L'acte de lire reste au principe du travail qui conduit un metteur en scène jusqu'à la représentation théâtrale. Ce rapport premier au texte suscite la vision personnelle qui cherche alors à lui donner vie sur scène par la voix, le corps, le jeu des acteurs au plus intime de soi, tout en recourant au sein d'un décor d'illusions à toutes sortes d'impressions sonores et visuelles créées en régie. C'est avant tout d'un art vivant qu'il s'agit, créateur d'émotions, incarnant dans l'espace, les corps, la lumière et le mouvement, les mots d'un auteur. Le présent livre obéit au mouvement inverse, dont le titre souligne le paradoxe : "Au théâtre, dans le texte ! " , un peu à la façon dont Musset avait envisagé un spectacle dans un fauteuil, c'est-à-dire un théâtre fait pour la lecture, histoire de remettre simplement l'accent, à l'occasion et en marge d'une représentation, sur le texte qui est donné à lire avant de naître à la scène. Une attention soutenue à sa lettre, à la "vie de la lettre" dans le cheminement du texte, est ici requise - et les citations dans l'original sont à dessein nombreuses - pour que, guidé par elle, l'esprit s'ouvre de nouveau ou autrement aux enjeux de vérité qui se font entendre à partir de ce qui s'écrit dans ce qui se dit. L'acte de lire rend toujours hommage aux pouvoirs propres de la littérature". Charles Méla est né en 1942. Il enseigna la littérature française du Moyen Age et de la Renaissance à la Sorbonne, à l'ENS et à l'université de Yale avant de devenir professeur à l'université de Genève de 1982 à 2007. Il a dirigé la Fondation Martin Bodmer à Genève. Entre 2014 et 2018, il présente vingt-deux conférences à la Comédie de Genève. Le présent volume est une réécriture de dix d'entre elles.
Nombre de pages
200
Date de parution
03/11/2023
Poids
372g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782889601295
Titre
Au théâtre dans le texte. D'Eschyle à Beckett
Auteur
Méla Charles
Editeur
LA BACONNIERE
Largeur
162
Poids
372
Date de parution
20231103
Nombre de pages
200,00 €
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Le présent ouvrage retrace la vie et l'?uvre de Martin Bodmer et offre un parcours de la collection qui suit le cheminement intellectuel de l'humanité, à travers quelque 150 pièces exceptionnelles par leur qualité et leur rareté, et représentatives des différents domaines du Pouvoir (Histoire, Politique, Droit), du Savoir et de la Foi (Philosophie, Sciences, Religion), de l'Art enfin (Poésie, Théâtre, Musique, Roman, Fables et contes, Littérature enfantine). Chaque légende essaie de répondre à une simple question : pourquoi telle ?uvre particulière mérite-t-elle de compter parmi les plus belles ou les plus décisives des réalisations humaines ? La Bibliotheca Bodmeriana consacrée à la littérature universelle (Weitliteratur), que Bernard Breslauer tenait pour " l'une des plus belles bibliothèques privées de tous les temps ", fut inaugurée par Martin Bodmer (1899-1971) le 6 octobre 1951, à Cologny, sur les bords du lac Léman : elle a été l'?uvre de toute une vie. Le 26 février 1971, il en fit don à une Fondation de droit privé, reconnue d'intérêt public, que son fils aîné, Daniel Bodmer, présida de 1971 à 1994. Une extension des locaux fut projetée en 1999 et mise en ?uvre l'année suivante. Le 21 novembre 2003 naissait un nouveau musée, conçu et réalisé par l'architecte Mario Botta. En 2004, M. Jean Bonna, lui-même collectionneur d'exception, est devenu président du Conseil de la Fondation.
Sa leçon d'adieu à l'Université de Genève, en juin 2007, " découvre avec virtuosité, par associations fulgurantes, le réseau caché des symboles, le rayonnement et les ruses du sens dans la conjointure du texte médiéval. (...) Dans les menus détails d'une histoire, dans les sons et les images semés à travers tel texte, Charles Mélo reconnaît l'expression d'une quête nostalgique de la plénitude perdue. "
Première étude d'envergure sur les monstres et le monstrueux en Russie, cet essai en dévoile les sources historiques, culturelles et littéraires. On y découvre tour à tour les termes qui disent les monstres en russe - ourod en est un - les mythes et légendes qui en content les aventures, l'imaginaire qui en dessine les contours visuels, les événements qui jalonnent leur parcours. Trois moments clés révèlent la puissance symbolique des monstres en Russie : au XVIIIe siècle, la Kunstkamera, considérée comme le premier musée russe, expose des monstres anatomiques - vivants ou en bocaux - côte à côte avec des animaux exotiques et des découvertes scientifiques et techniques. Au XIXe siècle, des êtres au physique jugé monstrueux sont exhibés dans des foires populaires et autres espaces de divertissement, marquant profondément la culture citadine de l'époque. Enfin, au tournant du XXe siècle, avec le développement fulgurant de la médecine et des sciences de la vie, le regard sur les monstres change encore : le scalpel des chirurgiens fait surgir la possibilité de soigner les anciens monstres et d'en créer de nouveaux. L'auteure se focalise sur des années charnières de l'histoire culturelle et sociale de la Russie, à savoir le premier tiers du XXe siècle, qui revisite en profondeur ce passé monstrueux. A l'heure de construire une société nouvelle, de faire table rase du passé, quel rôle les monstres ont-ils joué face à "l'homme nouveau" et à la "femme de demain" ? Pour répondre à cette question, l'auteure explore divers textes d'Alexandre Beliaev, Mikhaïl Boulgakov, Marietta Chaginian, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Ossorguine, Andreï Platonov, Andreï Sobol, Alexandre Tchaïanov, Iouri Tynianov ou encore Evgueni Zamiatine. L'extrême diversité des monstres dont témoigne la littérature de l'époque éclaire d'un jour nouveau la complexité du rapport à l'Autre dans la Russie d'hier comme d'aujourd'hui.
Jura, 1911. Une femme se désespère d'être à nouveau enceinte. Pour implorer la fin de sa grossesse, elle se rend au Gouffre du Diable. A partir de ce lieu dont la terrifiante et réelle histoire nous est contée, Raluca Antonescu entrelace quatre générations de femmes qui traversent le siècle. Lorsqu'il y a plus d'une fleur sur une tige, on parle d'inflorescence. Les personnages de ce roman se construisent au sein de leur jardin, chacune à son rythme, en se réappropriant leur vie. L'inflorescence se fait l'expression de la transmission muette entre générations, le jardin un lieu-miroir qui n'appartient qu'à soi et permet la reconstruction. Jardin ou gouffre, pépinière en Argentine ou plates-bandes ordonnées d'un lotissement Levitt, pollinisation ou pollution ; l'auteure observe ce perpétuel balancier. Née à Bucarest en 1976, Raluca Antonescu est arrivée en Suisse à l'âge de quatre ans. Après une formation aux Arts décoratifs et aux Beaux-arts, elle travaille à des documentaires puis enseigne les arts plastiques. Inflorescence est son troisième roman après L'inondation (2014) et Sol (2017).
Lorsqu'il émigre à New York en 1978, Sergueï Dovlatov cofonde un journal russophone, Le Nouvel Américain, dans l'idée de représenter "la troisième vague d'émigration soviétique" , une génération plus lucide sur l'URSS et nourrie de culture américaine. La marche des solitaires recueille une grande partie de ses éditoriaux. Ces textes, sur fond de climat politique tendu entre l'URSS de Brejnev et les Etats-Unis de Reagan, nous plongent dans les débats qui agitent les cercles de l'immigration soviétique new-yorkaise, constituée de dissidents, d'intellectuels et d'artistes. Dovlatov et ses amis naviguent à vue dans ce nouveau pays, tentant de réaliser leurs rêves de succès sans (trop) compromettre leurs idéaux. Le recueil, inédit en français, rend compte de l'étonnant talent de Dovlatov pour explorer les complexités de l'existence humaine par le prisme du rire.