Après le suicide de ma soeur aînée en décembre 2014, je ne pouvais plus ni lire, ni écrire, ni faire ni écouter la moindre musique. Alors j'ai plongé dans la photographie dont j'ignorais la technique, l'histoire et les opérateurs, comme dans le vide. Traversée impossible vers l'autre monde, vers le ciel sous le sol. Et puis ces images m'ont peu à peu murmuré quelque chose. J'ai longtemps cherché à comprendre, sans y parvenir. Je me trompais d'énigme. L'oubli est une langue morte, perdue, occulte, invasive, dont il faut déchiffrer les signes, effacer l'effacement, s'arracher enfin. Si possible. Si seulement. J'ai fermé la porte, et ouvert la fenêtre, celle d'où l'on voit la mort arriver et la vie venir. C'est la nuit. C'est encore la nuit. C'est toujours la nuit. Je suis mort un certain nombre de fois. Benoît Méjean
Nombre de pages
83
Date de parution
03/07/2022
Poids
150g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782369801368
Titre
Reliqua Desiderantur
Auteur
Méjean Benoît
Editeur
ARNAUD BIZALION
Largeur
150
Poids
150
Date de parution
20220703
Nombre de pages
83,00 €
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C'est un secret pour personne : Pedro Almodóvar est, entre autres, passionné par les femmes et par la musique, et notamment les chansons. Il fallait se pencher sur son ?uvre par le biais de celles qui l'ont inspiré, qu'il s'agisse des femmes (et elles foisonnent actrices, inconnues, chanteuses, et jusqu'à sa propre mère), des chansons ou des musiques inoubliables pour illustrer ses films, rejoignant à ce point les maîtres comme Fellini avec Nino Rota ou Alfred Hitchcock avec Bernard Herrmann.
La vie et l'uvre de Jean Vigo sont marquées par une fulgurance tragique. Celui qu'Henri Langlois a comparé à Rimbaud est né en 1905 et a été marqué à vie par son enfance placée sous le signe de la tragédie. Il n'a que 12 ans lorsque son père, l'anarchiste Almedeyra, meurt dans des circonstances dramatiques à la prison de Fresnes, où l'a mené une sombre histoire de trahison. Pendant longtemps, Jean Vigo sera considéré comme le " fils du traître ". Atteint depuis toujours de tuberculose, il ira pendant toute sa jeunesse de pensions en sanatoriums, et c'est au cours de l'un de ces séjours médicaux dans les Pyrénées qu'il rencontrera Lydu avec laquelle il aura un enfant, Luce. On pourrait presque dire que c'est l'art, d'abord la photo, puis le cinéma, qui vont le sauver. C'est au cinéma qu'il vouera sa vie entière, une vie courte (puisqu'il s'éteindra à l'âge de 29 ans), mais intense. En seulement cinq ans, et quelque quatre films dont un seul long-métrage, il laissera une uvre magnifique et magique qui marquera à jamais le cinéma et la poésie notamment le surréalisme ainsi qu'en témoigne L'Atalante, hommage à la vie des mariniers mais aussi aux amours débutantes. Un chef-d'uvre.
Un avertissement perturbant qui s'impose à la conscience, la sensation que quelque chose est annoncé. Une prémonition. La vision récurrente d'une très jeune enfant courant dans les dédales d'un labyrinthe sombre ou en équilibre sur les anneaux de Saturne, sont un cheminement aux confins du réel, avec la nostalgie de la douleur de l'avant, mais aussi la peur de l'après qui fait revenir en arrière. Le travail de Cécile Menendez, inspiré d'événements survenus dans sa propre vie, nous ouvre les portes d'un univers, mystérieux, onirique. Le temps y est suspendu, le récit est flottant, entre prophétie et réalité.
Bourret Eric ; Cogne Olivier ; Spillemaecker Chant
En réponse à l'invitation du musée Dauphinois (Grenoble), animé par la découverte de nouveaux espaces, il a consacré les hivers 2015-2016 à arpenter, photographier les montagnes situées en Belledonne, Dévoluy, Oisans et Vercors, quatre massifs emblématiques de l'Isère et des Alpes. Nées de cette collaboration, ses images transcrivent cette nature remarquable.
Entre 1975 et 1995, alors que les Rencontres Internationales de la Photographie à Arles sont en pleine adolescence, Pierre-Jean AMAR, tout jeune homme côtoie les plus grands photographes du monde. Débats, stages, soirées au théâtre antique, réceptions, vernissages, .. le monde (alors petit) de la photographie se retrouve, discute, s'aime, invente, innove, ... Dans ces photographies nous retrouvons toute l'ambiance de ces fortes années, quand les Rencontres d'Arles s'appelaient RIP.
Dans les années 1990, si tant est que j'avais compris quelque chose à la photographie, je photographiais en sonnets. Vingt - six, et puis deux autres, ont traversé les ans : vingt et quelques ans, trente en comptant large. Une paroi de temps. Des images, des photographies peut - être, nées ultérieurement, par hasard plus ou moins dans le lieu d'écriture de chaque sonnet, voudraient leur ouvrir des portes vers le dehors de ce qu'ils sont. Retrouvé ces lignes dans mon journal, en date du 28 novembre 2014 : J'aimerais tant, j'ai peur que ne pas, j'aimerais tant qu'il y ait une continuité. Que tout cela ne soit qu'un seul geste, qu'une seule répétition, tendue d'un seul fil... Parfois j'ai l'impression que tout se réduit à une seule image perdue : bord de Semois, été 1982, grillant des tartines sur la braise, un foulard autour du cou... Ce fut l'apprentissage des arbres et des rivières, et d'une exaltation un peu mièvre qui continue de me jouer des tours. Serait- ce juste la perte de cela ? Tous ces mots et ces images pour reconnaître la perte de cela ? F. L.