Lettres du paradis. Edition bilingue français-arabe
Mersal Iman ; Herbéra Ghislaine ; Jacquemond Richa
PORT A JAUNI
11,00 €
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EAN :9782494753174
Septième titre de la collection des Racines autour d'un autre champ lexical et sonore. Ici, nous revenons sur une racine déjà explorée dans le premier volume de la série, "Les lettres du jardin" : la racine jnn nourrit les mots janna (paradis), jounayna (jardin), djinn (esprit malin), janîne (foetus), majnoûn (fou). Mais aussi les mots jounân (voile, rideau, bouclier), jounna (armure) ou janân (l'âme, le coeur) : cette racine est en fait liée à tout ce qui est enveloppé par la nuit, plongé dans l'obscurité, ce que l'on ne voit pas, qui est dissimulé à la compréhension immédiate... C'est cette dimension qui est explorée par Iman Mersal, grande poétesse contemporaine égyptienne. Il nous paraît intéressant de publier plusieurs ouvrages autour d'une même racine, pour attester que chaque personne peut s'adonner au jeu, chercher ce qui relie ces mots, et qu'il n'y a pas une seule réponse à la compréhension du lien qui les unit. Iman Mersal propose une interprétation de ce champ de mots très différente de celle de Layla Zarqa dans "Les lettres du jardin", laquelle avait choisi de s'adonner à un exercice d'écriture proche de l'oulipo, en inventant un principe narratif ou littéraire qui reliait les mots de la racine entre eux. La poésie d'Iman Mersal explore le chemin de la vie : du foetus au monde des esprits, de la naissance à l'au-delà de la mort. Le long de ce chemin, elle questionne la folie des hommes, le moment où tout bascule. Elle interroge le lien entre les mondes et poétiquement, les raisons linguistiques qui placent, en arabe, ces mots dans le même champ. L'illustration d'Herbera vient sublimer l'écriture : Herbera grave, imprime, peint, laisse couler. Dans la matière même de son image, elle répond au thème de la trace évoquée par la poésie de Mersal. Herbera pose sur ses peintures des personnages en noir et monotypes, mi-réels mi-esprits, mi-hommes mi-animaux, au croisement des mondes.
Nombre de pages
16
Date de parution
05/02/2025
Poids
78g
Largeur
171mm
Plus d'informations
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EAN
9782494753174
Titre
Lettres du paradis. Edition bilingue français-arabe
Auteur
Mersal Iman ; Herbéra Ghislaine ; Jacquemond Richa
Editeur
PORT A JAUNI
Largeur
171
Poids
78
Date de parution
20250205
Nombre de pages
16,00 €
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Résumé : Une jeune écrivaine égyptienne, Enayat El-Zayyat, s'est donné la mort en 1963, et personne ne se rappelle plus de son seul et unique roman, "L'Amour et le Silence", publié en 1967. Plus de quarante ans plus tard, Iman Mersal l'a lu et, intriguée par le suicide de son auteure, a mené une longue et minutieuse enquête pour reconstituer son histoire. Un livre inclassable, entre la biographie, l'enquête historique et journalistique ou encore l'essai, superbement écrit par Iman Mersal dont la prose se révèle aussi forte et émouvante que sa poésie.
Résumé : "Devant les vitrines lumineuses / regorgeant de sous-vêtements / je ne peux m'empêcher de penser à Marx. // Le respect de Marx, / seul point commun entre tous ceux qui m'ont aimée / et à qui j'ai permis d'écorcher, à des degrés divers, / les poupées de chiffon cachées en moi. // Marx / Marx / Jamais je ne lui pardonnerai." Les poèmes réunis dans ce livre sont extraits de quatre des cinq recueils publiés par Iman Mersal : les deux premiers dans les années 1990, alors qu'elle participe au Caire à l'émergence d'une nouvelle avant-garde poétique, les deux suivants en 2006 et 2013, après qu'elle a émigré au Canada. Au delà des évolutions thématiques liées à ce changement, on est frappé par la cohérence de la voix poétique qui s'y exprime : même refus des procédés poétiques arabes traditionnels, même distance ironique, tantôt féroce quand elle vise les intellectuels cairotes imbus de leur mission poétique et politique, tantôt empreinte de tendresse et d'empathie quand elle évoque le monde rural de son enfance, marquée par la disparition précoce de sa mère. La poésie d'Iman Mersal est donc intimement liée à son expérience et son histoire personnelles. En cela, c'est aussi une poésie féminine, d'une modernité radicale, tant par son refus des thématiques et des images habituellement associées à la femme arabe que par sa manière, parfois bouleversante, de se mettre à nu sans jamais s'exhiber. Une poésie riche et complexe derrière l'apparente pauvreté de ses moyens rhétoriques, et d'une grande originalité dans un champ poétique arabe encore largement dominé par les hommes.
Résumé : "Ma mère a refusé que quiconque écrive sur nos corps" et c'est elle qui écrit : nom, prénom, père, mère, lieu et date de naissance... , pour que les corps ne se dispersent pas, pour que l'humanité demeure. Lorsque nous entendons ce poème pour la première fois, il résonne avec les périodes sombres de l'espèce humaine. Il demeure et fait son chemin, dans nos corps, comme un cri pour l'humanité, venu de Palestine par la voix de Hanine Amine et de Mustapha Benfodil. La peinture de Thomas Azuelos explore ce chemin et ce cri : il donne à voir le corps, entre lambeaux et humanité magnifiée, entre horreur et jouissance.
Moi, ce n'est pas de pain dont j'ai envie, seulement d'une mort ordinaire, une mort sans lambeaux de chair, une mort plus attrayante que celle qu'on nous sert au quotidien dans les salles de rédactions et les cuisines de l'information, une mort insolite, confidentielle, et qui n'aurait pas déjà été utilisée par cinquante mille autres avant moi" Ce recueil rassemble cinq poèmes écrits par Hamed Achour et Haydar El-Ghazali, jeunes poètes et Nisrine Suleimane, jeune poétesse, vivant aujourd'hui à Gaza : une supplique pour emporter cette nuit qui pèse sur nos poitrines, une question " comment tu vas ? Je vais en ruines " une voix de gardien dans un cimetière à Gaza une envie de mourir dans un lit, pour rien, ni pour une cause, ni pour quelqu'un une pensée de goutte d'eau. Ce qui relie ces poèmes, c'est la présence entremêlée de la vie et la mort. La mort est dans la vie, la vie est pleine de mort. Impossible de savoir si la voix émane d'un. e vivant. e ou d'un. e défunt. e. Les mondes sont inversés, les ruines et les corps sont omniprésents, et c'est la poésie de trois jeunes poètes. se qui les charrie vers nous. La peinture de Thomas Azuelos témoigne de corps empilés, entrelacés, perdus dans une masse rendue informe, dont rien ne dit si elle est inerte ou vive. Dans cette peinture abstraite de l'humanité, la même page peut nous apparaître terrible et évoquer un charnier. D'autres fois, elle nous semble douce et l'on devine des visages humanisés.
Durant cinq années, Le port a jauni a publié un recueil de roubaiyat par an. Les ROUBAIYAT sont des quatrains, comme l'indique leur nom issu du chiffre "arbaa", quatre. Genre poétique perse et arabe qui remonte au XIe siècle avec l'oeuvre d'Omar Khayyam, les roubaiyat ont été le terrain de jeu de poètes égyptiens des années 1960-70, qui ont revisité le genre avec humour et truculence linguistique en arabe contemporain dialectal. Ces quatrains sont une méditation sur la vie, la mort, la joie, le temps qui passe, l'innocence, l'absurdité du monde, son origine, sa cruauté : ils posent un regard et s'attardent sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. Durant trois années, Christian Tortel a envoyé au Port a jauni un haïku par mois. Les HAÏKUS sont des poèmes des tercets qui relèvent de la tradition japonaise. Mais Christian Tortel les écrit en français ou en arabe, et les traduit dans l'autre langue. Ainsi, une fois par mois, se posait dans la boîte à mails du Port a jauni un poème sur des instants fugaces, des détails, des petites choses qui disent le monde entier. A force de fréquenter ces deux chemins parallèles, roubaiyat et haïkus en arabe, il nous est apparu évident de les croiser. Et dans un grand tissage des genres poétiques, les THOULATHIYAT (prononcez "soulassiyate") sont nées. Elles sont des haïkus ou des tercets, comme l'indique leur nom issu du chiffre "thalatha", trois. Elles sont autant de méditation sur la vie, la mort, le temps qui passe, les mots sans frontière. Elles relient le monde arabe à l'Asie, la France au monde arabe, les langues entre elles, elles racontent, en creux, les tissages possibles en poésie. Un nouveau terrain de jeu qui réinterprète et on l'espère, revitalise, le champ poétique en bilingue, à la fois hommage aux genres anciens et clin d'oeil humoristique pour une création contemporaine.
Résumé : Odile Fix vit sur la terre aride du Cantal dans l'Ardèche du Nord. Clothilde Staës vit sur la terre solaire d'Ardèche du Sud. Le port a jauni a proposé une rencontre entre ces deux univers. Nous avons donné comme proposition d'écriture à Odile Fix le thème de la terre, des matières, du frottement entre les matières, comme dans la poésie du désert dont le poème "Mu'allaqa, un poème suspendu" (Le port a jauni, 2019) se fait l'écho, comme dans "Poèmes de roches et de brumes" (Le port a jauni, 2018). Mais ici, d'autres matières sont en jeu : la pierre et le temps. Puis nous avons confié le poème à Clothilde Staës avec pour consigne de ne pas lui être fidèle, de travailler sur des masses lumineuses, souples, douces, en écho distancié à l'écriture rugueuse d'Odile Fix. Voici comment est né ce poème, "Pierre d'un jour".