Oeuvres. Tome 2, Représentations collectives et diversité des civilisations
Mauss Marcel
MINUIT
84,20 €
Epuisé
EAN :9782707303929
Avec l'étude des représentations collectives, l'Ecole sociologique française entendait mettre au jour la genèse collective de notions logiques et de représentations telles que celles de la totalité, d'espace ou de temporalité où la philosophie spéculative voyait des formes a priori ou des données immédiates de la conscience. C'est l'ambition de réaliser une histoire sociale de l'esprit humain qui inspire les travaux de Mauss sur les classifications primitives (préparés en collaboration avec Durkheim), la mythologie archaïque, les jeux et les arts des sociétés sans écriture ou les textes portant sur les procédés et croyances magiques qui illustrent l'interdépendance étroite, tant affirmée par l'Ecole sociologique, entre les pratiques et les représentations religieuses en se fondant sur des informations ethnographiques australiennes résumées dans d'importantes notes de lecture. L'usage de la méthode comparative conduisait naturellement à une théorie des civilisations que l'on trouve esquissée dans plusieurs textes capitaux : si les mêmes fonctions sociales sont remplies par des voies différentes dans les différents milieux sociaux, c'est que les faits de culture sont arbitraires en même temps qu'ils s'organisent en ces systèmes socio-logiques et irréductibles que sont les civilisations. Ces écrits précurseurs continuent de guider la recherche ethnographique non sans inspirer la réflexion théorique la plus neuve, telle la pensée structuraliste.
Nombre de pages
740
Date de parution
01/09/1969
Poids
764g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707303929
Titre
Oeuvres. Tome 2, Représentations collectives et diversité des civilisations
Auteur
Mauss Marcel
Editeur
MINUIT
Largeur
136
Poids
764
Date de parution
19690901
Nombre de pages
740,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Essai sur le don" de Marcel Mauss est une analyse pionnière des pratiques de don et d'échange dans les sociétés archaïques. Mauss explore la dynamique complexe du don, qui va au-delà de la simple transaction économique pour inclure des dimensions sociales, religieuses et morales. En se basant sur des exemples ethnographiques variés, tels que le potlatch des peuples autochtones du nord-ouest américain ou le système de kula dans les îles Trobriand, Mauss démontre comment le don repose sur un triple impératif : donner, recevoir et rendre. Ce processus crée et renforce les liens sociaux, tout en établissant une hiérarchie et une obligation morale entre les participants. L'ouvrage met également en lumière le concept de "hau", ou l'esprit du don, qui incarne l'idée que chaque objet donné porte une part de l'identité de son donateur, créant ainsi une obligation de réciprocité. Par son approche interdisciplinaire, Mauss jette les bases de l'anthropologie économique moderne, influençant des penseurs comme Claude Lévi-Strauss et Pierre Bourdieu. En décryptant les mécanismes sous-jacents des échanges non marchands, "Essai sur le don" invite à repenser les notions contemporaines de l'économie et de la solidarité. L'AUTEUR : Marcel Mauss, né le 10 mai 1872 à Épinal et mort le 10 février 1950 à Paris, est un sociologue et anthropologue français de renom. Neveu d'Émile Durkheim, il a été profondément influencé par les travaux de son oncle, tout en développant sa propre approche méthodologique. Mauss a étudié la philosophie, la psychologie et la philologie, mais c'est en sociologie et en anthropologie qu'il a laissé son empreinte la plus durable. Professeur au Collège de France, il a été l'un des fondateurs de l'Institut d'ethnologie de l'Université de Paris. Son oeuvre majeure, "Essai sur le don", a été publiée en 1925 et reste une référence incontournable dans le domaine de l'anthropologie économique. Mauss a également contribué à la fondation de l'ethnographie française moderne, en encourageant l'étude des sociétés non occidentales. En plus de ses travaux académiques, il a été actif politiquement, militant pour la coopération internationale et le socialisme. Sa capacité à intégrer des perspectives variées et à analyser les structures sociales a fait de lui une figure centrale du développement des sciences sociales au XXe siècle.
Les travaux mineurs préparant l'Essai sur le don convergent tous vers une théorie de la cohésion sociale fondée sur la réciprocité des prestations, autant matérielles que symboliques, entre membres de la communauté. Des institutions telles que le potlatch ou les parentés à plaisanterie illustrent l'hypothèse selon laquelle le jeu social s'accomplit toujours dans un échange symbolique, pacifique et agonistique à la fois, qui se déroule sur plusieurs plans, économique, esthétique, éthique, religieux et où s'établissent valeurs et positions relatives, statuts, rangs et prestige. Afin d'appréhender et de comprendre de tels phénomènes sociaux totaux et l'homme total qui en est l'agent, la sociologie doit travailler de concert avec les autres sciences anthropologiques - biologie et psychologie - cela, au prix d'une réflexion sur le domaine propre et les divisions de la sociologie et sur l'unité de la science sociale, unité d'objet et de méthode que Durkheim avait toujours proclamée et réclamée et qui fait par exemple que les mêmes procédés d'observation et d'analyse valent pour les "primitifs" et les "civilisés". Et Mauss d'esquisser une sociologie générale descriptive en s'appuyant sur les travaux de ses maîtres, élèves et compagnons de l'Ecole française de sociologie. Ethnologue de métier, il incarne d'ailleurs lui-même de façon exemplaire cette science sociale multiple et une, comme en témoignent ses importants fragments de sociologie politique rattachés à ce dernier tome des Oeuvres. Le volume est complété par la bibliographie exhaustive de ses écrits, cours, exposés, comptes rendus d'ouvrages, notes et interventions orales.
Marcel Mauss a apporté des réponses partielles et nuancées aux interrogations qui étaient au coeur de la problématique à laquelle s'attaquait, à ses débuts, l'Ecole française de sociologie : les notions de sacré et de profane représentent-elles, dans une théorie de la société, les termes idéaux d'une opposition entre faits collectifs et individuels ? Le sacré, au sens large, enferme-t-il le champ des possibles sociaux et la religion, au sens étroit, se trouve-t-elle à la source des institutions collectives, au point de s'imposer au sociologue comme objet d'étude privilégié ? Moins préoccupé de théorie générale que Durkheim, Mauss réussit, grâce à une exceptionnelle érudition ethnographique, sociologique et historique, à dégager quelques manifestations essentielles des formes élémentaires de la vie religieuse dans leurs rapports fonctionnels avec le milieu social. Tous ces textes de la première période de son activité, certains inédits, d'autres devenus d'ores et déjà classiques, se trouvent réunis ici pour la première fois.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.