L'unique et le véritable - Réputation, origine et marchés al
Meyzie Philippe
CHAMP VALLON
26,00 €
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EAN :9791026710202
Des pâtissiers de Périgueux au marchand de comestibles parisien Corcellet, du prince de Saxe et du ministre Saint-Florentin au gastronome Grimod de la Reynière, ce livre s'attache à mettre en lumière ceux qui contribuent à définir un produit de "bon goût" et "véritable". Au XVIIIe siècle, avec la reconnaissance de l'origine se développe un marché gourmand où la demande d'amateurs favorise la circulation de comestibles recherchés. La réputation devient un gage de confiance qui favorise la circulation de marchandises bien identifiées que les marchands cherchent à acheminer dans les meilleures conditions à des consommateurs-connaisseurs souvent éloignés, prêts à débourser pour obtenir ces denrées jugées uniques. Grâce à ce désir de consommation qui s'étend dans la société, jambons de Bayonne, prunes de Brignoles, fromages de Sassenage, marrons de Lyon sont commercialisés dans les capitales provinciales, à Paris et parfois aussi à l'étranger. Cette enquête autour de la réputation, de l'origine géographique et de leurs rôles dans les circulations marchandes des années 1680 aux années 1830, interroge l'essor des consommations, les critères de la qualité, les liens entre les territoires et les circuits de l'échange dans les économies préindustrielles.
Nombre de pages
384
Date de parution
03/12/2021
Poids
300g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026710202
Titre
L'unique et le véritable - Réputation, origine et marchés al
Auteur
Meyzie Philippe
Editeur
CHAMP VALLON
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155
Poids
300
Date de parution
20211203
Nombre de pages
384,00 €
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De la découverte des produits du Nouveau Monde à la naissance du restaurant, l'alimentation en Europe connaît de profondes transformations entre le XVIº et le XIXº siècle. C'est pendant cette période que la culture alimentaire européenne, c'est-à-dire l'ensemble des valeurs et des pratiques liées à l'alimentation et partagées par une large partie de la population, change grâce à l'essor de la circulation des produits et des modes, aux progrès de l'agriculture, à la libération de la gourmandise et aux nouveaux besoins de consommation. Cet ouvrage s'intéresse donc à une histoire en mouvement, où l'échange joue un rôle fondamental dans la construction et la diversification de la culture alimentaire à partir du XVIº siècle. En adoptant une perspective européenne et en mobilisant une historiographie variée, il propose une large synthèse sur l'alimentation à l'époque moderne et ouvre de nouvelles perspectives. Entre consommations et imaginaire, ce parcours historique à travers la diversité du boire et du manger permet de mieux comprendre, en s'intéressant à ses racines, l'alimentation d'aujourd'hui.
Cet ouvrage, issu d'une journée d'études, a pour ambition, à travers une rencontre inédite entre archivistes et historiens de plusieurs périodes venus de Tours, Montpellier, Grenoble, Dijon, Angers et Bordeaux, de faire un état des lieux des fonds disponibles et d'esquisser des pistes de recherche sur les banquets et les présents alimentaires qui rythment la vie politique des villes de province en France depuis le Moyen Age. Cette étude offre de riches perspectives que l'on peut saisir ici à travers la diversité des sources, des territoires et des problématiques abordées. Par la présentation de fonds d'archives parfois méconnus, de sources, de méthodes et d'exemples variés, les différents rédacteurs nous entraînent de festins en banquets, des tables royales aux tables républicaines... Démontrant route la pertinence de recourir aux archives produites par les institutions urbaines, ils incitent chercheurs et professionnels à se plonger plus attentivement dans ces fonds aux mille ressources afin d'apporter un regard neuf sur les pratiques alimentaires, la gastronomie et la politique en France du XIVe au XXe siècle.
Les cuisines régionales suscitent aujourd'hui un intérêt croissant et le Sud-Ouest est bien souvent présenté- comme un pays de cocagne, symbole de la bonne chère. Le livre de Philippe Meyzie se propose d'analyser et de comprendre les fondements historiques de cette gastronomie provinciale qui émerge entre 1700 et 1850. Grâce à une histoire globale des goûts et des consommations issue du croisement permanent entre récits des voyages, inventaires des batteries de cuisine, dépenses de bouche, recettes, menus et littérature culinaire, l'historien peut apporter sa contribution à une analyse des cultures alimentaires régionales, entre réalités, imaginaire et représentations. Ce livre dresse le portrait d'une table du Sud-Ouest caractérisée par une diversité sociale des goûts qui contribue à son originalité. De la table luxueuse et raffinée des magistrats bordelais du XVIIIe siècle à la modeste pitance des paysans landais sous la Restauration, la variété des consommations confirme que l'alimentation reste un facteur essentiel de distinction sociale, même si la diffusion des nouvelles habitudes alimentaires montre qu'il existe aussi des goûts communs et partagés à l'intérieur de cette province. La table du Sud-Ouest apparaît comme un lieu de convivialité et de pouvoir, un mélange complexe d'enracinement et d'ouverture, une synthèse entre d'une part les horizons alimentaires lointains qui s'élargissent au siècle des Lumières grâce au commerce colonial bordelais et d'autre part les produits du " terroir ", ressources variées de l'agriculture et des paysages aquitains. La consommation de châtaignes, de cuisses d'oie confites et de maïs, le goût du vin, de l'ail et du petit gibier, la diffusion du café et de la morue ou la maîtrise de savoir-faire comme les salaisons et les confits sont les indices .probants de l'existence d'une culture alimentaire originale. Les métiers de-bouche (traiteurs, hôteliers), les élites sociales, le clergé et les voyageurs de passage sont présentés dans cet ouvrage comme des acteurs essentiels de la construction de cette gastronomie du Sud-Ouest symbolisée par des ambassadeurs renommés comme les volailles truffées du Périgord, les vins du Bordelais ou le chocolat de Bayonne qui font encore de nos jours sa réputation.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...