Le pouvoir marchand. Corps et corporatisme à Paris sous l'Ancien Régime
Marraud Mathieu
CHAMP VALLON
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EAN :9791026709480
L'ambition de ce livre est née du constat d'une lacune dans l'étude des sociétés urbaines des XVIIe et XVIIIe siècles, appréhendées partir des corps et des communautés de métier. Leur histoire et leur développement, jusqu'à leur disparition, croisent l'histoire de la propriété des matières et des droits, celle de la segmentation du travail (l'atelier, la boutique, le magasin, la manufacture), mais aussi celle de l'apprentissage, des relations avec la monarchie. Dans le cadre de la capitale française, dans la multiplicité des documents où les corporations sont impliquées, revient un nom, récurrent, celui d'une fédération, très puissante, de six métiers différents : les "Six Corps des Marchands". Cette fédération de métiers est composée des drapiers, des épiciers-apothicaires, des merciers, des pelletiers, des bonnetiers et des orfèvres. Ils sont les héros de ce livre, non seulement comme acteurs oubliés de la vie parisienne ordinaire, mais aussi comme exemple sans pareil d'une alliance entre métiers, privilèges et forces financières, en quête d'un véritable pouvoir marchand sur Paris. Trois ensembles de questions ont guide l'enquête - Tous les métiers jurés répondaient-ils au même modèle ? Acceptaient-ils de se reconnaitre sous un même dénominateur : une communauté humaine chargée d'exercer un privilège sur la production ? - Doit-on réduire leur activité à une approche simplement économique ? En quoi leur rôle se devait-il d'être politique mais aussi social, fiscal, civique, religieux ? Qu'organisaient-ils ensemble au coeur des villes ? - Comment assuraient-ils leur autorité sur les populations ? Quelle était leur relation avec les municipalités, la police, l'échiquier des tribunaux royaux ? En unissant l'histoire de l'économie et l'histoire des institutions politiques, il s'agit de comprendre les liens entretenus entre le droit, la qualité des marchandises, les normes imposées par l'Etat royal, le commerce incorporé, les statuts et les usages professionnels, la reproduction sociale mais aussi d'interroger la crise de ce système, jusqu'à sa suppression en 1776 sous le coup des réformes libérales du ministre Turgot. En restituant toutes les luttes qui à Paris entourent alors les simples mots de "corps", de "marchand", d'"artisan", il devient possible de saisir la nature du corporatisme d'Ancien Régime, de son fonctionnement profondément dynamique et conflictuel, loin de la vision consensuelle véhiculée par le mot de "corporations".
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Nombre de pages
512
Date de parution
07/01/2021
Poids
820g
Largeur
155mm
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EAN
9791026709480
Titre
Le pouvoir marchand. Corps et corporatisme à Paris sous l'Ancien Régime
Auteur
Marraud Mathieu
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
820
Date de parution
20210107
Nombre de pages
512,00 €
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Longtemps assimilée à la libre conscience et à la naissance de l'individualisme, la bourgeoisie s'accommode mal de l'Ancien Régime. Quelle place pour elle dans une société organisée par le privilège, qu'incarnent à eux seuls le clergé et la noblesse? Pouvait-elle exister avant une Révolution qui permettra son avènement? A partir d'une riche documentation, Mathieu Marraud parvient avec finesse à retracer les pratiques et les parcours sociaux d'une bourgeoisie parisienne qui prend ainsi corps sous nos yeux. Entre la Fronde et la réforme des corporations par Turgot, en 1776, l'univers marchand fait la démonstration à Paris de son unité, grâce à des thèmes dont l'aristocratie ne détient pas le monopole: honneur, lignage, discipline collective, puissance publique. Reliant les institutions urbaines, dont il défend l'autonomie, un entrelacs de ramilles affirme la constance d'un espace politique, fondé sur des usages anciens et contraires à l'absolutisme royal. Ici la communauté est régie par l'élection, par la délibération, et non par la transmission héréditaire des charges. Elle se renforce dans la spiritualité. Elle se construit encore sur sa capacité à refuser un seul modèle hiérarchique. A l'opposé, les familles qui cèdent à l'appel de l'anoblissement, des dignités de Cour, s'abîment dans la ruine et l'isolement. Tout en soutenant son appartenance aux cadres de pensée de l'Ancien Régime, la bourgeoisie parisienne révèle ici un jeu social inédit, tiraillé entre la Ville et l'Etat. Biographie de l'auteur Spécialiste des élites urbaines sous l'Ancien Régime, Mathieu Marraud appartient au Centre de recherches historiques du CNRS-EHEESS et a publié La Noblesse de Paris au XVIIIe siècle (2000).
Cette étude offre une spectrographie de la noblesse parisienne dans le siècle de la Révolution. Sont analysés: les différents types de noblesse, les lieux d'habitation, les structures familiales, les modes de vie, les stratégies matrimoniales, les revenus. A cette description précise et vivante succède une étude sur le rôle politique, social et culturel de la noblesse à la veille de la Révolution.
Marraud Mathieu ; Schoonbaert Sylvain ; Robert Fra
Ce numéro d'Histoire & Mesure, deuxième volet d'une thématique consacrée à la ville et à ses mesures, s'attache à saisir comment certains groupes d'acteurs s'approprient l'espace de leur ville, et à découvrir des logiques de l'économie et de la croissance urbaines. Un premier article porte sur l'étude du corps de l'épicerie parisienne au XVIIe et au XVIIIe siècle en lien avec la politique fiscale de la monarchie (M. Marraud) ; un deuxième étudie l'évolution des usages socio-économiques observés autour du bassin de La Villette au nord de Paris (I. Backouche). A partir d'une exploitation fine des sources cadastrales à Bordeaux au siècle, S. Schoonbaert analyse le renouvellement de son parc immobilier ; L. Bonneval & F. Robert s'attachent à mesurer la rentabilité de l'investissement pour l'immobilier locatif à Lyon (1890-1968). Une autre perspective de ce numéro repose sur des expériences de restitution et de remodelage du maillage urbain ; V. Chabrol présente l'opération de remembrement dans la redéfinition de la ville, le cas de la reconstruction d'Yvetot (1940-1945). Pour Lyon à l'époque moderne, B. Gauthiez et O. Zeller présentent la spatialisation de sources écrites que sont les parcours de visite, confrontées aux plans de censive. Un dernier article de Varia (M-L. Legay) centre son objet sur l'étude comparative de la science comptable en France et en Autriche, en s'appliquant à mettre en évidence la " supériorité " de la comptabilité camérale sur les options colbertistes, au XVIIIe siècle.
Résumé : De 1891, date à laquelle la commande du Balzac lui est attribuée, à 1898, année de l'achèvement de la sculpture, Rodin ne cessera de travailler à ce chef-d'oeuvre qui, à ses propres yeux, constitue le sommet de son travail. Au fil de la création, c'est un véritable bouleversement de la pensée de l'artiste qui se produit ; évolution dont chaque étape se voit restituée au travers d'une analyse précise des multiples études. Ce n'est, en effet, qu'à l'issue d'un long et lent travail de maturation qu'adviendra une oeuvre sobre et simplifiée à l'extrême, souvent incompréhensible pour la presse et le public de l'époque, mais héraut des générations à venir.
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.