C'est une histoire que l'on pense déjà connaître. Parce qu'elle a inspiré nombre de livres et de films, parce que la télévision en a souvent fait ses choux gras, l'image de l'enfant abandonné errant d'institutions maltraitantes en familles d'accueil dépassées a fini par engendrer ses propres clichés. D'autres histoires existent pourtant. Le narrateur a quelques mois lorsqu'il arrive chez Angeline et Christian Chapelle. Elle est assistante maternelle, il est cheminot et ils ont déjà eu quatre enfants ensemble. Accueillir celui qui leur est confié, c'est avant tout un travail et le nourrisson pourrait très bien ne pas rester. Mieux vaut ne pas trop s'attacher. Mais les années passent et les liens se tissent, et chacun conjure comme il le peut la hantise de ce possible départ. L'institution en charge du placement est là qui veille, aussi protectrice qu'inquiétante. Heureusement que Madeleine, l'éducatrice, est leur alliée. Et jour après jour, l'enfant gagne des parents. Peut-être même va-t-il les amener à vivre une deuxième vie, au risque d'en payer le prix fort. Qu'importe finalement, puisqu'ils ont conclu un pacte qui s'étend au-delà de la mort. Au fil de ce récit, l'auteur reconstitue l'espace mental de l'enfant placé qu'il a été et décrypte les ressorts de la relation qu'il a nouée avec sa famille d'accueil. Mais il se fait aussi le chroniqueur de ces familles modestes sur lesquelles la société fait reposer une grande partie de l'Aide sociale à l'enfance. À partir d'une expérience personnelle ? de celles que l'on a tant de mal, tous, à partager ?, il donne à voir un fait social total encore largement situé sous les radars des médias, et de nos consciences.
Nombre de pages
168
Date de parution
15/11/2024
Poids
175g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782385190798
Titre
J'étais du Bataillon des enfants perdus
Auteur
Martin Boris
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
131
Poids
175
Date de parution
20241115
Nombre de pages
168,00 €
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Cela fait presque cinquante ans qu'en marge de l'Etat et des entreprises, les ONG humanitaires françaises ont développé un modèle social, économique et politique de la solidarité internationale. Fondé sur l'action de terrain, le témoignage et le financement citoyen, il participe du développement d'une société civile parlante, agissante et indépendante. Aujourd'hui, ce modèle est en danger, de plus en plus courtisé par les entreprises qui ont peut-être trouvé dans l'Etat un allié objectif. Au prétexte de la baisse des financements institutionnels, de la réhabilitation des entreprises qui seraient devenues socialement responsables et de l'union sacrée contre les maux qui ravagent la planète, un écosystème néolibéral s'installe progressivement autour des ONG humanitaires. L'ouvrage de Boris Martin vise à décrypter cette emprise de plus en plus forte qui entonne l'hymne de la réforme comme les politiques invoquent le mot-déclic de "changement". Chemin faisant, l'auteur revient aux sources du mouvement French doctors et le situe par rapport à d'autres acteurs tentés de capter le label humanitaire. Loin de faire l'impasse sur les difficultés et les ambiguïtés du monde humanitaire, mais prenant résolument sa défense, ce livre est un plaidoyer pour que les ONG humanitaires défendent leurs spécificités et leur richesse, qui font d'elles un des derniers contrepouvoirs à la puissance de l'Etat et de l'économie de marché.
Angeline Perrin n'a plus toute sa tête. La maladie la plonge dans un brouillard où les souvenirs se délitent. Son fils, écrivain, l'amène à raconter cette ville lointaine où elle vécut : Hong Kong. Ensemble, ils feront un voyage dans ses ruelles autant que dans les arcanes de la mémoire, exhumant au passage l'histoire mouvementée de ce "Manhattan asiatique". Ancienne colonie britannique, elle fut un îlot désertique infesté de cobras et un repaire de contrebandiers servant de refuge à ceux qui fuyaient les troubles dans l'Empire du Milieu. Rendu à la Chine en 1997, le "port aux parfums" offre aujourd'hui un tout autre visage...
Jules Leurquin n'a pas encore vingt-quatre ans lorsqu'il rejoint son poste d'élève-interprète à Tchentou dans le sud-ouest de la Chine. Nous sommes en 1909 et l'Empire du Milieu vacille. L'impératrice douairière qui a fomenté la révolte des Boxers est morte un an plus tôt ; Pu Yi, " le Dernier empereur ", se morfond en son palais ; l'instauration inattendue de la République en 1912 ouvrira bientôt la partition du pays aux seigneurs de la guerre tandis que s'annonce la lutte entre nationalistes et communistes. C'est dans une Chine pleine de violences que plonge Jules Leurquin, confronté tout au long de sa carrière à d'incroyables péripéties, jusqu'à sa mort à Kharbine, en 1945, dans de bien troubles circonstances... Ni roman, ni biographie, mêlant événements historiques et faits du quotidien, ce livre est le récit d'une vie. La vie d'un homme qui aura été le témoin privilégié de cette période de l'histoire de l'Empire du Milieu que l'on a appelée " le temps des troubles ". Depuis de nombreuses années, Marie Leurquin espérait faire partager dans un livre la vie de son père. Elle avait à sa disposition toute la correspondance personnelle que celui-ci avait entretenue avec sa mère Maria, ainsi que de nombreux documents iconographiques, dont les photographies prises par Jules Leurquin lui-même. Un tel fonds documentaire, enrichi des archives diplomatiques du Quai d'Orsay, s'est révélé d'une valeur exceptionnelle. Touché par l'histoire et la personnalité de Jules Leurquin, Boris Martin retrace ici la vie et la carrière de ce consul attachant, dans cette Chine mythique qui tremblait sous les coups de boutoir de la modernité, des guerres et des révolutions.
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