Cela recommence, Marcel. Comme hier, dès l'ouverture de vos yeux : la fenêtre est dans son carré noir, bien tendue - somme toute la mère, les dernières années, le fichu noir toujours serré sur les épaules - le carré noir posé juste avant l'aube, votre repère ça vous protège par où arrivent les bruits du dehors: ils s'accrochent à la vitre, bien visés, les papillons qui tapent, les secousses du chien, un peu déformées, moins fort dans votre oreille, des cris qui parlent de quelque chose : entre eux, alors. Les voir, plutôt, dans la fabrique de leurs sons quand cela tape et tremble sur la vitre, pour votre observation du cognement des papillons, et le chien, comment cela brille et ronfle derrière la vitre au moment de sa certitude du bon matin qui vient. Même que les oiseaux, pour voir leur froufrou, le froissement gris d'aube entre leurs ailes : les graines, sur le rebord, et les épluchures, tout ce qui vient, elles plongent dans cela les bêtes, dicté par votre main, la vitre qui roucoule, vous le voyez : dans votre dictée vous faites leurs mots. Th. M.-S.
Nombre de pages
98
Date de parution
26/10/2001
Poids
214g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782914577021
Titre
Le passage de Marcel
Auteur
Martin-Scherrer Thierry
Editeur
LETTRES VIVES
Largeur
145
Poids
214
Date de parution
20011026
Nombre de pages
98,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Deux personnes, Côme et Viviane, se connaissent d'assez longue date. Il a fréquenté régulièrement les rencontres littéraires dont elle assumait la charge à Bruxelles, à l'époque de leur rencontre. Et ils se sont perdus de vue, comme on dit... Pas tout à fait : Côme a découvert entre-temps Lettres à Poisson d'or du poète Joë Bousquet : un coup de foudre, dont il doit la révélation à Viviane. Commence alors entre eux un échange par lettres, où ils s'interrogent sur l'activité de ce grand poète, la poésie et la vie, sa poésie dans leur vie : une occasion unique donnée à l'un et l'autre d'apprécier la fécondité d'une vision unique de l'amour peu à peu des- cendue dans leurs existences. Pour rejoindre. Le lecteur ne s'effarouchera pas de son ignorance éventuelle de Bousquet : loin de nuire à sa lecture, cette fausse lacune ne pourra que l'encourager ; si le poète est ainsi fréquemment évoqué entre les personnages, avec lesquels il forme une manière de communauté, c'est seulement au titre des lumières qu'il leur offre pour démêler ensemble les résonances singulières de Lettres à Poisson d'or, écrites pour tous les hommes. On l'aura entendu : ce qui importe ici n'est pas « Le Poète Bousquet », mais bien plutôt la façon dont sa vision de l'amour peut travailler nos vies, les élargir, réinventer l'échange. il pourra arriver, dans les premières lettres surtout, qu'un personnage ne s'adresse à personne, ou même à Joë Bousquet. Manière pour ce personnage de se parler à lui-même, avant que l'adresse peu à peu ne revête un tour plus dynamique. Qui est le lecteur en définitive de cette étrange correspondance, par-dessus l'épaule des deux personnages ? Quiconque a connu dans son être entier l'épreuve du sentiment amoureux.Thierry Martin-Scherrer a fait des études littéraires et, parallèlement, des études musicales (orgue, puis piano). Principales publications : Dans La maison assiégée (comp?act, 1999), Le Narrateur du Poème élémentaire des bords de la nuit (comp?act, 2000) ; Crayons pour un poème (Dumerchez, 2002) ; Le Fantôme de Chopin (Lettres vives, 2005) ; Dans L'exil musical (encre marine, 2009).
La poésie de votre regard serait affaire de justesse, se mesurant non tant à l'aune d'un regard singulier que par la forme singulière du sans-nom dans votre regard anonyme. D'autant plus singulière que reçue anonymement sans questions, sans comptes à rendre. Non pas votre ?il accroché au monde, mais le monde pendu à votre regard, mais sa présence faisant valoir un droit d'asile. Un monde demandeur d'asile. Votre regard élu par lui faisant de vous comme sa terre d'accueil". Th. M.-S
Un homme a tout dans sa tête. Il n'a qu'à écouter ses voix pour savoir comment vivre. Peu à peu, gagnant sa confiance, elles le façonneront du dedans. Mais la plupart des hommes vivent dans un concert de bruits, de soucis, de désirs, trop occupés pour s'appartenir, sensibilisés du dehors, comment auraient-ils le temps de fermer les yeux pour les entendre.
La poésie sera toujours proche de l'amour. C'est un thème illimité et qui muait à jamais comme s'il était inaugural. Sans doute ressemble-t-il en cela à l'amour même : tout amour est le premier." (...) "Art de l'impossible, la poésie est une recherche constante de l'autre côté des choses, du caché, de l'envers, du non-apparent, de ce qui semblait ne pas être." (...) "La poésie est beaucoup plus qu'un genre littéraire ou qu'une formule ludique : c'est la parole de l'homme convertie en création et menée à son extrémité, là où le mot de Nietzsche acquiert une force à donner le frisson : Dis ta parole et brise-toi. Oui, je crois que la poésie, finalement, consiste en cela : créer et se briser. Est-il une autre manière de résoudre l'énigme d'être et de ne pas être ? " R. J.