La poésie sera toujours proche de l'amour. C'est un thème illimité et qui muait à jamais comme s'il était inaugural. Sans doute ressemble-t-il en cela à l'amour même : tout amour est le premier." (...) "Art de l'impossible, la poésie est une recherche constante de l'autre côté des choses, du caché, de l'envers, du non-apparent, de ce qui semblait ne pas être." (...) "La poésie est beaucoup plus qu'un genre littéraire ou qu'une formule ludique : c'est la parole de l'homme convertie en création et menée à son extrémité, là où le mot de Nietzsche acquiert une force à donner le frisson : Dis ta parole et brise-toi. Oui, je crois que la poésie, finalement, consiste en cela : créer et se briser. Est-il une autre manière de résoudre l'énigme d'être et de ne pas être ? " R. J.
Nombre de pages
56
Date de parution
01/12/1987
Poids
139g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782903721299
Titre
Poésie et réalité
Auteur
Juarroz Roberto ; Masson Jean-Claude
Editeur
LETTRES VIVES
Largeur
145
Poids
139
Date de parution
19871201
Nombre de pages
56,00 €
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Les poèmes qui composent la Quatorzième poésie verticale accompagnèrent les trois ou quatre dernières années de la vie de Roberto Juarroz. Le ton de l'ensemble est légèrement différent, car certains des poèmes ultimes reflètent une approche majeure de l'élément humain de la souffrance. Ces poèmes furent ceux qui exigèrent de lui l'effort le plus grand pour atteindre l'équilibre nécessaire entre la parole personnelle et la construction esthétique, entre l'intuition de monter et l'intuition de retirer : L'abîme n'admet pas l'ordre, Le désordre non plus. Et nous savons que tout est un abîme. Pourtant, Le jeu de la feuille et du vent S'achève toujours à l'endroit le plus exact. Et aucune feuille ne souille Le lieu où elle tombe. Il se peut qu'une feuille ordonne Ou peut-être désordonne Une autre face de l'univers.
«Toute l?oeuvre de Roberto Juarroz porte le même titre : Poésie Verticale, chaque tome étant simplement numéroté pour être distingué des autres. Titre unique suggérant abruptement la verticalité de la transcendance ?bien entendu incodifiable?, précise-t-il dans un entretien. Aussi était-il un des rares poètes contemporains à défendre haut et fort une métapoésie par où passe l?infini ?bien entendu sans nom?, une vision poétique proche de Novalis pour qui ?la poésie est l?absolu réel?, mais témoignant aujourd?hui d?un nouveau sens du sacré ?bien entendu sans théologie?. Pour Roberto Juarroz, il n?y a pas de haute poésie sans ?méditation transcendentale du langage?. La poésie, disait-il, est la vie non fossilisée ou défossilisée du langage.» (Michel Camus) Ce recueil posthume comprend une trentaine de poèmes.
Chaque poème a quelque chose de l'éclair. Je ne dirais pas que le poème " est " un éclair, mais qu'il y a en lui un éclair. Tel est le point de départ, il implique une exigence, mais il est très difficile d'être fidèle à un éclair, de faire en sorte que le poème s'organise, croisse comme un organisme autour de cet éclair, cette petite illumination initiale. Très difficile qu'ensuite ne vienne pas s'y ajouter tout ce qui relève du caprice, de la virtuosité de celui qui connaît le langage. Non : il faut que les choses naissent comme naît un organisme, comme elles naissent dans un organisme ; que chaque cellule en laisse passer une autre, que chaque mot, chaque silence soient à l'origine d'un autre mot, d'un autre silence, qu'ils engendrent ce cycle, cette unité qu'est aussi un poème. R. J.
Un homme a tout dans sa tête. Il n'a qu'à écouter ses voix pour savoir comment vivre. Peu à peu, gagnant sa confiance, elles le façonneront du dedans. Mais la plupart des hommes vivent dans un concert de bruits, de soucis, de désirs, trop occupés pour s'appartenir, sensibilisés du dehors, comment auraient-ils le temps de fermer les yeux pour les entendre.