le sauvage.
Nombre de pages
24
Date de parution
04/03/2022
Poids
82g
Largeur
171mm
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EAN
9782919511853
Titre
Poème sucré de mon enfance. Edition bilingue français-arabe
Prendre soin de notre organisme, c'est avant tout prendre soin de nos assiettes. Que vous soyez une femme ou un homme, jeune ou plus âgé, mon objectif avec ce nouveau livre est de vous aider à rester aussi longtemps que possible en bonne santé. Chapitre après chapitre, je partage avec vous des conseils, astuces et habitudes faciles à mettre en place pour mieux se nourrir et mieux se porter, car j'en suis convaincu : l'alimentation est la clé de notre équilibre et de notre bien-être.
Résumé : Perdre du poids est facile. Très facile. Tout le monde peut perdre plusieurs kilos en quelques semaines, et ce quel que soit le régime suivi. La vraie difficulté réside dans le fait de ne pas les reprendre, et ça, soyons honnête, c'est quasi mission impossible ! Plus la perte de poids est rapide, plus la reprise l'est aussi. Et si on changeait de paradigme en arrêtant enfin de faire des régimes ? Et si la solution venait de petits gestes du quotidien, accessibles à tous, sans contrainte, pour perdre du poids et vivre en meilleure santé ? Dans ce nouvel ouvrage, le Dr Jimmy Mohamed propose 39 astuces très simples à mettre en place, toutes validées scientifiquement, pour changer ses habitudes, trouver son équilibre et maigrir (presque) sans effort !
Résumé : Notre alimentation peut être notre pire ennemie comme N notre meilleure alliée. J'ai vécu ce déclic il y a quelques années, lorsque j'ai voulu perdre du poids. En étudiant de près les valeurs nutritionnelles des produits ultra-transformés, j'ai réalisé tout l'impact positif que pouvaient avoir sur ma santé des aliments plus simples, naturels et sains. Ne l'oublions pas, nous sommes ce que nous mangeons. Au cours de notre vie, cela représente concrètement quelque 90000 repas, 60 tonnes de nourriture et presque 70 millions de calories. Prendre soin de notre organisme, c'est donc avant tout prendre soin de nos assiettes. Que vous soyez une femme ou un homme, jeune ou plus âgé, mon objectif avec ce nouveau livre est de vous aider à rester aussi longtemps que possible en bonne santé. Chapitre après chapitre, je partage avec vous des conseils, astuces et habitudes faciles à mettre en place pour mieux se nourrir et mieux se porter, car j'en suis convaincu : l'alimentation est la clé de notre équilibre et de notre bien-être.
Résumé : "Ma mère a refusé que quiconque écrive sur nos corps" et c'est elle qui écrit : nom, prénom, père, mère, lieu et date de naissance... , pour que les corps ne se dispersent pas, pour que l'humanité demeure. Lorsque nous entendons ce poème pour la première fois, il résonne avec les périodes sombres de l'espèce humaine. Il demeure et fait son chemin, dans nos corps, comme un cri pour l'humanité, venu de Palestine par la voix de Hanine Amine et de Mustapha Benfodil. La peinture de Thomas Azuelos explore ce chemin et ce cri : il donne à voir le corps, entre lambeaux et humanité magnifiée, entre horreur et jouissance.
Moi, ce n'est pas de pain dont j'ai envie, seulement d'une mort ordinaire, une mort sans lambeaux de chair, une mort plus attrayante que celle qu'on nous sert au quotidien dans les salles de rédactions et les cuisines de l'information, une mort insolite, confidentielle, et qui n'aurait pas déjà été utilisée par cinquante mille autres avant moi" Ce recueil rassemble cinq poèmes écrits par Hamed Achour et Haydar El-Ghazali, jeunes poètes et Nisrine Suleimane, jeune poétesse, vivant aujourd'hui à Gaza : une supplique pour emporter cette nuit qui pèse sur nos poitrines, une question " comment tu vas ? Je vais en ruines " une voix de gardien dans un cimetière à Gaza une envie de mourir dans un lit, pour rien, ni pour une cause, ni pour quelqu'un une pensée de goutte d'eau. Ce qui relie ces poèmes, c'est la présence entremêlée de la vie et la mort. La mort est dans la vie, la vie est pleine de mort. Impossible de savoir si la voix émane d'un. e vivant. e ou d'un. e défunt. e. Les mondes sont inversés, les ruines et les corps sont omniprésents, et c'est la poésie de trois jeunes poètes. se qui les charrie vers nous. La peinture de Thomas Azuelos témoigne de corps empilés, entrelacés, perdus dans une masse rendue informe, dont rien ne dit si elle est inerte ou vive. Dans cette peinture abstraite de l'humanité, la même page peut nous apparaître terrible et évoquer un charnier. D'autres fois, elle nous semble douce et l'on devine des visages humanisés.
Durant cinq années, Le port a jauni a publié un recueil de roubaiyat par an. Les ROUBAIYAT sont des quatrains, comme l'indique leur nom issu du chiffre "arbaa", quatre. Genre poétique perse et arabe qui remonte au XIe siècle avec l'oeuvre d'Omar Khayyam, les roubaiyat ont été le terrain de jeu de poètes égyptiens des années 1960-70, qui ont revisité le genre avec humour et truculence linguistique en arabe contemporain dialectal. Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l'innocence, l'absurdité du monde, son origine, sa cruauté : ils posent un regard et s'attardent sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. Durant trois années, Christian Tortel a envoyé au Port a jauni un haïku par mois. Les HAÏKUS sont des poèmes des tercets qui relèvent de la tradition japonaise. Mais Christian Tortel les écrit en français ou en arabe, et les traduit dans l'autre langue. Ainsi, une fois par mois, se posait dans la boîte à mails du Port a jauni un poème sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. A force de fréquenter ces deux chemins parallèles, roubaiyat et haïkus en arabe, il nous est apparu évident de les croiser. Et dans un grand tissage des genres poétiques, les THOULATHIYAT (prononcez "soulassiyate") sont nées. Elles sont des haïkus ou des tercets, comme l'indique leur nom issu du chiffre "thalatha", trois. Elles sont autant de méditation sur la vie, la mort, le temps qui passe, les mots sans frontière. Elles relient le monde arabe à l'Asie, la France au monde arabe, les langues entre elles, elles racontent, en creux, les tissages possibles en poésie. Un nouveau terrain de jeu qui réinterprète et on l'espère, revitalise, le champ poétique en bilingue, à la fois hommage aux genres anciens et clin d'oeil humoristique pour une création contemporaine.
Résumé : Odile Fix vit sur la terre aride du Cantal dans l'Ardèche du Nord. Clothilde Staës vit sur la terre solaire d'Ardèche du Sud. Le port a jauni a proposé une rencontre entre ces deux univers. Nous avons donné comme proposition d'écriture à Odile Fix le thème de la terre, des matières, du frottement entre les matières, comme dans la poésie du désert dont le poème "Mu'allaqa, un poème suspendu" (Le port a jauni, 2019) se fait l'écho, comme dans "Poèmes de roches et de brumes" (Le port a jauni, 2018). Mais ici, d'autres matières sont en jeu : la pierre et le temps. Puis nous avons confié le poème à Clothilde Staës avec pour consigne de ne pas lui être fidèle, de travailler sur des masses lumineuses, souples, douces, en écho distancié à l'écriture rugueuse d'Odile Fix. Voici comment est né ce poème, "Pierre d'un jour".