Alternatives théâtrales N° 119, 4e trimestre 2013 : Le grand format
Maurin Frédéric
ALT THEATRALES
18,00 €
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EAN :9782874280900
Le grand format n'existe pas. Il n'est de grand que dans un rapport de proportion, dans un ordre de comparaison face à une habitude ou une attente moyenne. Une convention se voit bousculée, et un standard étiré, élargi, amplifié. Un cadre saute, une norme s'abolit par et dans un objet qui tient à la fois de l'énormité et de l'anormalité, peut-être de l'anomalie ou même de l'anomie. Hors-norme, le grand se met hors la loi. Il porte atteinte au juste milieu du « jamais trop, toujours assez », affole la sagesse et dérègle la « pensée de midi » (Paul Valéry). Conçu comme rythme, il prend le pouls de l'art et oppose l'expansion à la contraction sur le modèle de la diastole et de la systole, aux antipodes du repli frileux sur les formes brèves qui elles-mêmes entendent dénoncer son arrogance... Frédéric Maurin, extrait de la préface, le grand et ses paradoxes.
Nombre de pages
100
Date de parution
18/12/2013
Poids
500g
Largeur
240mm
Plus d'informations
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EAN
9782874280900
Titre
Alternatives théâtrales N° 119, 4e trimestre 2013 : Le grand format
Auteur
Maurin Frédéric
Editeur
ALT THEATRALES
Largeur
240
Poids
500
Date de parution
20131218
Nombre de pages
100,00 €
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En Europe et dans le monde, Ivo van Hove est désormais reconnu pour la justesse radicale de ses partis pris scéniques. Avec ses collaborateurs fidèles et les acteurs du Toneelgroep Amsterdam, comme au fil d'incursions qu'il mène ailleurs, il échafaude depuis des années un univers singulier en perpétuel renouvellement. Qu'il sonde des drames intimes ou s'ouvre à des considérations sociales, qu'il se fonde sur des pièces du répertoire ou sur des scénarios de films, Ivo van Hove pourfend la prétendue distinction entre mise en scène de textes et confrontation sensible de corps et d'images. Théâtre en tension, théâtre d'intensité où se donne à vivre jusqu'au bout de ses tourments l'expérience humaine en quête de réconciliation.
Enfant prodige, et terrible, des plateaux contemporains, Peter Sellars s'est imposé par ses mises en scène de théâtre et d'opéra depuis ces vingt dernières années, particulièrement en Europe. Marqué par une vision politique tout autant que par des préoccupations spirituelles, (Nixon in China à Saint François d'Assise), son oeuvre s'ancre dans sa culture américaine, puise dans les traditions théâtrales russes et extrême-orientales, mêlées jusqu'à l'hybridation. Cet ouvrage abondamment illustré qui rassemble chercheurs français et anglo-saxons, constitue par la variété de ses approches le meilleur témoignage sur le travail pionnier et complexe d'un grand metteur en scène, placé sous le signe permanent du dialogue entre cultures, formes artistiques, médias technologiques. Il offre de nombreux textes inédits de Sellars et de ses collaborateurs.
En 1971, à Nancy, Le Regard du sourd fait date. Depuis, Robert Wilson a continué de faire oeuvre d'artiste avec une maîtrise presque insolente de ses talents plastiques. A la scène, son univers représente l'une des dernières mythologies stylistiques du siècle. Le temps s'y donne comme un événement à contempler pour lui-même, l'image comme une évidence lumineuse à compléter par chacun dans le crépuscule de l'imaginaire. Puissance visuelle, patience textuelle. Le feutre des gestes et le blanchissement des voix, les formes, les lignes, les éclairages et les bruits du paysage, la présence têtue des objets et le vacillement des humains clans un horizon d'irréalité convergent en faisceau vers une vision d'épure "Beauté" est le terme de l'univers wilsonien - son nom de baptême et sa fin recherchée; et par le biais de cette beauté triomphant de sa propre interprétation, le plaisir naît de l'émotion esthétique. Au coeur de l'abstraction de l'art, à l'abri de la fureur du monde.
La radicalité n'est pas un vain mot. Ivo van Hove la traque dans toute son âpreté, sans la confondre avec l'outrance et encore moins avec l'outrage. La mise en scène est chez lui mise en tension de la scène. Les corps pulsent, les mots cognent. La musique s'enfièvre, les images s'animent et l'espace s'électrise. L'énergie fougueuse déchire, l'ardeur vitale concilie. Depuis des années, Ivo van Hove s'entoure des mêmes collaborateurs, en particulier du scénographe Jan Versweyveld, et il anime une troupe soudée d'acteurs. Cette fidélité, cette cohésion nécessaires à l'établissement d'une confiance réciproque suscitent des expériences théâtrales chaque fois singulières. De spectacle en spectacle, l'intensité des émotions se renouvelle au contact d'une passion théâtrale communicative.
Ce 75e numéro d'Alternatives théâtrales consacré à Jean-Marie Piemme veut prendre la mesure du parcours d'une ?uvre qui s'affirme parmi les plus importantes de la scène théâtrale contemporaine. À partir d'analyses, de témoignages et d'entretiens, cette publication entend aborder l'originalité et la complexité d'une écriture qui s'est déployée durant ces quinze dernières années au travers d'une trentaine de pièces. Ce numéro contient aussi deux textes critiques sur le travail de Peter Stein et Klaus Michael Grüber à l'occasion du quarantième anniversaire d'une institution phare de la scène européenne : la Schaubühne de Berlin.