Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun. Ou la fabrique d'un classique
Mathieu-Job Martine
L'HARMATTAN
17,50 €
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EAN :9782296030916
On a lu, on lit, on lira Le Fils du pauvre, ce récit que Mouloud Feraoun commence à écrire dès 1939 mais n'achève qu'en 1948 et ne réussit à publier qu'en 1950. Au fil du demi-siècle d'existence des littératures du Maghreb, ou plus largement encore des littératures francophones - entendues comme littératures en français produites par des écrivains dont l'univers créatif se déploie en plusieurs langues et plusieurs cultures - l'oeuvre a acquis un statut de classique. La reconnaissance de la critique, qui contribue aussi pour sa part à légitimer le nouveau champ littéraire maghrébin, se double d'une reconnaissance de l'institution scolaire ou universitaire qui, fréquemment, place en avant ce texte de pionnier, mais au titre discutable de témoignage ethnographique. Cet ouvrage se propose de contribuer à une lecture plus littéraire de l'oeuvre, qui mette en perspective son histoire et sa poétique, et cherche de ce fait à comprendre comment et pourquoi, en dépit de la pseudo-simplicité dont elle a souvent trop vite été taxée, elle est l'emblème d'une certaine littérature francophone.
Nombre de pages
173
Date de parution
11/05/2007
Poids
200g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296030916
Titre
Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun. Ou la fabrique d'un classique
Auteur
Mathieu-Job Martine
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
200
Date de parution
20070511
Nombre de pages
173,00 €
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J'ai besoin d'invoquer votre visage, le fantôme de votre présence pour instaurer entre nous un tant soit peu d'intimité épistolaire. [...] me mettre dans vos pas, revisiter les moments de votre vie étroitement noués à votre oeuvre. l'une et l'autre inscrivent en profondeur leurs effets de résonance en moi." En native de la même terre, Martine Mathieu-Job interroge avec une affectueuse complicité le lien d'Albert Camus à l'Algérie en s'intéressant surtout à deux périodes clés : son enfance, qui a nourri un rêve utopique brisé par l'histoire coloniale, et les années trente qui ont forgé son éducation esthétique et politique. Sous le signe d'une Méditerranée lumineuse et tragique, le dialogue avec le "philosophe-artiste" aide plus que jamais à penser les questions toujours brûlantes du rapport à l'altérité, à la justice, à la haine et à la solidarité.
Les écrivains francophones habitent de moins en moins des identités nationales stables. Les appréhender par le biais exclusif des appartenances culturelles est donc insatisfaisant et fait trop souvent perdre de vue la qualité même de leurs œuvres, leur « tremblement » intime. On risque surtout d’occulter ce que leur écriture dévoile de façon exemplaire : une création littéraire repose sur le rapport sensible, imaginaire, que tout auteur noue à la langue. La prévalence du sensible, exacerbée dans les œuvres qui s’engendrent entre deux langues, offre un effet loupe qui permet de réévaluer des notions et des représentations rarement contestées. Y a-t-il une langue dont on puisse dire qu’elle est naturellement et immuablement maternelle ? Y a-t-il des appropriations différentes d’une langue selon qu’elle relève d’une tradition familiale ou d’une acquisition personnelle ? Autant de réponses singulières dans les textes, mais qui toutes imposent cette mise en question.
Mathieu-Job Martine ; Seksig Alain ; Allouche Jean
Cinquante-deux auteurs de cultures musulmane, juive ou chrétienne livrent leurs souvenirs d'école dans l'Algérie française et coloniale. De l'école française, pour "indigènes" ou non, espace de normativité mais aussi, souvent, d'ouverture à l'autre. Et parfois, en parallèle, de l'école coranique ou talmudique. Reflets de la complexité des expériences vécues, ces récits inédits recèlent des informations méconnues, mettent à mal des préjugés sur les deux rives de la Méditerranée et forment, avec l'iconographie qui les accompagne, un riche matériau pour les historiens. Par leur qualité littéraire, ils témoignent enfin que l'école française a donné à certains de ses élèves, quelle que soit leur origine, une langue d'écriture en partage. Dirigé par Martine Mathieu-Job, ce livre s'inscrit dans le genre des recueils de mémoires initié par Leïla Sebbar.