Cet ouvrage aborde la question de la crise du renouvellement du personnel académique au sein de l'Université de Kinshasa, une institution qui a connu au cours de son évolution historique, à la fois le phénomène colonial, l'africanisation de ses structures et qui subit actuellement les enjeux de la mondialisation. Contrairement à certaines études antérieures qui n'entrevoyaient cette crise qu'à travers le prisme économique (mauvaises conditions de travail, manque des moyens financiers...), cette étude privilégie dans son explication d'autres facteurs relevant de dimensions non seulement culturelles et symboliques, mais également de la logique même du fonctionnement du champ universitaire congolais, marqué par des conflits entre ses différents acteurs. Cette étude nous montre comment l'université s'est laissée gouverner au quotidien par des pratiques de racisme et de discrimination, mobilisées par ses différents acteurs : pour le contrôle du monopole de l'autorité scientifique. Les enjeux de toutes ces luttes ont été abordés ici parce qu'ils ont eu des répercussions sur la politique de la relève du corps académique.
Nombre de pages
281
Date de parution
29/04/2015
Poids
435g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343050928
Titre
L'Université de Kinshasa en quête de repères
Auteur
Mawanzi Manzenza Thomas
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
435
Date de parution
20150429
Nombre de pages
281,00 €
Disponibilité
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A travers l'histoire, deux génocides ont touché le peuple congolais : l'un lors de la guerre provoquée par le régime rwandais de Paul Kagame, l'autre à la période coloniale, à cause de l'exploitation du caoutchouc ordonnée par Léopold II. L'auteur propose, à travers cet ouvrage, un état des lieux de ces périodes. Il choisit d'étudier tant le rôle et les réactions de la communauté internationale que les stratégies et modes opératoires mis en place par ces régimes. D'autre part, il se penche également sur les répercussions historiques et sociales de ces évènements qui ont bouleversé l'avenir d'un peuple.
L'Etat, en tant qu'institution sociale, ne s'impose dans la réalité qu'à travers les pratiques des acteurs qui l'incarnent et à qui il prête sa force coercitive pour réaliser les objectifs d'intérêt général. Seulement, ces acteurs se retrouvent souvent au cceur de crises politiques dont les enjeux redéfinissent la nature et les missions de cet Etat. Cet ouvrage, en analysant les structures sociales qui déterminent, par leurs particularités, les pratiques des acteurs politiques, montre que les crises qui ont secoué la République démocratique du Congo, loin d'être fortuites, font partie des stratégies politiques auxquelles recourent les autorités dirigeantes pour, non seulement prolonger leur règne politique, mais aussi pour affaiblir l'Etat afin de le convertir en un instrument de prédation des ressources nationales. Cette prédation n'est pas l'apanage des autorités politiques nationales, et profite largement aux anciennes puissances coloniales, signataires de l'Acte général de Berlin de 1885. Car ces dernières, recomposées dans les sociétés multinationales avec certaines puissances émergentes, s'abritent derrière les pratiques de la coutume internationale pour non seulement piller les ressources naturelles de la République démocratique du Congo, mais aussi exclure l'application effective du droit international dans cet Etat qu'elles considèrent implicitement comme un Etat international. Ce sont toutes ces stratégies de prédation sous la bannière ambiguë d'un Etat souverain et international qui ont été analysées dans cet ouvrage.
Penser le pathos de la vie sapientiale africaine à la lumière de la phénoménologie de Dominique Kahang, c'est chercher à fonder des certitudes d'une "philosophie du sentir" de toute une culture et d'une tradition. Réfléchir sur la philosophie sapientiale de la maturité revient à déceler les défis éthiques, politiques et épistémiques de la gestion de la postcolonie par les "élites africaines", écartelées entre l'autonomie et une situation géopolitique et néolibérale qui marginalise l'Afrique. Il s'agit en effet de déployer, à la lumière de la phénoménologie radicale de la vie de Michel Henry, trois questions fondamentales, dont l'articulation n'est pas une évidence : quelle est l'essence de la vie dans la conception négro-africaine ? En quoi consiste la visée de maturité du Muntu dont la maturité se révèle dans le langage symbolique initiatique, porté par l'intelligence de la rationalité symbolique ? Comment la pensée du "sentir" qui est au coeur de la réflexion de Kahang peut-elle promouvoir le vivre-ensemble dans un horizon cosmopolitique universel ? En s'interrogeant sur la visée phénoménologique de maturité de la vie africaine, cet ouvrage montre que la pensée de Kahang reste fortement imprégnée par une expérience de la temporalité de l'homme africain, capable d'assumer son destin devant l'histoire. Par ailleurs, elle s'affiche clairement comme une phénoménologie politique, qui stimule l'éveil de conscience de tout homme opprimé qui se découvre dans l'épreuve de la vie, celle qui s'autoaffecte dans les contingences, les enjeux de savoir et de pouvoir. Soucieux de bâtir un Etat de droit, un espace public en Afrique, enrobé dans les valeurs républicaines et démocratiques, Kahang appelle à construire une éthique du pouvoir et de la responsabilité, fondée sur les principes de reconnaissance et de justice.
Promoteur d'une vaste réflexion critique sur l'humanisme et le devenir de l'homme africain, Jean-Marc Ela (1936-2008), sociologue, théologien et philosophe camerounais, tente de renouer, à travers l'histoire récente des missions chrétiennes en Afrique, un nouveau dialogue entre le christianisme, le génie culturel et la vie de la communauté politique. Pour y parvenir, il scrute, non pas du seul point de vue de l'histoire, où le passé trouble de la rencontre de l'Afrique avec l'Occident plonge ses racines, mais en particulier dans la banalité du quotidien concret, où "la douleur noire" indicible refait surface et jette le discrédit sur la crédibilité de l'Evangile de libération. C'est sur ce fond que l'auteur du présent essai entreprend la reconstruction de la raison critique qui traverse la pensée politique de J.-M. Ela dans une perspective humaniste. Au-delà du désir de réappropriation de soi et de revendication de la libération des peuples opprimés de la servitude, l'assujettissement et la prise en otage de certains pays d'Afrique actuelle relèvent indéniablement des structures politiques et économiques systémiques, ainsi que de la seule volonté des maîtres venus d'ailleurs et de leurs caporaux, animés avant tout par l'idéal de conquête d'hégémonie, de mondialisation, de mainmise et de pouvoir de domination. Quelles perspectives d'avenir en Afrique ?