Si Melmoth valut au révérend Maturin sa gloire et son surnom, " l'Arioste du crime ", et fascina des générations de lecteurs et d'auteurs (de Balzac à Eugène Sue, de Baudelaire à Breton), on s'étonne que Fatale Vengeance n'ait connu d'emblée une même destinée. Walter Scott en premier vanta sa puissance d'imagination peu commune dans la vague frénétique qui submergeait alors l'Angleterre. Maturin ne cherche pas à écrire un roman à sensations de plus où s'accumulent gratuitement les horreurs, il veut illustrer notre comportement instinctif, les impulsions et motivations secrètes des labyrinthes de la conscience. Le meilleur spécialiste du gothique en France, Maurice Lévy considère qu'il n'est pas d'histoires gothiques offrant une synthèse plus parfaite du genre tant dans les thèmes, les procédés techniques que par la qualité de son ton et de son écriture rare dans un roman de terreur. La scène est en Italie, au château de Muralto, près de Naples. Sur la foi des accusations perfides d'un frère dénué de scrupules, le comte Orazio a jadis été conduit au meurtre et au désespoir : il a fait assassiner Verdoni, l'amant supposé de sa femme, Erminia. Il apprend plus tard - trop tard ! - que cette dernière, morte de chagrin, était parfaitement innocente. Il s'éloigne alors du théâtre de ses infortunes, échappe aux spadassins que son frère, usurpateur de son titre, a mis à ses trousses, et médite à son égard une vengeance qu'il veut à la mesure du forfait. C'est cette vengeance qui fait l'objet du roman.
Nombre de pages
688
Date de parution
09/02/2000
Poids
820g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782714307118
Titre
Fatale vengeance ou La famille de Montorio
Auteur
Maturin Charles Robert
Editeur
CORTI
Largeur
135
Poids
820
Date de parution
20000209
Nombre de pages
688,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Lorsque John Melmoth se rend au chevet de son oncle malade, il est loin de se douter que son existence va s'en trouver bouleversée. Avant de mourir, celui-ci exprime une dernière volonté pour le moins étrange : détruire un portrait vieux de cent cinquante ans représentant un jeune homme au regard troublant. Depuis, une foule de choses effrayantes ne cesse de perturber le quotidien de John. Et si l'homme du portrait était toujours vivant ? Et s'il était l'incarnation du Mal ? Roman labyrinthique, classique impérissable paru en 1820, Melmoth fascina Lautréamont, Antonin Artaud, André Breton mais aussi Balzac ¿ qui en écrivit une suite en 1835 sous le titre Melmoth réconcilié ¿, et Baudelaire, qui rêvait de le traduire.
On ne raconte pas Melmoth : on ne raconte pas un labyrinthe. Construit en abîme selon un vertigineux emboîtage de récits, il brosse avec fureur, six cents pages durant, la vie d'un « héros » possédé par le mal, pour qui le temps n'existe pas. On en sort sans voix. Roman, mais aussi bien recueil kaléidoscopique de fictions savamment mêlées, le livre nous entraîne en divers pays à diverses époques - en particulier dans l'Espagne de l'Inquisition, dont le révérend Maturin laisse un portrait terrifiant qu'auraient pu signer Sade ou Goya. Toujours le lecteur se trouve pris au dépourvu, dans les lacs d'un imaginaire où l'on ne peut que perdre pied, chaque chapitre creusant un peu plus l'escalier de l'enfer. Mais laissons parler quelques lecteurs... André Breton : « Le génie de Maturin est de s'être haussé au seul thème qui fût à la mesure des très grands moyens dont il disposait : le don des noirs à jamais les plus profonds, qui sont aussi ceux qui permettent les plus éblouissantes réserves de lumière. Il tenait l'éclairage voulu pour appeler à s'y inscrire le problème des problèmes, celui du mal. » Et Baudelaire : « Maturin dans le roman (...) Poe dans la poésie et dans le récit analytique (...) ont projeté des rayons splendides, éblouissants, sur le Lucifer latent qui est installé dans tout coeur humain. Je veux dire que l'art moderne a une tendance essentiellement démoniaque. » (L'Art romantique). Ajoutons que notre siècle, en ses couleurs cruelles, n'a fait qu'ajouter un peu d'actualité encore à cette oeuvre terrible - nous voulons dire terriblement humaine. Le noir, c'est connu, ne se démode jamais. Melmoth, chef-d'oeuvre absolu du roman noir pour la première fois en « poche » dans sa version authentique. Un concentré couleur de nuit, qui fascina Balzac, Baudelaire, Lautréamont, Oscar Wilde, Artaud, Breton - et qui ne demande qu'à faire de nouvelles victimes.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.