Le bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat 1793-2009
Mazeau Guillaume ; Martin Jean-Clément
CHAMP VALLON
29,00 €
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EAN :9782876735019
Marat a-t-il été assassiné par Charlotte Corday, ou par les historiens eux-mêmes ? Lorsque David livre son Marat assassiné en octobre 1793, trois mois après la mort de l'Ami du peuple, il est déjà trop tard pour espérer éliminer l'assassin de l'histoire, comme cela fut fait après l'assassinat de Le Peletier de Saint-Fargeau. L'événement, pris dans les tourbillons de la mémoire, n'est plus ressenti qu'à travers la figure de Corday. Ce sera le cas pendant plus de deux cents ans. Ballotté par des courants contraires puis rejeté par les historiens universitaires, il finira par s'échouer sur les rives incertaines du patrimoine antirépublicain. Au xxe siècle, Marat est donc mort une seconde fois, noyé sous la popularité de Charlotte Corday. Récrire l'histoire de l'assassinat de Marat, c'est assumer de proposer une histoire non partisane mais résolument engagée d'un événement aux conséquences longtemps sous-estimées. Ce livre tente de montrer qu'on ne peut comprendre l'événement à travers ses seules causes. Si l'on veut mieux saisir son impact, il faut provisoirement accepter de déplacer le regard sur ses effets et sur la figure de Charlotte Corday. Le lecteur est ainsi invité à remonter le cours de la mémoire et à accepter de plonger, avec Corday, Marat et leurs historiens, dans le grand bain de l'histoire.
Nombre de pages
426
Date de parution
29/05/2009
Poids
479g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782876735019
Titre
Le bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat 1793-2009
Auteur
Mazeau Guillaume ; Martin Jean-Clément
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
479
Date de parution
20090529
Nombre de pages
426,00 €
Disponibilité
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Comment lutter dans un monde — le nôtre — qui n'aime rien tant que décréter le bouleversement de tout ? Même les mots paraissent devoir perdre leur sens. La "révolution" est devenue l'étendard des conservateurs, la régression se présente sous les atours du "progrès", les progressistes sont les nouveaux "réactionnaires", le salaire est un coût, le salariat une entrave, la justice une négociation et le marché une morale. Tout ce détournement n'est pas le travail secret d'une propagande. Il appartient à la dérégulation générale qui fait l'ordre d'aujourd'hui, vidant les mots de leur sens, les euphémisant et prenant appui sur l'ombre creuse qu'il met à leur place. Pour aller contre ce monde, il n'est alors peut-être pas de meilleur moyen que de le prendre aux mots, que de refuser, comme disait Orwell, de capituler devant eux. C'est toute l'ambition de cette série d'ouvrages courts et incisifs, animés d'un souffle décapant : chaque fois, il s'agit de s'emparer d'un mot dévoyé par la langue au pouvoir, de l'arracher à l'idéologie qu'il sert et à la soumission qu'il commande pour le rendre à ce qu'il veut dire.
Issu d'une famille réputée dans le monde de la robe, l'avenir d'Adrien Duquesnoy, né en 1759 à Briey, en Lorraine, semble tout tracé : il s'inscrit lui-même au barreau, s'installe à Nancy, où il s'intègre dans la bonne société, dans une relative discrétion. Mais à partir de 1787, la crise que traverse la monarchie va bouleverser sa vie. Après avoir participé à l'Assemblée provinciale, il est choisi en 1789 comme représentant du Tiers état pour aller aux États généraux. À Versailles, tout s'accélère de manière totalement imprévue. Âgé de 30 ans, cet homme banal, chargé d'attentes et d'espérances, participe à l'effondrement du régime. Pétri d'indépendance et de courage, Duquesnoy se jette dans une révolution que personne n'avait réellement anticipée, dont il choisit pourtant d'être un des acteurs. Oscillant entre l'enthousiasme, l'humour acéré, la peur voire le cynisme, balançant entre des émotions contraires, le député de Bar-le-Duc témoigne des problèmes quotidiens que les hommes ordinaires de la Révolution ont dû affronter. Dès les premiers jours, il décide de consigner par écrit son expérience pour mieux la comprendre, mais aussi pour que ses électeurs puissent se faire une opinion des événements. Tenant à la fois du bulletin, du journal et de la correspondance, ce récit exprime d'une façon exceptionnelle la manière dont un député d'abord modéré devient, au fil des événements, un révolutionnaire.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...