Ecrits sur le théâtre. Tome 1, 1891-1917, Edition revue et augmentée
Meyerhold Vsevolod ; Picon-Vallin Béatrice
DEUXIEME EPOQUE
30,00 €
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EAN :9782377691302
Vsevolod Meyerhold (1874-1940), un des premiers metteurs en scène de l'histoire du théâtre est un visionnaire : il a inventé toutes les formes du théâtre du XXe siècle. D'abord acteur au Théâtre d'Art de Moscou, il le quitte en 1902 pour explorer en province des voies nouvelles, loin du naturalisme et du réalisme psychologique, et prend tous les risques. Il découvre le rôle essentiel du corps de l'acteur polyvalent, de son dessin dans l'espace et du mouvement, l'importance du spectateur, "quatrième créateur", pour qui "les paroles sont des broderies sur le canevas des mouvements". Ce premier volume plonge le lecteur dans le début d'un XXe siècle effervescent. Il rassemble lettres, articles, plans de travail tirés de sa revue L'Amour des trois oranges, et l'ensemble de son livre Du Théâtre qui est le roman d'apprentissage d'un jeune artiste examinant ses travaux, leurs objectifs et leurs résultats d'un oeil critique. Chaque mise en scène explore un chemin. Meyerhold s'essaie à tous les genres, drame, pantomime, cabaret, opéra, cirque, cinéma, il ouvre des studios, découvre le "théâtre de la convention consciente", fait l'éloge du balagan - le théâtre de foire -, de la poésie, de la danse. Tous ces textes sont essentiels pour comprendre le théâtre moderne. Musicien, érudit, grand acteur, traducteur, Meyerhold est constamment en recherche, passionné, rigoureux, puisant aux sources des "époques authentiquement théâtrales" qu'il étudie à travers la commedia dell'arte et les scènes asiatiques, dans une pratique pédagogique innovante. On y trouve aussi les traces de son amitié avec Anton Tchekhov et une interprétation musicale de La Cerisaie qu'il monte en 1904. On y voit se développer sa prise de conscience politique. L'actualité de Meyerhold demeure saisissante.
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Nombre de pages
591
Date de parution
26/06/2025
Poids
300g
Largeur
152mm
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EAN
9782377691302
Titre
Écrits sur le théâtre. 1 1891-1917
Auteur
Meyerhold Vsevolod ; Picon-Vallin Béatrice
Editeur
DEUXIEME EPOQUE
Largeur
152
Poids
300
Date de parution
20250626
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Meyerhold rêvait de rassembler en un seul fascicule des textes sur son métier de metteur en scène, comme une trace de son savoir et de son expérience. Sont donc ici réunis aphorismes, cours, extraits de lettres et de conférences, sur ce qu'était pour lui la mise en scène, "la spécialisation la plus large du monde" comme il aimait à le répéter. Outil de réflexion pratique, cet ouvrage propose une préface resituant ce grand metteur en scène dans son époque, avant et après la révolution russe, un appareil de notes et des repères biographiques. L'ensemble a été établi par Béatrice Picon-Vallin, spécialiste du théâtre russe et traductrice de Meyerhold.
Extrait Jusqu'ici et pas au-delà Mon premier mort fut un retraité. Bien avant de voir l'accident, la maladie, l'âge faire disparaître les proches que j'aimais, bien avant de devoir accepter le fait que le frère, le père encore si jeune, les grands-parents et même le chien des années d'enfance ne fussent pas immortels, et bien avant de me retrouver à entretenir un dialogue compulsif - enjoué, désespéré - avec mes défunts, je découvris un matin un retraité mort. Une semaine plus tôt, j'avais eu sept ans, un anniversaire que j'avais attendu fiévreusement car il me donnait enfin le droit d'aller seul à l'école. Du jour au lendemain, j'eus ainsi la permission de faire halte et de repartir à ma guise. La propriété dans laquelle était installé l'établissement psychiatrique où j'avais grandi ainsi que les jardins, maisons, rues et buissons qui s'étendaient au-delà de ses murs en étaient comme métamorphosés, et je découvrais des choses que je n'avais jamais remarquées lorsque j'étais en compagnie de ma mère ou de mes frères. Je faisais des pas un peu plus grands et je me sentais incroyablement adulte. Comme j'étais désormais un individu autonome, les choses autour de moi s'individualisaient elles aussi. Confrontations d'égal à égal : le carrefour et moi. Le kiosque et moi. L'enceinte de la casse automobile et moi. J'étais surpris du nombre de décisions que j'avais soudain à prendre. Quand je marchais en tenant la main de ma mère, j'avais tendance à rêvasser ou à lui parler et je me laissais conduire à l'école sans prêter attention au chemin, comme une lettre qu'on porte à la boîte. La première semaine, je fus sage. J'avais juré solennellement de ne pas m'écarter du chemin convenu - celui auquel ma mère m'avait initié à grand renfort de «regarder à gauche, et puis à droite, et puis encore à gauche». Mais, le lundi suivant, je voulus faire un petit détour par le lotissement de jardins ouvriers. J'ouvris une porte verte grillagée et m'engageai sur un sentier qui longeait des propriétés miniatures, des arbustes et des carrés de légumes. Je n'étais pas très à mon aise, car mon père m'avait expressément interdit cet endroit. «Il y a souvent des types peu recommandables qui se cachent dans ce genre de cabanons, m'avait-il averti. Évite d'y aller, d'accord ?» - «Oui, papa, d'accord.» Je cueillis une pomme encore verte, mordis dedans, crachai habilement ma bouchée acide entre deux lattes de clôture et lançai le fruit le plus loin possible par-dessus les toits. Je tendis l'oreille, mais rien ne vint rompre le silence, à croire que j'avais expédié la pomme tout droit en apesanteur. Je crachai une ou deux fois, puis me remis en route. Je n'avais pas pensé que le lotissement serait aussi vaste et labyrinthique. À chaque embranchement, je prenais à droite, espérant rejoindre une porte que je connaissais bien et qui n'était qu'à une centaine de mètres de mon école.
Barba Eugenio ; Savarese Nicola ; Deschamps-Pria E
D'où est-ce que je viens ? Qui suis-je ? Où est-ce que je vais ? Pour répondre à ces questions, nous devons envisager dans une autre perspective les innombrables formes, expériences, vestiges et mystères que l'histoire de notre profession nous a légués. C'est la seule façon de nous construire une boussole personnelle pour traverser les cinq continents de notre métier : quand, où, comment, pour qui et pourquoi on fait du théâtre." Eugenio Barba.
Plusieurs propositions scéniques contemporaines mettent en scène des comédiennes et comédiens non-professionnels, et des acteurs professionnels handicapés, figures singulières du théâtre. Ils appartiennent pour la plupart à des "publics empêchés" : réfugiés (les Cantieri Meticci), ex-détenus (Iliade, Une longue peine), issus de quartiers ou de classes populaires (F(l)ammes, Moi, Corinne Dadat), ou bien en situation de handicap (les spectacles de Madeleine Louarn). Ces créations inclusives et novatrices, parfois militantes, déploient des écarts entre nos imaginaires cloisonnés et les réalités irréductibles de chaque vie ou fiction. Dans cet ouvrage collectif, metteurs en scène, comédiens et théoriciens reviennent sur les processus, les enjeux et la réception de ces spectacles qui ébranlent parfois, ou mettent à nu, le dispositif théâtral. Que suscitent ces espaces d'accès à l'attention et aux métamorphoses, quand c'est de fiction qu'il s'agit ? De quelle façon ces créations interrogent-elles nos classifications sociales ou esthétiques, et en définitive, nos regards de spectateurs et spectatrices ? Gageons que ces manières de faire et d'être sur les plateaux viennent ouvrir nos scènes, instaurer de possibles liens et enrichir la perception que nous avons des autres dans l'ordinaire de nos vies.
Pour comprendre la veine créatrice de la compagnie du Théâtre du Mouvement, nous devons nous interroger sur la notion de théâtralité du mouvement et parler des frontières de l'art du mouvement, de l'art du mime et du geste, et de l'art théâtral. Toutes ces dimensions inspirent autant de fascination, sont autant de plaques vibrantes et inspiratrices. A travers une expérience de plus de 40 ans, Claire Heggen et Yves Marc, en partage avec de nombreux acteurs de mouvement, ont développé cette notion large de théâtralité du mouvement qui dépasse les frontières. La pratique corporelle de l'acteur entre mobilité et présence dramatique, le regard aiguisé des metteurs en scène, leur dialogue réciproque et leurs utopies ont nourri la création au sein de la compagnie. Ainsi se sont construites peu à peu, entre sensibilité et réflexion, les recherches créatives ainsi que les bases d'une pédagogie et d'une transmission. Entre autres, la démarche d'Etienne Decroux vers un acteur corporel et dramatique, reste le haut lieu de leurs références sensibles. Il a ouvert la voie d'un genre théâtral en dehors du mot, où la formalisation poétique a autant d'importance que la narration. En plus de leur propre réflexion sur l'art, les auteurs dévoilent dans ce livre les coulisses de leurs parcours et de leurs expériences, au travers de témoignages, de retranscriptions de conférences ou d'entretiens et d'articles de recherche. Une théâtrographie détaillée et commentée permet de saisir le contexte. Les propos sont enrichis d'une centaine de photographies retraçant l'histoire du Théâtre du Mouvement et illustrant plus de 40 ans d'existence.