En Europe et dans le monde, l'islam est aujourd'hui au carrefour de ses avancées et de ses archaïsmes, partagé entre ceux qui croient aux valeurs de la démocratie, de la liberté, de la création venue de l'homme, et ceux qui, aveuglés par leur fanatisme, les dénient au nom d'un mythique recours à ce qu'ils appellent la "souveraineté divine ". Dans ces Contre-prêches, Abdelwahab Meddeb montre que l'islam a déjà eu, dans sa culture et son histoire, les capacités, la force de rébellion et les audaces nécessaires pour assumer ses mutations. Cet examen critique l'aidera à entendre la voix de la raison quand elle réfute avec tranchant la foi qui prêche la servitude et assigne aux humains un destin sot et détestable.
Le personnage marche dans Paris, les sens aux aguets, l'esprit à l'affût, captant la sensation qui transfigure et l'idée qui illumine, à travers la saisie des objets qui fascinent en leur familiarité. Le moi, multiplié, est nommé dans l'ambivalence des pronoms. Comme pour situer le protagoniste dans la fragilité que procure l'insatiable quête de l'image féminine, changeante Aya, possédée, imprenable. D'élévation en descente, le narrateur et son double voient avec le regard de Dieu, ou s'égarent dans la cécité du chaos. Telle est l'inspiration de qui advient à la qualité d'étranger, jubilant dans sa vocation d'iconoclaste passager. En ses péripéties, se déploie un nouveau genre où, à la description qui fonde le roman, s'allient les visions de la poésie et la lucidité de l'essai, à la faveur d'une technique qui approche du collage, en sa façon d'intégrer, dans le flux ininterrompu, des signes et des traditions réputés inconciliables.
En écho à la pensée du mystique persan Sohrawardi sur le thème de "l'exil occidental", Abdelwahab Meddeb nous Invite à partager l'épreuve de l'étranger. Dans sa vérité. l'exil n'est pas un simple déplacement, il induit une tension entre deux moments de l'être, noués dans l'ambiguïté du désir. C'est à partir de cette expérience que se déploie l'?uvre de ce poète de langue française né à Tunis et qui se définit comme "errant et polygraphe". De la poésie préislamique aux émigrés de Tanger, des déserts de l'enfance à la désolation d'Auschwitz en passant par Tunis, New York et le Japon, l'?uvre d'Abdelwahab Meddeb explore toutes les dimensions de l'aventure humaine.
De Tunisie est parti le printemps des peuples arabes. En quelques jours, sous l'impulsion de la jeunesse, les Tunisiens ont renversé une dictature qui, la veille encore, semblait inébranlable. Bouleversé par ce printemps survenu en plein hiver, Ahdelwahah Meddeh nous fait partager ce moment unique, qui inaugure à ses yeux une métamorphose de l'Histoire. Il rencontre à Tunis et à Sidi Bouzid les acteurs d'une révolution éclairée par des valeurs universelles, laïques et non violentes. C'est une leçon politique: ce soudain sursaut de dignité populaire ruine les théories de la fin de l'Histoire ou du prétendu clash des civilisations. Leçon d'humanité aussi: touchées par le sacrifice d'un fils du peuple livré aux flammes, les élites intellectuelles n'ont fait que renforcer un mouvement lancé par les plus pauvres et les plus jeunes. Un livre écrit au coeur de la révolution, avec la justesse et la hauteur de vue d'une méditation intemporelle.
Lorsque John Wheelwright évoque avec nostalgie le puzzle invraisemblable de sa jeunesse, un personnage en émerge : Owen, son ami dont la frêle enveloppe dissimulait une volonté de fer, une foi absolue ou la conviction profonde qu'il était l'instrument de Dieu. Cet ange du Bizarre ne s'était-il pas assigné la double tâche de réparer le tort causé à John et de sauver le monde ?
Dans Comme un collégien, Smiley repart en guerre et reprend sa longue marche vers l'insaisissable Karla. Et cette lutte par moments tourne à l'obsession: dans l'ancien bureau de son chef, Control, Smiley a fait accrocher une photographie de passeport, fortement agrandie. C'est Karla, dont l'effigie, exposée ainsi, est comme ces figurines de cire sur lesquelles les sorciers exercent leurs talents. Dans l'Extrême-Orient pris dans la tourmente de la guerre, sur les plages sans fin du Schleswig-Holstein et dans les salons douillets du quartier des ambassades à Berne, le duel se poursuit sans répit. Échappant à l'espace confiné des bureaux où les services secrets livrent leur obscur combat, Comme un collégien, deuxième volet de la « trilogie de Karla », est un des romans les plus riches que le Carré nous ait donnés.
Ce volume rassemble quatre-vingt contes zen venus de la Chine, du Japon, de l'Inde et du Tibet. Chacun de ces contes, aussi divers que colorés, fait jaillir l'étincelle d'une profonde vérité psychologique et spirituelle. Par la grâce d'un renard, d'une tortue, d'un tambour magique, voici que s'entrebâille la porte du merveilleux. Les histoires qu'Henri Brunel choisit pour nous, et qu'il raconte à sa façon, sont délicieusement paradoxales et toujours évocatrices. Pétillantes de vie et d'humour, elles nous font goûter la saveur et la liberté du Zen.Henri Brunel a été proviseur de lycée et professeur de yoga pendant plus de trente ans. Il a écrit de nombreux ouvrages chez divers éditeurs sur les oiseaux, le zen, la prière, notamment Restez zen, Guide de relaxation pour ceux qui n'ont pas le temps (Le Seuil, 1996 et 2002), Les Plus Beaux Contes zen (Calmann-Lévy, trois tomes et une version illustrée parue en 2002), Je confie mes traces aux nuages (Calmann-Lévy, 2002), Humour zen et L'Année zen (Calmann-Lévy, 2003).