La crise de la vache folle et le débat sur les organismes génétiquement modifiés ; les libertés individuelles face aux nouvelles politiques de santé publique ; le droit à la vie et le droit à la mort (procréation assistée, utilisation des cellules souches, euthanasie) ; la peur de nouvelles pandémies; le réchauffement de la planète et la difficulté à faire émerger nettement une " question environnementale " ; la nouvelle équation entre maladie mentale et dangerosité sociale comme effet de la vague sécuritaire qui a investi la psychiatrie et la santé mentale après le 11 septembre ; le démantèlement de l'Etat social et la précarisation du travail ; les ambiguïtés de la raison humanitaire et de la tendance à transformer le sujet de droit en " victime " ; la montée des pouvoirs extrajuridiques et la fonction des savoirs experts...: l'apparition de phénomènes et de problèmes à caractère clairement " biopolitique " nous interpellent aujourd'hui dans tous les aspects de notre vie quotidienne et sociale. Véritable manuel permettant d'affronter sciemment les défis du présent, le Lexique de biopolitique constitue une sorte de boussole critique et analytique, offrant des points de repère utiles à tous. A travers les 60 termes qu'ils développent en leur restituant toute leur profondeur historique, les auteurs dressent un bilan des implications sociales, éthiques et politiques des différentes formes de biopouvoir qui s'affirment dans le gouvernement des hommes, dans la redéfinition des droits, dans les pratiques médicales, dans le développement technologique, dans les nouvelles formes d'exclusion, dans la gestion des risques et des alertes sociales.
Sculpteur par excellence, Adolfo Wildt (1868-1931) est issu de la prestigieuse généalogie des tailleurs de marbre, des dominateurs du bloc comme Michel-Ange. Au tournant du siècle, il réconcilie l'artiste et l'artisan, donnant une dimension noble au travail du marbre. Proche du symbolisme, il a su élaborer un langage où l'expressionnisme se mêle aux réminiscences de l'art antique, du gothique, de la Renaissance, dans un équilibre inédit entre la force expressive du modèle et la grâce de motifs purement décoratifs. Présenté pour la première fois en France, l'oeuvre de Wildt, inclassable, parfois incompris, n'aura de cesse d'étonner, de fasciner voire de diviser.
Missonnier Sylvain ; Desmarez Christine ; Golse Be
Initialement centrée sur la période postnatale, la consultation thérapeutique parents/enfant, née de la pratique créative du pédiatre et psychanalyste anglais Donald W. Winnicott, a progressivement intégré le temps de la grossesse. À partir de son expérience à l'hôpital et en libéral, Sylvain Missonnier témoigne de cet élargissement et en partage avec rigueur les aménagements théorico-cliniques. Il nous invite à considérer le f?tus comme un partenaire dont la présence appelle une écoute et une adresse spécifique et non comme un figurant muet ou un simple écran des projections parentales. En offrant une hospitalité privilégiée à la rencontre en temps réel avec le f?tus et aux réminiscences actives d'ex-f?tus et d'ex-bébés de ceux qui s'apprêtent à devenir parents, la clinique anténatale contribue à la prévention en santé mentale dans ce temps si particulier de la vie.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
Pinelli Anna ; Sanejouand Catherine ; Izard Benoît
Comment développer la confiance que l?enfant aura en lui et la conscience de son individualité propre au sein de la société quand il est, aux premières heures de sa vie, si vulnérable et soumis à son entourage immédiat ? Comment faire un adulte autonome de ce nouveau-né dépendant pour tout ? C?est possible en créant avec lui une relation sécurisante. Par les soins d?abord, le corps à corps, la parole et l?écoute ensuite, la mère donnera à son bébé l?assurance qu?il existe, qu?il est quelqu?un à part entière et qu?elle va l?aider à grandir, s?élever à la hauteur de sa valeur. Confiant, mû par un formidable appétit de vivre, une hardiesse d?aventurier, il voudra naturellement tout voir, tout connaître, tout expérimenter ! Il le fera sans jamais se mettre en danger dès lors qu?il aura une connaissance parfaite de son corps et une bonne maîtrise de l?équilibre. Un ouvrage indispensable pour que les parents - et les professionnels - prennent conscience de l?importance du soin et de la place faite au corps afin que le bébé se forge une personnalité autonome. Anna Pinelli est sage-femme, auteur et responsable du projet pédagogique " Le soin relationnel, le mouvement libre et le jeu autonome " développé depuis 1980 à l?espace municipal petite enfance d?Hauteville-Lompnès (Ain) et mis en pratique au Québec depuis 1983.
Ce n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Les Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.