Dans L'étrangeté d'être, Thierry Maulnier poursuit et amplifie l'effort entrepris dans Les vaches sacrées pour une interrogation, une mise en question et parfois une contestation systématiques des vérités et des valeurs dont l'époque actuelle, en dépit de son apparent non-conformisme, se croit encore assurée. Il applique ici son intelligence, sa grande culture, l'agilité et la souplesse de son esprit, aux problèmes essentiels de notre temps et de toujours. Celui de l'existence, par exemple, à la lumière des récentes théories biologiques. "Le hasard aurait-il produit un esprit doué du pouvoir de soumettre le hasard à la rationalité ?" L'Histoire, aussi, apporte quelques sujets d'étonnement. Pourquoi, par exemple, des périodes féroces, comme la Florence des Médicis, ont-elles été propices à un développement artistique inouï ? L'auteur n'élude pas le problème de Dieu, la question du mal ? Sa réflexion, prolongeant Pascal, pèse les avantages et les inconvénients qu'il y a à croire et à ne pas croire. Ce qui nous vaut, au passage, de savoureuses épigrammes : "Dieu gagnerait-il à être connu ?" Il sera question aussi, plus loin, des contradictions et des paradoxes de l'amour, puis des surprises de la création littéraire. On y retrouve le grand connaisseur de Racine, le grand auteur de théâtre qu'est Thierry Maulnier. Un des points les plus importants de cette réflexion si diverse concerne la crise de la société libérale, la mauvaise conscience des sociétés capitalistes, le doute qui s'est emparé du monde occidental.
Nombre de pages
324
Date de parution
23/04/1982
Poids
340g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070216598
Titre
L'étrangeté d'être (1977-1979)
Auteur
Maulnier Thierry
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
340
Date de parution
19820423
Nombre de pages
324,00 €
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La radiographie d'un des plus authentiques chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale, tel apparaît l'essai de Thierry Maulnier. Il nous entraîne à la recherche des mécanismes les plus secrets de la structure de Phèdre en tant que tragédie isolée, mais aussi de l'époque qui la contient, c'est-à-dire qui l'a préparée, lui a permis de vivre et l'a rendue éternelle. Après avoir parlé du Siècle d'Or, de l'événement dans ce siècle qui a nom Racine, après avoir établi historiquement la place de l'écrivain, l'aventure de son langage et la signification qu'il prend face aux contemporains, l'essayiste analyse le geste particulier de l'oeuvre, tout entier rassemblé autour de la figure de Phèdre. Et pour achever de rendre celle-ci à la fois plus humaine et divine encore, il donne au lecteur une explication détaillée des personnages qui, de près et de loin, l'entourent en répondant à sa voix rythmée par leurs voix d'ombre et de silence.
Thierry Maulnier poursuit parallèlement depuis de longues années sa carrière d'essayiste et de critique et sa carrière d'auteur dramatique. Voici ses deux plus récentes pièces. La première nous montre Guillaume le Conquérant dans ses dernières années, obsédé par la volonté de se survivre dans une oeuvre qui est déjà menacée elle aussi par l'usure du temps ; l'autre c'est le destin affronté par le jeune duc d'Enghien aux prises avec ce qui est moins la raison d'Etat que la colère et la peur d'un maître tout-puissant. Le contexte des deux oeuvres est donc historique. Mais il ne s'agit pas de pièces historiques, encore qu'elles respectent l'Histoire. L'homme vieillissant face à la fin inéluctable, l'individu livré sans défense au caprice du pouvoir, ce sont deux situations qui ont gardé toute leur actualité et qui nous concernent tous. La mort est la chose du monde la mieux partagée.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.