Chaque poème a quelque chose de l'éclair. Je ne dirais pas que le poème " est " un éclair, mais qu'il y a en lui un éclair. Tel est le point de départ, il implique une exigence, mais il est très difficile d'être fidèle à un éclair, de faire en sorte que le poème s'organise, croisse comme un organisme autour de cet éclair, cette petite illumination initiale. Très difficile qu'ensuite ne vienne pas s'y ajouter tout ce qui relève du caprice, de la virtuosité de celui qui connaît le langage. Non : il faut que les choses naissent comme naît un organisme, comme elles naissent dans un organisme ; que chaque cellule en laisse passer une autre, que chaque mot, chaque silence soient à l'origine d'un autre mot, d'un autre silence, qu'ils engendrent ce cycle, cette unité qu'est aussi un poème. R. J.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
80
Date de parution
27/11/2001
Poids
170g
Largeur
148mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782914577045
Titre
Fidélité à l'éclair
Auteur
Juarroz Roberto
Editeur
LETTRES VIVES
Largeur
148
Poids
170
Date de parution
20011127
Nombre de pages
80,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Les poèmes qui composent la Quatorzième poésie verticale accompagnèrent les trois ou quatre dernières années de la vie de Roberto Juarroz. Le ton de l'ensemble est légèrement différent, car certains des poèmes ultimes reflètent une approche majeure de l'élément humain de la souffrance. Ces poèmes furent ceux qui exigèrent de lui l'effort le plus grand pour atteindre l'équilibre nécessaire entre la parole personnelle et la construction esthétique, entre l'intuition de monter et l'intuition de retirer : L'abîme n'admet pas l'ordre, Le désordre non plus. Et nous savons que tout est un abîme. Pourtant, Le jeu de la feuille et du vent S'achève toujours à l'endroit le plus exact. Et aucune feuille ne souille Le lieu où elle tombe. Il se peut qu'une feuille ordonne Ou peut-être désordonne Une autre face de l'univers.
«Toute l?oeuvre de Roberto Juarroz porte le même titre : Poésie Verticale, chaque tome étant simplement numéroté pour être distingué des autres. Titre unique suggérant abruptement la verticalité de la transcendance ?bien entendu incodifiable?, précise-t-il dans un entretien. Aussi était-il un des rares poètes contemporains à défendre haut et fort une métapoésie par où passe l?infini ?bien entendu sans nom?, une vision poétique proche de Novalis pour qui ?la poésie est l?absolu réel?, mais témoignant aujourd?hui d?un nouveau sens du sacré ?bien entendu sans théologie?. Pour Roberto Juarroz, il n?y a pas de haute poésie sans ?méditation transcendentale du langage?. La poésie, disait-il, est la vie non fossilisée ou défossilisée du langage.» (Michel Camus) Ce recueil posthume comprend une trentaine de poèmes.
Roberto Juarroz (né en 1925, mort en 1995) est l?un des poètes argentins majeurs du XXe siècle. Il a publié toute son oeuvre poétique sous un titre unique Poésie Verticale sans donner non plus aucun titre à ses poèmes. Après avoir donné les derniers recueils de Juarroz: Treizième, Quatorzième et Quinzième Poésie verticale, nous proposons ici l?un des derniers recueils demeurés inédits en français.
Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres.
Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c'est ? C'est écrire une lettre d'amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s'ouvrir à une nuit plus grande que la nuit.
Pour me détacher du monde, il me suffit de porter mon attention du côté de ce qui résonne - la vérité, la pluie sur le toit d'une voiture, les mots d'amour ou les pianos de Mozart." Texte unique en son genre, Mozart et la pluie, n'est ni une lettre, ni un essai, ni un récit. Cela tient d'avantage du journal intérieur. C'est une réflexion - parfois une confession - sur les événements les plus marquants de la vie personnelle de l'auteur - naissance, enfance, amour mort, écriture - avec la musique de Mozart pour fil conducteur et de clarté du ciel qui unit miraculeusement vie intime et vision du monde... Du grand Bobin !