Publié en 1771, L'An 2440. Rêve s'il en fut jamais nous entraîne dans un voyage inédit : Louis-Sébastien Mercier, l'auteur du célèbre Tableau de Paris, s'endort un soir à minuit et se réveille quelque sept cents ans plus tard, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la capitale, il s'étonne de tout, est lui-même objet de curiosité et tire de sa vision de profondes réflexions tant politiques que sociales et économiques. Le Paris de 2440, " auguste et respectable année ", apparaît comme un songe merveilleux, tout en faisant la description d'une société idéale ; l'auteur, nourri des Lumières, croit en effet en la mission prophétique des philosophes et écrivains.À la fois premier roman d'anticipation, lançant une mode qui s'étendit rapidement à toute l'Europe, et peinture réaliste d'un univers quotidien, ce récit étonnant mêle une critique acerbe du XVIIIe siècle et une description du " Monde comme il va ", selon l'expression de Voltaire. Le Paris futur décrit par Mercier peut nous sembler déjà dépassé. Mais il est un témoignage politique, littéraire et moral essentiel sur les rêves d'une génération qui a voulu et fait la Révolution française, et espéré construire un monde meilleur.Table des matières : IntroductionPremière partie : Comment expliquer l'attitude hostile des écrivains devant la commune de paris1. Conditions historiques, politiques et sociales depuis 18482. Écrivains et classes socialesI. Le bourgeoisII. Le peuple et la bohèmeIII. Aristocratie et conception aristocratique de l'art3. Le refus de l'action politique et le mouvement de l'art pour l'artI. Le refus de l'action politiqueII. Le mouvement de l'art pour l'artDeuxième partie : La réaction personnelle et politique des écrivains1. Réaction à l'annonce de l'événement et signification globale que lui donnent les écrivains2. Jugements portés sur les communards : les dirigeants, la populace, la femme, les étrangersI. Les dirigeantsII. Le peupleIII. La communardeIV. Les étrangers3. L'oeuvre de la Commune4. La Semaine sanglante et les jours qui ont suivi5. L'avenir de la France après la Commune. Les remèdes à la criseTroisième partie : La réaction littéraire des écrivainsConsidérations générales1. Les types dans la littérature anticommunardeI. Le jeune déclassé communardII. Le mauvais ouvrierIII. Le voyouIV. La communardeV. Le soldat versaillais2. Les thèmes et les mythesI. L'orgieII. La fièvre obsidionaleIII. La culture pervertisseuseIV. Famille et travail3. Les procédés littérairesI. Destruction formelle de l'argumentation communardeII. Réduction de la classe ouvrière à un seul personnageIII. Le repentir du communardIV. L'ordre moral prêché par les communardsV. Les personnages antithétiquesVI. La Commune contre la FranceQuatrième partie : Langue et écriture chez les écrivains anticommunards1. Le pouvoir du mot2. Le système d'argumentationI. " Le réel donné sous sa forme jugée "II. Le système analogiqueConclusionBibliographieDes artistes pour la communeL'influence de Charles Fourier sur les artistesDes carrières bouleverséesS'épanouir à l'étranger et y réussir mieux qu'en FranceLa génération d'après.
La Néologie, parue en 1801 et jamais rééditée depuis, est le dernier ouvrage marquant de Louis Sébastien Mercier (1740-1814). C'est avec ce livre très original que l'auteur du Tableau de Paris et du Nouveau Paris quitta la scène littéraire sur une ultime pirouette, peu comprise par ses contemporains. Nous sommes mieux à même, aujourd'hui, de mesurer en quoi cette ?uvre, aux accents si modernes, ouvre la voie au nouveau siècle. Ce "Vocabulaire" apparaît comme le couronnement de toute l'entreprise néologique des Lumières et témoigne, à sa façon, de la néologie révolutionnaire. Il s'agit là d'une ?uvre majeure pour la lexicographie et pour l'histoire de la langue française. Mais il faut également entendre Mercier à la lettre lorsqu'il revendique paradoxalement son dictionnaire comme un de ses livres à part entière et sans doute comme le plus personnel. La Néologie se révèle, en effet, comme l'atelier de l'écrivain et comme un autoportrait en creux. Jean-Claude Bonnet, auquel nous devons la redécouverte des ?uvres de Mercier, dévoile ici toutes les faces d'un ouvrage étonnant et plein d'intuitions fécondes. L'auteur du Tableau de Paris a été, comme il le reconnaît lui-même, "constamment néologue" dans ses écrits et sa néologie créatrice se confond avec sa vocation d'écrivain.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.